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Sami Romdhane, Country Manager de Visa Maroc : “notre principal concurrent est le cash”

Sami Romdhane, Country Manager de Visa Maroc : “notre principal concurrent est le cash”
Sara El Hanafi
Le 19 février 2019 à 17h12 | Modifié 19 février 2019 à 17h12

Alors que la culture du cash reste prédominante au Maroc, les opérateurs de paiement électronique présents dans le pays se font une concurrence acharnée pour engranger plus de parts de marché. C'est le cas de Visa Maroc, leader de l'activité sur le marché marocain. Entretien avec son DG, Sami Romdhane.

C'est en marge de l'Euromoney Conference, tenue ce 19 février, que nous avons rencontré Sami Romdhane, Country Manager de Visa Maroc et Mauritanie. Son entreprise est d'ailleurs l'un des principaux sponsors de cet événement qui a réuni divers poids lourds de l'industrie financière marocaine et mondiale.

Au menu de l'entretien, l'activité du leader des paiements électroniques au Maroc, ses perspectives et surtout, la place qu'il compte se forger avec les changements majeurs qui se préparent dans le monde du paiement cashless au Maroc. 

- LeBoursier : Visa est la marque pionnière du paiement électronique au Maroc. Quelle place tenez-vous aujourd’hui sur ce marché ?

- Sami Romdhane : Visa est présente au Maroc physiquement depuis 2005, mais nous sommes présents avec nos cartes depuis les années 1970 en acceptation. Les banques marocaines ont pour leur part commencé à émettre les cartes Visa depuis les années 1980.

Nous avons donc une véritable longueur d’avance sur toutes les autres marques, ce qui nous permet jusqu’à maintenant de maintenir notre leadership sur le marché marocain. Actuellement, et selon les derniers chiffres publiés par le Centre monétique interbancaire (CMI), nous sommes à près de 56% de part de marché en nombre de cartes.

Mais en termes de volume de paiements, qui est l’indicateur de référence dans notre industrie, nous sommes à plus de 75% de part de marché. Nous en sommes fiers et nous comptons consolider et développer cette position.

- Comment comptez-vous justement développer votre leadership? Quel est le potentiel qu’offre encore le marché marocain ?

- A Visa, nous disons toujours que notre principal concurrent est le cash. Le taux de pénétration des paiements électroniques dans le volume global des paiements au Maroc est aux alentours de 8% seulement. C’est dire qu’il y a 92% de paiements qui sont toujours effectués en cash. C’est là justement tout le potentiel de développement pour Visa.

Nous travaillons beaucoup avec les banques pour capter ce volume. Mais à l’instar de ce que nous faisons dans d’autres marchés, nous essayons également de travailler avec des acteurs non traditionnels, comme les établissements de paiements.

 - Avez-vous déjà entamé le travail avec ces établissements ?

- Il faut que ces établissements de paiement soient d’abord agréés par la Banque centrale, et c'est déjà le cas pour pas mal d’opérateurs aujourd’hui. Nous travaillons donc déjà avec ces parties là sur le volet du paiement électronique, vu que ces établissements ont la possibilité d’émettre des cartes de paiement.

Nous travaillons avec ces opérateurs selon leurs plans et stratégies de développement, et nous les accompagnons avec les divers programmes et offres de cartes dont nous diposons de notre côté.

- Justement en termes d’offre, comment comptez-vous la peaufiner pour engranger des parts de marché supplémentaires ? Surtout que certains de vos concurrents se sont alliés pour proposer des cartes moins coûteuses et offrant divers avantages

- Chez Visa nous avons une offre de cartes variée selon la gamme, que ce soit pour les cartes de débit, de crédit, ou pour les cartes prépayées. Nous avons donc notre propre lot de programmes de cartes qui sont très avantageux en termes de coût, et ce pour tout l’écosystème, c'est-à-dire aussi bien pour les acquéreurs que pour les émetteurs ou le consommateur final. Le fait qu’il existe des banques qui offrent des cartes Visa gratuitement en est la preuve.

J’estime par ailleurs que notre arsenal d’offres octroie une meilleure expérience client au porteur, avec plus de services à valeur ajoutée. Et chez Visa aujourd’hui cette expérience client est au centre de nos préoccupations

- Quid du paiement par carte sans contact, ou contactless ? Où en est ce chantier ?

- Au Maroc il y a d’excellentes avancées pour le contactless. Sur le volet acceptation, ce sont aujourd’hui plus de 50% des terminaux déployés chez les commerçants qui sont contactless. Et tous les nouveaux terminaux qui seront installés auprès des commerçants prendront en charge cette technologie.

Au niveau du volet Emission, les banques affichent de plus en plus d’engouement pour le sans contact. Nous avons d’ailleurs l’ambition qu’à l’horizon fin 2019/début 2020, toutes les cartes émises soient des cartes contactless. Nous avons toutefois octroyé un délai de quelques mois aux banques pour écouler le stock de cartes non contactless dont elles disposent.

Il faut dire aussi que nous observons déjà sur notre réseau des transactions de paiement en contactless effectuées par des cartes marocaines à l’étranger.

- Et les transactions contactless au Maroc ?

- Il faut dire qu’il y a encore un travail de vulgarisation qui doit se faire sur ce volet là auprès des porteurs de carte, avec la participation aussi bien des banques que des acquéreurs.

- Vous dites que Visa veut s’accaparer une plus grande part des paiements qui se font aujourd’hui en cash. Ne pensez-vous pas que le paiement mobile, qui se prépare à entrer en vigueur dans le pays, va vous concurrencer lui aussi sur ce volet là ?

-Cette expérience de paiement mobile est pour nous très intéressante, et notre objectif est avant tout d'encourager les paiements cashless. Et vu la place prédominante qu’occupe le cash aujourd’hui dans les paiements au Maroc, nous estimons qu’il y a de la place pour tout le monde.

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Sara El Hanafi
Le 19 février 2019 à 17h12

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