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Les banques participatives en manque de ressources

Les banques participatives en manque de ressources
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Le 23 mai 2018 à 13h11 | Modifié 23 mai 2018 à 13h11

Tout système bancaire se base sur la transformation des ressources gratuites en emplois bon marché. Les banques participatives font de même sauf que depuis leur lancement, les dépôts évoluent moins vite que les financements. Il est encore tôt de tirer la sonnette d’alarme, mais certains directeurs de banques, contactés par LeBoursier, commencent déjà à s’inquiéter de la viabilité du système bancaire participatif.

Les banques participatives disposent actuellement de fonds propres suffisants pour faire face aux demandes de financement reçues. Mais cette situation ne saurait durer longtemps. L’utilisation des fonds propres -qui sont des ressources coûteuses, précisons-le- devra atteindre rapidement ses limites car les financements portent sur l’achat de véhicules et de biens immobiliers qui consomme beaucoup d'argent. Et avec le démarrage prochain de l'activité dédiée à l'entreprise, le montant des financements augmentera systématiquement.

Normalement, les banques participatives, à l'instar des banques conventionnelles, sont censées accorder des financements sur la base des ressources collectées auprès des clients. Sauf que les dépôts évoluent moins vite que les financements depuis le démarrage de cette nouvelle industrie.

Les raisons de ce décalage sont multiples. On peut citer, entre autres, la faible diversité des produits offerts (seul le compte à vue est proposé) et le réseau d’agences encore réduit des banques participatives, ce qui ne leur permet pas de capter suffisamment de ressources. De plus, l'étroitesse du réseau ne renvoie pas une image de banque universelle chez la clientèle potentielle, d'autant plus que les banques ne communiquent pas suffisamment sur les comptes qu'elles proposent.

En face, les banques conventionnelles disposent d'un large réseau de collecte d'épargne gratuite, et se préparent d’une manière très active à capter une nouvelle génération de clientèle à travers la digitalisation des processus de collecte.

En plus de la lente progression des dépôts, les banques participatives ne peuvent toujours pas se refinancer sur le marché financier faute d'instruments de placement conformes à la charia (l'opération de lancement des Sukuk souverains est toujours en cours). «Afin de pouvoir jouer pleinement notre rôle dans le financement de l’économie, il va falloir qu'on développe les marchés monétaire et de capitaux pour que l'on puisse y accéder», nous confie Adnane El Gueddari, directeur général de Umnia bank.

En tout cas, la situation n'est pas encore alarmante. Dans le cas de Umnia Bank, les chiffres disponibles à fin 2017 montrent que la banque équilibre ses comptes pour l'instant. Avec des ressources (104 MDH collectées auprès de 15 agences opérationnelles) quasi équivalentes aux emplois (100 MDH), le recours aux fonds propres 'un capital social de 600 millions de dirhams) est encore marginal.

N'empêche, "il faut que les banques participatives génèrent suffisamment de dépôts pour pouvoir se faire une place dans un marché très concurrentiel et capter une partie du potentiel offert par le financement participatif. En parallèle, l'existence d'instruments de refinancement adéquats est vitale pour ces nouveaux acteurs", affirme Mohamed Maarouf, directeur général de BTI Bank.

Pour y parvenir, les banque doivent accompagner l'évolution de leur activité financement par un meilleur développement de leur réseau et des comptes bancaires participatifs. Il s’agit notamment de lancer "wakalat alistitmar" qui correspond au mandat de gestion classique ou encore "les dépôts d’investissements" participatifs qui sont une sorte de compte à terme conforme au principe de partage des pertes et profits. Ces produits sont toujours en cours de validation.

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Le 23 mai 2018 à 13h11

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