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Afrique : la ruée vers les Eurobonds expliquée par Attijari Research

Afrique : la ruée vers les Eurobonds expliquée par Attijari Research
A.L.
Le 18 mars 2019 à 15h15 | Modifié 18 mars 2019 à 15h15

De 2012 à 2018, les Etats africains ont effectué 77 sorties sur les marchés des Eurobonds pour un montant de 87,4 milliards de dollars. Rien qu'en 2018, quelques 25 émissions ont été réalisées. Comment s'explique cet engouement pour les levées sur les marchés européens ? Eléments de réponse. 

Selon la filiale d’Attijariwafa Bank, la dette extérieure des pays d’Afrique a connu une évolution notable au cours de la dernière décennie.

Dans ce contexte, les émissions de dette réalisées, sous forme d’Eurobonds, par les pays d’Afrique au cours des dernières années se caractérisent par une «forte dynamique», aussi bien en nombre d’émissions qu’en montants émis. Une évolution qui promet un avenir radieux pour cet instrument de financement de marché, selon les analystes d’Attijari Global Research (AGR).

Globalement, un cumul de 77 opérations a été effectué durant la période 2012-2018 pour un montant de 87,4 milliards de dollars

«L’année 2018 a été particulièrement riche en opérations avec 25 émissions pour un montant global de 28,8 milliards de dollars. Ceci représente près de 3 fois le nombre moyen annuel en opérations et en volume durant la période 2012-2017», lit-on sur la note.

Cet instrument de dette est sollicité par un nombre grandissant de pays : 16 nouveaux émetteurs depuis 2001 contre 6 entre 1964 et 2000. Parmi ces pays, on compte l’Egypte, le Gabon, le Congo, le Sénégal, la Cote d’Ivoire, la Tunisie, le Rwanda, l’Ethiopie, le Kenya…

Notons que le poids de la dette extérieure dans le PIB du continent a progressé de 10,4 points en l’espace d’un quinquennat passant de 22,3% en 2012 à 32,7% en 2017. 

«En effet, bien que comportant des risques, la dette étrangère permet, au-delà des impératifs de besoins en devises, de contourner l’effet d’éviction créé par l’endettement auprès des institutions bancaires locales, puis de pallier à la faible profondeur des marchés financiers locaux et de la pression sur les taux domestiques qui en résulterait», estime l’équipe d’AGR.

«Dans ce contexte, nous relevons, sur la base d’une analyse rétrospective, que cet instrument séduit de plus en plus de pays d’Afrique».

Eurobonds : les raisons du succès en Afrique

Selon AGR, cette orientation des pays d’Afrique vers la dette extérieure notamment en Eurobonds s’explique par un environnement propice, à savoir : l’abondance de liquidité, la montée de la transparence chez les pays émetteurs, le changement de profil des créanciers, l’amélioration du profil risque des émetteurs et le rôle prépondérant de la Chine (qui détient 14% de la dette d’Afrique).

Globalement, «les émetteurs font face à un nouveau genre de contreparties et tiennent compte des opportunités et des limites de ce mode de financement. Il s’agit particulièrement des risques de change et de variation des taux à l’international», indique la recherche.

Aussi, à travers les émissions Eurobonds, les pays africains cherchent également à augmenter la duration globale de leur dette en émettant sur des maturités longues qui sont indisponibles sur leurs marchés domestiques, d’après AGR.

Un besoin de financement en infrastructure important

Selon la même source, ces émissions de dette sont destinées à financer notamment des besoins «colossaux» en infrastructure dans le continent, et qui sont essentiellement pris en charge par le secteur public.

«Cette dynamique d’endettement est accompagnée par une progression pérenne du PIB du continent avec un niveau soutenable de 4,1% durant la période 2018E-2019». 

«Parallèlement, les IDE, bien qu’étant condensés sur un nombre limité de pays, suivent cette lancée, témoignant de la confiance des investisseurs dans les capacités de ce continent», notent les analystes d'Attijari.

D’après les estimations de la Banque Africaine de Développement (BAD), les besoins annuels en infrastructure de l’Afrique se situent entre 130 et 170 milliards de dollars. Face à ce besoin, le montant à financer est estimé entre 68 et 108 milliards de dollars par an, rappelle-t-on.

 

 

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A.L.
Le 18 mars 2019 à 15h15

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