img_pub
Rubriques

La réactivation du programme des privatisations profitera-t-elle à la Bourse de Casablanca ?

La réactivation du programme des privatisations profitera-t-elle à la Bourse de Casablanca ?
Mouna Ettazy
Le 12 novembre 2018 à 15h50 | Modifié 11 juin 2022 à 1h02

Le marché boursier espère bénéficier de la réactivation du programme des privatisations des entreprises publiques. Les deux dernières opérations de privatisation via une introduction en bourse ont bel et bien réanimé la cote.

L'hôtel La Mamounia et la Centrale électrique de Tahaddart sont les entreprises publiques qui seront privatisées en 2019.

   >> Lire aussi : Les privatisations de 2019: Ce sera La Mamounia et la Centrale électrique de Tahaddart (Conseil de gouvernement)

L’Etat envisage également de transformer certains établissements publics qui ont un caractère commercial en sociétés anonymes avec pour objectif de les introduire en bourse dans un second temps, comme ce fut le cas pour Maroc Telecom et Marsa Maroc.

Pour l'instant, personne n'est en mesure de dire si la privation envisagée de la Mamounia et de la Centrale de Tahaddart passera ou non par la Bourse de Casablanca. Ni si l'Etat envisage de céder, sur le marché boursier ou directement à des institutionnels, une partie supplémentaire des entreprises déjà privatisées, en l'occurrence, Maroc Telecom et Marsa Maroc.

La privatisation via la bourse est fortement espérée par le marché, vu le besoin impératif de papier frais.

Sollicité par LeBoursier, Bachir Tazi, directeur de CFG Bank Capital Markets, estime que "les professionnels du marché, que ce soit les intervenants sell side ou les buy side, mais aussi les clients, ont toujours milité pour le recrutement du plus grand nombre de sociétés possible".

Et d’expliquer : "Plus on recrute de sociétés à la cote, plus le marché va s’améliorer en termes de profondeur et de liquidité, plus il va contribuer au financement de l’économie et plus il va drainer de l’épargne. La privatisation via la bourse ne peut être qu’une bonne chose, spécialement dans le contexte actuel du marché, marqué par un manque de profondeur et de liquidité".

"Actuellement, on ressent une certaine défiance de certains investisseurs, notamment les particuliers par rapport au marché", déplore-il en ajoutant : "d’où la nécessité de ramener du papier frais et de qualité".

Pour lui, "il suffit de regarder le nombre de souscripteurs qui participent à ce genre d’opérations : une bonne partie de ces souscripteurs sont de nouveaux investisseurs qui restent généralement sur le marché. Donc, ce type d’opération contribue à l'amélioration de la profondeur du marché et à sa dynamisation. C’est l’occasion aussi de ramener d’anciens investisseurs qui ont déserté le marché et aussi de recruter de nouveaux investisseurs". 

Si la privatisation des entreprises proposées ne passe pas par la bourse, "ce serait un manque à gagner pour le marché", se désole M. Tazi. 

Retour sur l’introduction en bourse de Marsa Maroc 

La dernière importante opération de privatisation en date a été celle de l’opérateur portuaire, Marsa Maroc. 

Dans le cadre de son programme de privatisation, l’Etat a cédé 29.358.240 actions de Marsa Maroc (le 19 juillet 2016), représentant 40% du capital, soit un montant global de l’opération à 1,9 MMDH. L’Etat détient toujours 60% du capital de Marsa Maroc. 

Introduite en bourse après sa transformation en société anonyme à un prix de 65 DH par action, Marsa Maroc a séduit lors de son IPO (Initial Public Offering) 18.343 souscripteurs de 23 nationalités, pour 185.906.303 actions demandées. 

Il convient de rappeler que l’action Marsa Maroc a été souscrite 6 fois. De plus, les souscriptions, prévues initialement du 20 au 30 juin 2016, ont été clôturées par anticipation le 27 juin.

        >> Lire aussi : Bourse. C’est parti pour la cotation de Marsa Maroc

Après son introduction à la bourse de Casablanca, le marché a connu un dynamisme qui s’est traduit par une hausse du MASI, principal indice de la cote, accompagnée de volumes importants. (Voir graphiques ci-dessous.)

La réactivation du programme des privatisations profitera-t-elle à la Bourse de Casablanca ?

Source: Rapport annuel de la Bourse de Casablanca (2004)

L’IPO de Maroc Télécom réanime la bourse en 2004

Le secteur des télécoms, représenté à la cote par Maroc Télécom, s’accapare dès son entrée à la cote, en décembre 2004, la première place du classement avec 36,9% de la capitalisation totale

Répartition de la capitalisation boursière par secteur (2004)

La réactivation du programme des privatisations profitera-t-elle à la Bourse de Casablanca ?

Source: Rapport annuel de la Bourse de Casablanca (2004)


Selon le rapport annuel de la Bourse de Casablanca pour l’exercice 2004, la capitalisation boursière a atteint 206,5 MMDH, contre 115,5 milliards MAD en 2003, soit une augmentation annuelle de 79%.

Selon la même source, cette forte appréciation est essentiellement le fruit de l’introduction en Bourse de Maroc Télécom et de la Banque Centrale Populaire, ainsi que de la revalorisation des cours des autres sociétés cotées.

L’introduction en bourse de cet opérateur téléphonique a été réalisée le 13 décembre 2004, par cession de 14,9% du capital au cours de 68,25 DH l’action. L’Etat détient toujours 30% du capital de Maroc Télécom. 

D’après l’analyse des résultats techniques globaux de l’opération, 131.670 personnes de 57 nationalités ont pris part aux souscriptions. Le nombre d’actions demandées s’est établi à 2.816.268.721 contre 130.985.210 actions attribuées, soit un taux de satisfaction de la demande de 4,65%. Le montant global souscrit a dépassé les 192 MMDH.

Cette opération a donné un nouveau souffle aux principaux indices boursiers de la cote casablancaise. (Voir graphique ci-dessous)

Evolution des principaux indices de la cote en 2004

La réactivation du programme des privatisations profitera-t-elle à la Bourse de Casablanca ?

Source: Rapport annuel de la Bourse de Casablanca (2004)

D’après le rapport, au cours des 4 premiers mois de l’année 2004, le MASI a connu une progression avant d’entamer une phase de quasi-stagnation pendant la période allant de mai à septembre. 

Au mois d’octobre, le MASI connaît une chute sévère pour atteindre le 29 octobre son plus bas niveau de l’année, avec 3.806,15 points. Toutefois, en réaction à l’arrivée de Maroc Telecom, les deux derniers mois de l’année connaissent une reprise vigoureuse, portant l’indice au 31 décembre à 4.521,98 points, soit une hausse de 14,7% sur l’année.

L’introduction de Maroc Telecom se place donc derrière la relance de la bourse au cours de l’année 2004. 

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Mouna Ettazy
Le 12 novembre 2018 à 15h50

Résultats marché

MASI Pts

Marché de change

Journée du 05-05-2026

à lire aussi

En Bourse, le secteur de la distribution sous-performe par rapport au MASI
Actus

Article : En Bourse, le secteur de la distribution sous-performe par rapport au MASI

Le secteur de la distribution a débuté l’année positivement, mais l’indice MASI Distribution a chuté de 3,33% depuis le 10 février. Ce repli résulte d’une consommation sous pression et d'une prudence accrue des investisseurs.

Cosumar. En 2024, une croissance portée par l’export et une amélioration de l’endettement
Actus

Article : Cosumar. En 2024, une croissance portée par l’export et une amélioration de l’endettement

Cosumar clôture l’année 2024 avec des résultats soutenus par une dynamique positive sur le marché local et international, ainsi que par la mise en service de la raffinerie de Sidi Bennour.

Le marché termine en baisse de 1,2%
La séance du jour

Article : Le marché termine en baisse de 1,2%

Impact des résultats financiers trimestriels Le 28 février 2025, suite à la publication des résultats financiers trimestriels, l'indice MASI de la Bourse de Casablanca a […]

Lancement d'une opération d'échange de valeurs du Trésor de 614,4 MDH
Actus

Article : Lancement d'une opération d'échange de valeurs du Trésor de 614,4 MDH

La Direction du Trésor et des finances extérieures, relevant du ministère de l’Économie et des Finances, a procédé le jeudi 27 février à une opération d’échange de bons du Trésor d’un montant de plus de 614,4 millions de DH, dont le règlement est prévu pour le 3 mars 2025.

ACAPS. Les primes collectées en 2024 en hausse de 5,3%
Actus

Article : ACAPS. Les primes collectées en 2024 en hausse de 5,3%

Le marché marocain de l'assurance a enregistré une progression de 5,3% en 2024, avec un total des primes collectées atteignant 59,7 MMDH. Cette croissance est portée par l'assurance vie et l'assurance non-vie, selon les dernières statistiques de l’ACAPS.

La prime de risque baisse à 6,5% au 1er semestre de 2025 (BMCE Research )
Actus

Article : La prime de risque baisse à 6,5% au 1er semestre de 2025 (BMCE Research )

BMCE Research retient une prime de risque de 6,5% pour le premier semestre 2025, en baisse par rapport à septembre 2024. Pour mieux refléter la dynamique actuelle du marché, dominée par des facteurs techniques, l’évaluation repose désormais sur une méthode par sondage.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité