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Les valeurs du compartiment Croissance en bourse sont-elles condamnées à rester petites et illiquides ?

Les valeurs du compartiment Croissance en bourse sont-elles condamnées à rester petites et illiquides ?
Mouna Ettazy
Le 23 avril 2018 à 15h56 | Modifié 23 avril 2018 à 15h56

Le troisième compartiment de la bourse de Casablanca paraît déserté. Les valeurs qui y sont inscrites souffrent d’une illiquidité certaine. Comment peuvent-elles se démarquer ?

En analysant les 11 valeurs inscrites au niveau du compartiment Croissance de la bourse de Casablanca, deux éléments communs se dégagent, à savoir la petitesse de la taille des sociétés et leur illiquidité sur le marché.

Rappelons que ce compartiment est réservé aux entreprises à forte croissance avec un portefeuille de projets à financer. Les conditions d'accès sont l'émission de 30.000 actions minimum, pour un montant minimum à émettre de 10 MDH, sans limite minimale en termes de capitaux propres ou de chiffre d'affaires

Au niveau de ce compartiment, on trouve des valeurs qui circulent peu et qu’on voit rarement pendant les séances de cotation. A titre d’exemple, Balima, Auto Nejma et Rebab Company n’ont été échangées respectivement que pendant 3, 17 et 38 séances pendant l’année écoulée. Notons qu'en 2017, la bourse de Casablanca a connu 250 séances de cotation, d'après le résumé annuel de la bourse. 

Interpellé par LeBoursier sur ce point, un analyste de la place confirme le constat susmentionné en indiquant que les deux problématiques sont en quelques sortes liées, mais pas tout le temps.

"A titre d’exemple, si on prend Centrale Danone, ce n’est pas Afric Industries en termes de tailles. Mais en termes de liquidité, les deux valeurs sont logées à la même enseigne", souligne-t-il.

Il explique : "Ce qui peut agir sur la taille d’une société c’est son développement. La taille de la société s’agrandit quand il y a un développement en termes de produits et de marchés. Elle commence ainsi à créer plus de richesse pour ses actionnaires". 

Selon notre interlocuteur, pour agrandir sa taille, l’entreprise doit avoir quelques préalables, notamment des ressources qu'elle peut acquérir à travers une augmentation de capital.

Il se trouve qu’il y a plusieurs raisons, d’après notre analyste, pour lesquelles le management souhaite des fois ne pas agrandir la taille de l’entreprise : 

> Le management juge que la société a déjà atteint une taille critique et qu’au-delà de cette taille on commencerait à prendre des risques sur ce qui est déjà acquis, voire à détruire de la richesse. "Ce n’est pas toujours intéressant pour une société de s’agrandir" ;

> Le management ou les actionnaires de référence manquent de visibilité et/ou d’ambition ;

> Les perspectives de croissance dans le secteur ne sont pas optimales.

S’agissant de la deuxième problématique, qu’est la liquidité de la valeur, d’après notre interlocuteur, elle concerne toute la cote et pas uniquement le compartiment Croissance. 

Il estime que "malheureusement, certains actionnaires stratégiques préfèrent garder le contrôle de leurs sociétés. Au lieu de renforcer leur liquidité, ils introduisent leurs sociétés en bourse, puis ils commencent à racheter les actions".

Et de continuer: "Parfois la société est tellement intéressante en termes de fondamentaux et de perspectives d’évolution qu’il y a des institutionnels de la place qui achètent des positions et qui les gardent sur le long-terme. Cela aussi réduit la liquidité d’une action". 

Peut-on dire que les investisseurs "boudent" les valeurs du compartiment Croissance ?

"C’est un cercle vicieux : quand une valeur n’atteint pas une certaine taille et un certain niveau de liquidité, elle n’entre pas dans l’univers d’investissement de certains investisseurs", répond notre interlocuteur. 

Quid des dividendes distribués ?

En dépit de leur taille ou de leur liquidité, il y a des valeurs inscrites au niveau du compartiment Croissance qui se distinguent grâce au niveau de dividendes qu’elles génèrent. 

D’après notre analyste, "Dari Couspate et Agma Lahlou Tazi distribuent un bon dividende. Ce n’est pas le cas de toutes les sociétés qui sont logées au niveau du compartiment croissance". 

En effet, Agma-Lahlou Tazi et Afric Industries occupent respectivement la première et la troisième position des dix meilleurs taux de rendement de la place, avec des taux respectifs de 6,84% et 6,67%, en se basant sur les cours observés au 31 mars 2018.

En ce qui concernent Centrale Danone et Dari Couspate, celles-ci figurent parmi les dix meilleures progressions en termes de distribution de dividende pour l’année 2017. 

D’ailleurs, Centrale Danone a vu son dividende augmenter de 82% pendant l’année écoulée.

Pour sa part, Dari Couspate a décidé pour la première fois de distribuer un dividende exceptionnel, marquant ainsi une progression de 75% de son dividende en 2017 en comparaison avec l’exercice précédent.

En face, Zellidja et Rebab Company n’ont pas distribué de dividendes pendant ces dernières années.

Pour sa part, Involys compte distribuer un dividende au titre de l’exercice 2017, contre aucun dividende une année auparavant. 

En somme, un niveau insuffisant ou moyen de distribution de dividende, conjugué à une petite taille et à une faible liquidité, font tomber des fois des entreprises dans l’oubliette.

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Mouna Ettazy
Le 23 avril 2018 à 15h56

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