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Trois questions à Hicham Cherradi, directeur des marchés au sein de l’AMMC

Trois questions à Hicham Cherradi, directeur des marchés au sein de l’AMMC
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Le 30 novembre 2017 à 15h24 | Modifié 30 novembre 2017 à 15h24

Plusieurs acteurs du marché boursier marocain ne sont pas satisfaits de son état ni de sa situation depuis quelques années. Nous avons demandé la position de quelques protagonistes en leur posant des questions sur la léthargie de la Bourse de Casablanca mais aussi sur ce qui pourrait changer la donne. Le premier à répondre, c’est Hicham Cherradi, directeur des marchés au sein de l’AMMC.

Médias24: Selon vous, pourquoi les différents acteurs du marché boursier, principalement les investisseurs, parlent d'immobilisme, attentisme ou même de léthargie de la Bourse de Casablanca ?

Hicham Cherradi: Si l'on se base sur les données quantitatives, l’on constate une certaine reprise du marché boursier depuis 2016. Certes, le marché a connu une tendance baissière au début de cette décennie (entre 2011 et 2013), suivie d’une période stable jusqu’en 2015 où le marché a semblé chercher une tendance.

Ce mouvement qu’a connu la place Casablancaise, peut être expliqué par plusieurs facteurs économiques et psychologiques.

Le résultat combiné de ces facteurs est un léger désintérêt de la part des investisseurs, notamment les particuliers, qui se sont quelque peu désengagés du marché pour investir dans d’autres secteurs jugés moins volatils tels que l’immobilier.

 

C’est à partir de 2016 que le marché affiche une évolution positive qui s’est confirmée lors du premier semestre 2017, en enregistrant une hausse de +27% du volume moyen quotidien qui a atteint 174 MDH (vs 137 MDH en 2016).

D’autres indicateurs confortent cette tendance haussière: il s’agit tout d’abord du volume du marché central réalisé par les personnes physiques marocaines (+18%  au titre du premier semestre de 2017) et puis l’indice boursier (le MASI) qui lui aussi a renoué avec la hausse depuis 2016 (évolution de +30,5% en 2016 et de 3,2% au cours du  1er semestre 2017).

 

Ceci traduit un regain d’intérêt, que les différentes actions en cours en vue de dynamiser le marché des capitaux vont consolider.

 

-Quels sont justement les moyens qui doivent être mis en place pour remédier à cette situation et pour que la Bourse de Casablanca devienne encore plus attractive et bien plus mouvementée?

 

-Développer le marché boursier ne peut se faire isolément. C’est pourquoi nous avons une approche globale qui couvre l’ensemble du marché des capitaux. L’objectif étant de lui faire jouer son rôle premier qui est d'être un levier important dans le financement de l’économie.

S’agissant en particulier du marché boursier, l’objectif est d’offrir un cadre adapté qui réponde plus spécifiquement aux besoins des opérateurs. Je pense notamment au financement de la PME et des projets d’infrastructure.

La nouvelle loi n°19-14 relative à la Bourse des valeurs réorganise les marchés et apporte un certain nombre de changements de nature à créer une nouvelle dynamique de marché.

 

-Pourriez-vous nous détailler ces changements et ces nouveaux apports?

 

-Il y a lieu de citer la création d’un marché alternatif avec des règles de fonctionnement allégées ce qui devrait attirer des entreprises de taille plus réduite et contribuer ainsi au financement de la PME laquelle, je le rappelle, constitue l’essentiel de notre tissu économique.

Le texte de loi prévoit également la possibilité de créer des compartiments à chaque fois qu’un besoin spécifique est identifié. Cette souplesse permettra de répondre rapidement aux évolutions de notre marché et aux besoins de financement.

A titre d’illustration, il sera possible de réserver un compartiment aux investisseurs qualifiés pour y admettre des émetteurs qui présentent un business modèle particulier. Comme vous le savez, les investisseurs qualifiés ont, par définition, la capacité d’évaluer les risques encourus par rapport à certains types d’émissions inhabituelles.

La double cotation sera encouragée, notamment avec les sociétés de pays d’Afrique subsaharienne dans lesquels de grands opérateurs marocains sont présents. En effet, le développement de leurs filiales pourrait se faire par le recours à l’appel public à l’épargne aussi bien dans leur lieu de résidence que sur notre marché.

En outre la cotation en devise est prévue. En effet, un compartiment dédié sera mis en place et aussi bien les sociétés marocaines qu’étrangères pourront y recourir.

Ainsi, la dynamique du marché passera par l’adaptation des conditions d’accès aux caractéristiques de notre marché, à son ouverture à l’international mais aussi à l’enrichissement de la cote par l’admission d’instruments financiers nouveaux tels que les fonds et notamment les ETFs « Equity Traded Funds » (fonds négociés en Bourse).

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Le 30 novembre 2017 à 15h24

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