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Uri Dadush à l'OCP Policy Center: “Il faut rester vigilant à l'égard des crises des pays émergents”

Uri Dadush à l'OCP Policy Center: “Il faut rester vigilant à l'égard des crises des pays émergents”
Sara El Hanafi
Le 6 septembre 2018 à 15h59 | Modifié 6 septembre 2018 à 15h59

Le spécialiste de l'économie internationale estime que les crises que traversent plusieurs marchés émergents à travers le monde seront certainement contenues, mais qu'elles doivent toutefois être surveillées de près pour ne pas induire d'effets néfastes sur l'expansion mondiale.

Une chose est sûre, le climat économique mondial est teinté d'inquiétudes ressenties à l’égard de multiples marchés émergents qui pâtissent de différentes crises ou vulnérabilités publiques ou privées.

Dans les locaux d’OCP Policy Center à Rabat, le spécialiste de l'économie internationale Uri Dadush a livré le 5 septembre une conférence (qui peut-être visionnée ci-dessous) détaillant la réelle empreinte à l’international des difficultés que connaissent certains marchés émergents à travers le monde, en particulier l’Argentine et la Turquie, en plus de leur impact sur l’expansion économique mondiale.

Bien que la menace protectionniste et le spectre de la montée des taux d’intérêts, particulièrement les taux américains, règnent sur l’économie mondiale, Uri Dadush estime que ces éléments là ne sont pas forcément les principaux déclencheurs de crises chez les marchés émergents : «Je refuse de croire que le grand problème des pays émergents soit les taux d’intérêt. Sur les dernières années, nous n’avons observé qu’une petite hausse du taux d’intérêt américain, alors que le taux européen est pratiquement resté près de 0%», a-t-il indiqué.

Il ajoute : «Ces crises émanent de faits inhérents aux pays eux-mêmes, et sont liées principalement à la mauvaise gestion macroéconomique. L’Argentine, par exemple, a perdu le contrôle de sa politique macroéconomique, bien que le pays ait un potentiel gigantesque. La Turquie, pour sa part, connaît un problème de dette privée élevée".

Ce qui amène forcément à une perte de confiance des investisseurs étrangers à l’égard de ces pays, et une difficulté pour ceux-ci à se refinancer auprès des marchés internationaux : «Les pays émergents doivent se refinancer pour faire face à leurs déficits, aucun pays n’a des réserves suffisantes pour cela. Mais pour se refinancer il faut que les investisseurs soient confiants. En situation de crise, ceux-ci seront réticents à prêter de l’argent», ajoute notre interlocuteur.

M. Dadush énumère par ailleurs cinq raisons susceptibles de conduire à une crise de confiance chez les investisseurs internationaux : Une récession globale, une mauvaise gestion macroéconomique, une prise de risque trop importante par le secteur bancaire, des conflits politiques, ainsi que la présence de risque de contagion d’une crise économique.

Cela étant, et en dépit du climat d’incertitude qui survole l’économie mondiale sur fond de crise des marchés émergents, les chiffres de la croissance mondiale montrent de bons niveaux d’expansion selon notre spécialiste. Mais celui-ci estime qu’il faut toutefois rester vigilant.

«A mon avis, cet épisode critique sera contenu et n’évoluera pas vers une crise généralisée. Mais il ne faut pas exclure un impact sous forme d’un éventuel ralentissement de l’expansion mondiale, et tant que c’est probable nous devons rester préoccupés», explique M. Dadush.

Pour ce qui est de la région MENA, qui inclut le Maroc, notre expert estime qu'elle est relativement protégée des crises qui touchent les pays émergents mais que les décideurs doivent toutefois prendre des précautions, notamment chez les pays qui exportent vers l'Union Européenne, comme le Maroc. Uri Dadush ajoute que la crise turque pourrait profiter au Royaume notamment sur des secteurs où les deux pays sont en concurrence, comme le tourisme ou le textile.

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Sara El Hanafi
Le 6 septembre 2018 à 15h59

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