Capital-Investissement: Le nouveau président de l’AMIC détaille sa feuille de route
Adil Rzal, fraîchement nommé à la tête de l'AMIC, évoque trois axes clés pour son mandat à la tête de cette association regroupant les gérants de fonds de capital-investissement.
L’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC) vient d’élire son nouveau président, qui n’est autre qu’Adil Rzal, Président Directeur Général d’ Upline Investments. Contacté par nos soins, celui-ci nous détaille ses principaux chantiers pour l’association. M. Rzal a dressé une feuille de route basée sur ces trois axes: Augmenter les investissements, attirer plus d’investisseurs locaux, et améliorer le code déontologique de l’association.
Tout d’abord, le nouveau président de l’AMIC veut augmenter le nombre d’investissements et les montants investis afin de mieux contribuer au financement de l’économie nationale: «Aujourd’hui, nous avons en moyenne une dizaine d’opérations d’investissements réalisées par an, avec des montants investis qui atteignent quelques centaines de millions de dirhams. Cela reste tout de même faible par rapport à la taille de l’économie marocaine», explique notre interlocuteur.
Pour améliorer ce chiffre, Adil Rzal table sur l’augmentation du nombre de fonds et des équipes de gestion : «Pour ce faire, il faudra vulgariser le métier de capital-investissement aux entreprises en expliquant les avantages en terme d’accompagnement et d’accélération de la croissance. Nous travaillerons sur ce volet là avec la CGEM, les fédérations, et les prescripteurs comme les experts comptables ou les conseillers en investissement, etc.», souligne M.Rzal.
Il ajoute: «L’objectif est d’avoir le maximum d’entrepreneurs qui souhaitent se faire accompagner par des fonds et de trouver les solutions au sein de l’AMIC ou de ses membres».
M.Rzal évoque également un environnement plus propice au capital-investissement. D’une part, les entreprises sont sous capitalisées et leurs besoins en financement et investissement sont accrus, et d’autre part le cadre réglementaire et fiscale est plus favorable : «Par exemple l’exonération des droits d’enregistrement sur les cessions et augmentations de capital est une mesure de la LF 2018 favorable et qui fait que nous aurons probablement une année 2018 bien meilleure que 2017», souligne notre interlocuteur.
Deuxièmement, M.Rzal veut capter plus d’investisseurs locaux, qu’ils soient institutionnels ou privés : «Aujourd’hui, si l’on regarde les statistiques, on retrouve que quasiment les deux tiers des fonds qui sont gérés proviennent d’investisseurs étrangers, comme les agences ou les banques de développement, qui généralement prennent le rôle d’amorçage de l’activité uniquement à ses débuts», s’inquiète notre interlocuteur.
Pour maîtriser ce risque, Adil Rzal veut capter plus d’investisseurs locaux ancrés dans le pays, sans pour autant perdre les investisseurs étrangers : « Il faut qu’on ait plus d’investisseurs locaux institutionnels, comme les compagnies d’assurances ou les caisses de retraite, ainsi que les investisseurs privés avisés. Le cadre réglementaire des OPCC, que l’AMIC a réussi à mettre en place, leur est parfaitement adapté. En même temps, il nous faut consolider la relation avec les investisseurs étrangers qui ont déjà investi au Maroc, afin de maintenir une visibilité de l’AMIC à l’échelle internationale et de capter ces fonds avant de les orienter vers l’investissement régional notamment en Afrique».
Enfin, le nouveau président de l’AMIC veut instaurer un véritable code déontologique et éthique au sein de l’AMIC, surtout que l’industrie du capital-investissement, selon notre interlocuteur, «a été malmenée ces derniers temps».
Adil Rzal explique: «les investisseurs affichent des appréhensions face à l’industrie, de peur de miser sur une équipe de gestion malveillante». Il ajoute: «Il faut veiller dans notre profession à ce que l’éthique soit de rigueur, donc nous mettrons en place les codes de déontologie et d’éthique spécifiques pour que tout adhérent à l’AMIC puisse les respecter et dans le cas contraire, être sanctionné et en quelque sorte blacklisté».
«C’est une industrie basée sur la confiance, et si celle-ci est perdue il n’y aura plus d’activité», conclut M.Rzal.