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Premiers résultats annuels de 2017: Qu’en pensent les analystes financiers?

Premiers résultats annuels de 2017: Qu’en pensent les analystes financiers?
Mouna Ettazy
Le 23 février 2018 à 10h57 | Modifié 23 février 2018 à 10h57

Globalement, les résultats annuels de 2017 des sociétés cotées, qui ont été publiés jusqu'à présent, font ressortir une hausse du chiffre d’affaires de 2%, ainsi qu’une masse bénéficiaire qui augmente de 5%.

Au titre de l’exercice 2017, les activités en Afrique ont joué en faveur des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, spécialement les banques. Maroc Telecom, pour sa part, a pu tirer profit de la croissance de ses filiales Moov. Par contre, l'année écoulée n'était pas bonne pour le secteur des assurances qui a été impacté par l'augmentation du taux de sinistralité du segment automobile.

Maroc Telecom évolue dans un marché saturé 

Maroc Telecom affiche des résultats qui sont en ligne avec les prévisions de BMCI Bourse, du groupe BNP Paribas. Selon Ghita Karim El Aloui, analyste chez BMCI Bourse, ''les réalisations de Maroc Telecom sont supérieures aux prévisions qu’elle avait annoncées. Son résultat net devait être stable, mais finalement elle a affiché un RNPG en hausse de 4,4% en ajusté, hors exceptionnel, portant sur les charges de restructuration''. 

Notre interlocutrice note que ''malgré la légère baisse de son chiffre d’affaires, dû à la saturation du marché marocain, on peut remarquer les fruits de sa politique d’investissement en Afrique, surtout pour ses filiales Moov''.

Pour sa part, un Directeur du pôle Analyses et recherches d'une banque de la place, estime que ''IAM [Itissalat Al-Maghrib, ndlr] a deux segments qui évoluent plus ou moins dans des sens complétement différents, à savoir le mobile, sur lequel tous les opérateurs sont présents, et sur lequel cet opérateur a un léger handicap depuis mars dernier lié à l'asymétrie tarifaire''.

Il ajoute:'' En 2017, les résultats de cet opérateur ont été impactés également par la libéralisation de la téléphonie IP. Ainsi, la seule lueur d’espoir qui reste pour l’activité mobile est la montée en puissance de la Data. Plus la Data gagnera en qualité, plus on pourra vendre des services annexes: télévision IP, services basés sur les téléchargements, etc."

''Le fixe, pour sa part, connaît une évolution tirée par la Data, notamment l’ADSL et la fibre optique. Celle-ci aura vocation à remplacer l’ADSL dans l’avenir.'' affirme-t-il.

Les valeurs bancaires rassurent

Dans sa globalité, le secteur bancaire ''affiche une amélioration des conditions macroéconomiques, qui s’est matérialisée par une hausse soutenue des crédits, mais aussi une amélioration des taux et donc de la marge d’intermédiation'', indique le directeur du pôle Analyses et recherches.

> Pour CIH Bank, il trouve que ses résultats ''vont dans le sens de sa stratégie globale qui a été mise en place depuis 3 ou 4 ans, plus précisément, depuis que M. Rahhou [PDG du CIH, ndlr] a pris les rênes de la banque. 

Il explique: ''Avant, le CIH était une banque spécialisée alors qu'aujourd’hui, il n’y a plus de place pour ce type de banques, il faut aller donc vers un modèle beaucoup plus universel. Cette banque a donc animé toutes les actions qui ont été entreprises depuis le temps, notamment les acquisitions de Sofac auprès de la CDG, la création de la banque participative, le lancement des activités de crédits aux entreprises. Auparavant le CIH ne traitait qu’avec les promoteurs immobiliers, à présent elle cible tout type d’entreprise''.

''C’est dans ce cadre-là que s’inscrivent les résultats de l'année 2017, les crédits hors immobiliers ont pu évoluer dans une dynamique beaucoup plus soutenue que les crédits immobiliers'', ajoute notre interlocuteur.

De plus, ''les résultats des opérations de marché commencent petit à petit à prendre de l’ampleur… Tout cela n’existait pas chez le CIH auparavant'', continue-t-il. 

Il explique également que ''l’une des premières choses que M. Rahhou a réalisées juste après sa nomination à la tête de CIH, c’est d’isoler tous les dossiers qu'il appelle‘’dossiers historiques’’ ou dossiers issus de l’époque noire du CIH. Il a mis en place une équipe qui se charge exclusivement du recouvrement des créances liées à ces dossiers. Dans ce cadre-là, le CIH arrive chaque année à récupérer entre 50 et 100 millions de DH sous forme de reprise, ce qui vient soutenir les résultats''. 

''En 2017, ces reprises ont aussi bien permis d’absorber l’impact du contrôle fiscal qui a été plus important durant l’année écoulée, spécialement au premier semestre; mais aussi de diluer légèrement les charges de la banque participative''.

> Pour sa part, ''Crédit du Maroc a mis en place une nouvelle stratégie qui a pour objectif l’amélioration de l’efficacité des réseaux de distribution. Cet établissement bancaire est dans une logique d’optimisation de la performance du réseau. En d’autres termes, si des points de vente ne sont pas rentables, le management n’hésite pas à les fermer. Cette dynamique se matérialise au niveau des comptes de la banque; le PNB s’est quand même amélioré. Et en dépit de la constitution d’une charge de 50 MDH liée à la prime d’ancienneté, Crédit du Maroc parvient à stabiliser le résultat net'', estime-t-il. 

Notre interlocuteur ajoute: ''Cela étant, les perspectives demeurent intimement liées à l’activité marocaine avec une position qui n’est pas assez forte sur le marché. Les résultats de Crédit du Maroc sont globalement positifs, tirés par l’amélioration de l’activité en termes d’efficacité opérationnelle et d’innovation''.

D'une autre part, ce Directeur estime que ''les banques marocaines ont des portefeuilles composés en grande partie de bons du Trésor. La partie transactionelle de leurs portefeuilles est donc négativement corrélée avec l’évolution des taux sur le marché: quand les taux augmentent, la valeur du portefeuille baisse. Ces dernières années, les banques ont profité de la baisse des taux, ce qui a fait que les résultats des opérations du marché ont eu une contribution assez forte dans la croissance du PNB des banques pendant ces quatre dernières années'', souligne-t-il.
>Pour la Banque Populaire, ''elle n’a pas transféré l’ensemble de son portefeuille obligataire en un portefeuille de transaction, c’est pour cela qu’elle a pu afficher une hausse des résultats des opérations de marché même si les taux ont légèrement augmenté courant l’année écoulée'', indique-t-il.

A côté de cela, ''il y a la performance des filiales spécialisées, surtout celles du marché des capitaux, notamment Upline qui a affiché des performances exceptionnelles en 2017''. 

Wafa Assurance pénalisée par son activité ''Non-vie''

En 2017, il y a eu deux éléments majeurs qui ont influencé les résultats des assurances: ''Il y a d’un côté les résultats techniques (primes diminuées des sinistres et des charges opérationnelles) purs qui n’intègrent pas tout ce qui est financier. Ces résultats sont négatifs, suite à la hausse de la sinistralité qui vient d’un côté d’un résultat de réassurance qui est négatif, qui à la limite est conjoncturel. Sur l’automobile également, il y a une hausse des fréquences des sinistres qui a été observée au niveau du secteur'', précise l'analyste. 

De l’autre côté, ''ces résultats négatifs ont été absorbés par le résultat financier, qui, lui, en dépit du taux de rendement des bons de Trésor qui reste relativement faible, a tiré profit du rendement du marché des actions, puisque 50% des portefeuilles des assurances sont composés d’actions''. 

Il souligne que:''Si Wafa assurance voulait afficher une croissance importante du résultat, elle aurait pu le faire juste en consommant une partie des plus-values latentes de ses portefeuilles d’action. Ces plus-values latentes se sont renforcées, elles ont même dépassé en 2017 les 5 MMDH, ce qui lui donne une posture assez confortable pour aborder l’avenir avec sérénité''. 

Ainsi, les principaux challenges qui se présentent devant Wafa Assurance sont d’ordre réglementaire. ''En Afrique, il y a l’augmentation du capital minimum des sociétés d’assurance dans la zone CIMA (Conférence interafricaine des marchés d'assurance). S’agissant des challenges réglementaires auxquels Wafa assurance doit faire face au Maroc, il s’agit principalement du passage à un système de solvabilité basée sur le risque (SBR), qui va nécessiter un niveau de fonds propres assez important'', indique-t-il en ajoutant que ''cela explique pourquoi Wafa Assurance, en dépit d’une marge de solvabilité très confortable, et d’un ROE [rentabilité financière, ndlr] qui reste élevé, n’a distribué que 50% de ses résultats''

Lydec: agrégats financiers peu explicites

Pour la Lydec, ''Nos prévisions étaient largement au-dessus de la rentabilité actuelle''. De plus, ''le communiqué qui a été publié ne donne pas suffisamment d’éléments pour expliquer ses résultats'', souligne notre interlocuteur.

Il ajoute que:''la société a eu une activité qui est globalement stable d’une année à l’autre: elle a un contrat de concession déléguée qui est bien ficelé. De plus, la consommation d’eau et d’électricité dans la région de Casablanca est assez soutenue et évolue au gré de la démographie’’.

''Elle devait générer donc des résultats en forte croissance en 2017. L’année précédente était une exception, puisqu’il y avait le contrôle fiscal. Nous attendons la publication des comptes pour comprendre cette évolution'' conclut-il.

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Mouna Ettazy
Le 23 février 2018 à 10h57

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