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Jouahri et Zaghnoun: Les Marocains épargnent peu et recourent faiblement aux produits financiers structurés

Jouahri et Zaghnoun: Les Marocains épargnent peu et recourent faiblement aux produits financiers structurés
Abir Labied
Le 31 octobre 2018 à 16h48 | Modifié 31 octobre 2018 à 16h48

A l’occasion de la célébration de la journée mondiale de l’épargne, Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank-Al Maghrib et Abellatif Zaghnoun, DG de la CDG, ont débattu, à côté d’autres intervenants, de la problématique de l’insuffisance de l’épargne au Maroc et sa faible canalisation vers le système financier. Ils estiment que son renforcement passe principalement par la sensibilisation et l’inclusion financière. Détails.

La Caisse de dépôt et de gestion (CDG) et le groupe Barid Al Maghrib ont organisé conjointement, ce mercredi 31 octobre une conférence portant sur la thématique «Epargner, une nécessité pour construire l’avenir», dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de l’épargne.

L’ouverture de cette conférence a été faite par Abdellatif Jouahri, wali de Bank-Al Maghrib, qui estime que le niveau de l’épargne et sa structure affectent le coût du financement et donc la dynamique de l’investissement. Son insuffisance peut conduire au recours au financement monétaire ou extérieur et dans les deux cas à l’accentuation de l’endettement du pays et donc à la vulnérabilité de ses équilibres macroéconomiques.

Durant son intervention, M. Jouahri s’est focalisé particulièrement sur l’épargne des ménages dans sa dimension microéconomique.

Il s’est basé sur les dernières statistiques du HCP et sur l’enquête Findex initiée par la Banque mondiale pour constater le faible niveau d’épargne au Maroc. Il ajoute que ces niveaux seraient encore plus faibles si l’on se limitait à l’épargne financière, c’est-à-dire celle effectuée auprès d’une institution financière.

Un double défi

«Le défi est donc double: promouvoir l’épargne d’une part et la canaliser vers les circuits formels de l’autre», souligne Abdellatif Jouahri qui ajoute que certes, le niveau de l’épargne reste tributaire de la dynamique de l’activité économique, mais des politiques adéquates et bien ciblées peuvent l’encourager.

A cet égard, et aux fins de mieux agir, il estime qu’il est important de revenir sur les raisons à l’origine de ces constats :

A côté du faible taux d’activité au Maroc, «le niveau encore élevé de l’analphabétisme et d’autres facteurs d’ordre culturel font que l’épargne n’est que faiblement canalisée vers le système financier: 90%, selon les données des comptes nationaux, étant investis dans des actifs non financiers, notamment l’immobilier et le foncier».

«L’épargne financière est non seulement faible, mais mobilisée essentiellement sous forme d’actifs liquides qui en représentent 80%, un placement peu adapté aux besoins de financement de l’investissement», indique le gouverneur de la banque centrale.

Dans le même sillage, «je voudrais préciser que dans le cadre de la conduite de notre mission de politique monétaire, l’impact de nos décisions sur l’épargne constitue un des facteurs importants que nous prenons en considération. Ces efforts sont évidemment à poursuivre pour répondre de manière plus adéquate aux besoins des différentes franges de la population et dépasser les faiblesses persistantes du système financier», poursuit-il.

A cet égard, il rappelle que le secteur bancaire reste prépondérant dans notre système financier et que la désintermédiation est encore faible, alors qu’elle peut constituer un canal important de mobilisation de l’épargne à l’instar de certains autres pays.

«L’un des grands défis auxquels nous sommes confrontés donc est de ramener les Marocains à utiliser les services financiers et à mettre leur épargne au service de l’économie», conclut le gouverneur, en pensant que les dimensions de l’éducation et la sensibilisation ne sont souvent pas prises en compte dans l’élaboration des stratégies et dans leurs mises en œuvre.

 "L’inclusion financière reste indispensable pour le développement de l'épargne"

Pour sa part, Abdellatif Zaghnoun, directeur général de la CDG, estime que le développement de l’épargne dans notre pays ne peut se faire sans la promotion de l’inclusion financière. «Elle représente un enjeu économique et social majeur, non seulement dans les pays en développement mais aussi dans les pays développés», poursuit-il.

Il ajoute : «il est important pour les caisses d’épargne et les établissements bancaires de proposer des services financiers basés sur des solutions innovantes qui allient efficience et efficacité tout en fournissant plus d’efforts pour favoriser l’éducation financière et encourager l’épargne et la bancarisation».

«Toutefois, et malgré les progrès considérables réalisés en matière de promotion de l’épargne, il y a lieu de faire le constat que le niveau actuel de cette dernière a connu un certain tassement, autour de 27-28%, et n’est guère suffisant pour répondre aux besoins de financement de l’économie».

Ainsi, la question qui se pose aujourd’hui est de savoir comment réduire l’écart grandissant entre l’épargne (en particulier interne) et l’investissement pour faire face aux besoins de financement de l’économie ?

Par ailleurs, «je ne peux que renouveler, à cette l'occasion de cette rencontre, l’engagement de la CDG à apporter son soutien à toutes les actions qui convergent vers la réalisation des objectifs de développement, de promotion de l’épargne nationale et de l’inclusion financière», conclut-il.

Notons qu'à cette occasion la CDG et Al Barid Bank ont lancé un nouveau produit d'épargne destiné aux personnes aux revenus irréguliers pour les aider à accéder au logement.

Voici la conférence retransmise en Live par Médias24/LeBoursier:

 

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Abir Labied
Le 31 octobre 2018 à 16h48

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