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Croissance française, l'ampleur du ralentissement 2018 dévoilée mercredi

Croissance française, l'ampleur du ralentissement 2018 dévoilée mercredi
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Le 28 janvier 2019 à 12h16 | Modifié 28 janvier 2019 à 12h16

L'Insee publiera mercredi sa première estimation de la croissance française en 2018, attendue en nette baisse par rapport au chiffre de 2017. La conséquence d'une série de déconvenues et d'imprévus, venus fragiliser la politique économique du gouvernement.

Finie l'euphorie qui avait marqué la première année du quinquennat d'Emmanuel Macron: dans sa dernière note de conjoncture, publiée mi-décembre, l'institut national des statistiques a évalué à 1,5% le niveau de croissance qui devrait avoir été atteint en 2018.

Ce chiffre, conforme à la prévision de la Banque de France, est inférieur de 0,8 point à la hausse du produit intérieur brut atteinte en 2017 (2,3% en données corrigées des jours ouvrés, soit le plus haut niveau pour la croissance française depuis 2007).

Trou d'air passager ou coup de frein durable? "En un an, le climat économique a clairement changé", souligne à l'AFP Olivier Passet, directeur des études chez Xerfi. "Ce n'est pas un coup d'arrêt total mais le ralentissement est très net", abonde Emmanuel Jessua, économiste chez Rexecode.

A l'origine, l'exécutif avait prévu 2% de croissance en 2018. Mais les mauvaises nouvelles se sont enchaînées, obligeant Bercy à revoir à la baisse ses ambitions: désormais, l'objectif officiel est de 1,7%, le gouvernement n'écartant pas un résultat moins élevé.

En cause: le ralentissement de l'activité au niveau international, dans un contexte marqué par le Brexit et les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, mais aussi l'incapacité des entreprises françaises à répondre à la demande.

"Il y a eu un problème au niveau de l'offre: l'économie française n'a pas réussi à tenir la cadence", analyse pour l'AFP Emmanuel Jessua, qui insiste sur les "difficultés de recrutement" auxquelles ont été confrontés plusieurs secteurs d'activité.

Autre raison à cet essoufflement: la consommation, décevante tout au long de l'année. "L'inflation a fortement accéléré, en raison notamment de la flambée des prix du pétrole: cela a pesé sur le pouvoir d'achat", observe Olivier Passet.

Le calendrier fiscal du gouvernement, qui a choisi de concentrer en début d'année les hausses d'impôts et en fin d'année les allègements fiscaux, n'a rien arrangé. "Cela a poussé beaucoup de contribuables à décaler leurs achats", souligne M. Passet.

Tensions sociales

Plusieurs mouvements sociaux, comme la grève à la SNCF au printemps et la fronde des "gilets jaunes" en fin d'année, sont venus charger la barque déjà bien remplie des obstacles ayant freiné l'activité.

Quel sera l'impact sur la croissance de cette crise qui continue à agiter la société française? Interrogé début décembre, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait estimé à 0,1 point l'effet du mouvement sur le produit intérieur brut du quatrième trimestre.

La Banque de France a révisé de son côté de 0,4% à 0,2% sa prévision de croissance pour les trois derniers mois de 2018, assurant que l'impact des "gilets jaunes" se faisait sentir dans "la plupart des secteurs".

"Le chiffre de l'Insee" publiée mercredi "permettra d'y voir plus clair", souligne Emmanuel Jessua. "Mais ce qui est sûr, c'est que l'effet portera plus sur la croissance 2019 que sur celle de 2018", le mouvement étant survenu "tardivement dans l'année", ajoute-t-il.

De quoi se laisser gagner par le pessimisme? Nous avons "une croissance qui ralentit" mais l'activité "en France, reste solide, plus solide que celle de beaucoup de ses partenaires", a assuré la semaine dernière Bruno le Maire.

Le chiffre de 1,5%, s'il était atteint, serait de fait honorable eu égard à la croissance de ces dernières années. "Mais c'est dû en grande partie à l'acquis de 2017: en 2018, la croissance a plafonnné à 0,2-0,3% par trimestre", soit un rythme "inférieur à 1%", rappelle Olivier Passet.

Quel sera le rythme atteint en 2019 au vu de cette faible dynamique? Pour le gouvernement, la croissance pourrait s'établir à 1,7% cette année, en raison notamment du regain de pouvoir d'achat dont devraient bénéficier les ménages. La Banque de France et le FMI tablent eux sur 1,5%.

"Si le prix du pétrole continue à augmenter, si la construction résidentielle continue à reculer" et "si l'investissement des entreprises" recule, "une croissance très faible" n'est pas exclue, prévient de son côté Patrick Artus, chef économiste chez Natixis.

(AFP)

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