Conjoncture : l'activité économique vue par la DEPF
La Direction des études et des prévisions financière du ministère des Finances estime que l'année 2018 a été favorable pour la quasi majorité des secteurs de l'économie. Elle signale toutefois que la conjoncture internationale porte des risques qu'il ne faut pas ignorer.
L’année 2018 a été marquée par des baromètres conjoncturels favorables, tant au niveau de l’offre que de la demande. C’est le constat de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) du ministère des Finances, dans sa dernière note de conjoncture relative au mois de février, qui livre une radioscopie globale des différents secteurs de l’économie marocaine.
La DEPF souligne tout d’abord que les activités primaires se sont bien tenues, marquées par une consolidation de la valeur ajoutée agricole grâce à des conditions climatiques favorables, notamment un cumul pluviométrique en hausse de 49% sur une année.
Pour sa part, le secteur de la pêche a connu une légère reprise de 0,1% en volume à fin 2018.
Par ailleurs, l’année a été marquée selon la DEPF par une bonne posture des exportations marocaines, qui a reflété une dynamique positive des activités industrielles, exception faite du secteur du BTP qui peine à renouer avec des rythmes de progression d’avant 2014.
Voici les tendances par secteur :

Source: DEPF
La production électrique tire profit des énergies renouvelables
Plus en détail, la DEPF évoque la bonne tenue de l’industrie extractive et notamment l’activité d’OCP, principale composante de cette industrie, avec une hausse de 3,8% de production de phosphate roche à fin novembre 2018.
Elle évoque également la bonne performance de la production de l’énergie électrique, qui a cru de 8,2% à fin 2018.
Cette performance a été non seulement favorisée par la bonne tenue de la production privée (+8,9%), mais également celle des projets développés dans le cadre de la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables, qui a progressé de près de 80%.
Eu égard à cette évolution, le volume des importations de l’énergie électrique a baissé de 38,5% à fin 2018, compte tenu d’une légère hausse de l’énergie nette appelée de 0,6%.
A son tour, le volume des exportations de cette énergie s’est raffermi de 116,2% à fin 2018, après 19,8% un an plus tôt.
D’une autre part, la DEPF souligne également la vigueur des activités liées au tourisme, au transport et aux télécoms, qui "continue d’impulser le rythme de progression du secteur tertiaire lequel contribue pour plus de la moitié à la valeur ajoutée totale".
Le secteur touristique par exemple affiche 12,3 millions arrivées à fin 2018 (MRE inclus), en progression de 8,3%. Concernant les recettes touristiques, elles ont clôturé l’année 2018 sur une augmentation de 1,5% pour se chiffrer à 73,2 milliards de dirhams.
Une conjoncture internationale à haut risque
La DEPF estime que l'évolution de l'économie nationale s'est opérée dans un contexte international globalement porteur, quoique mitigé et soumis à un ensemble de risques.
"Bien que les perspectives de l’économie mondiale demeurent globalement favorables, il n’en demeure pas moins vrai que le poids des aléas baissiers entourant ces perspectives reste important et s’est accentué depuis le printemps 2018", souligne la note.
Elle ajoute: "plusieurs risques baissiers pourraient compromettre la vigueur de la reprise économique mondiale, notamment les fluctuations des cours pétroliers, le protectionnisme accru et les négociations sur le Brexit."