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CGEM: Quels sont les besoins des entreprises marocaines pour investir en Afrique subsaharienne?

CGEM: Quels sont les besoins des entreprises marocaines pour investir en Afrique subsaharienne?
Abir Labied
Le 24 novembre 2017 à 15h55 | Modifié 24 novembre 2017 à 15h55

Quels outils de financement pour accompagner les entreprises marocaines souhaitant investir en Afrique? De quoi les entreprises ont-elles concrètement besoin pour financer leurs projets africains? Qu’en est-il des PME, TPE et start-ups qui se lancent timidement dans ces marchés et dont les ressources sont souvent limitées? Quelles sont les diffcultés? Telles sont les questions qui ont fait l’objet de l’étude menée par le cabinet «Mazars Audit et Conseil», à la demande de la commission «Financement des entreprises» de la CGEM afin de présenter aux investisseurs les produits financiers existants sur le marché. Conclusions.

Sur 130 répondants, 92% des entreprises sondées (de toute typologie et appartenant à différents secteurs) ont manifesté l’intention de s’orienter vers le marché africain durant les 12 prochains mois. Mais comment? Et quelles en sont les difficultés?

Dans ce sens, sur les 92%, 89% des opérateurs estiment ne pas connaître suffisamment les produits financiers proposés par les institutions financières (problème de communication). De l’autre côté, 60% des entreprises affirment avoir des difficultés d’accès au financement pour se développer en Afrique subsaharienne et se contentent finalement de l’autofinancement.

Les besoins des entreprises insuffisamment connus par les institutions

Le premier constat avancé par l’équipe de l’étude concerne le problème d’adaptation des produits de financement aux besoins des entreprises marocaines et ce, malgré l'éventail de l’offre.

En effet, «les institutions financières, qui offrent ces produits, n’ont pas une connaissance suffisante des besoins de l’entreprise, ce qui explique l’inadaptation de l’offre par rapport à ces besoins», explique Abdou Diop, directeur associé du cabinet Mazars.

Prospection et actions marketing: premier besoin des entreprises marocaines

Il est à noter que le premier besoin de la majorité des entreprises concerne la prospection et les actions de marketing et de business développement avant tout autre besoin. Il s’agit du premier frein pouvant entraver l’investissement des entreprises marocaines en Afrique (cherté des billets d’avions, hôtels…). D’ailleurs, c’est ce qu’affirment 53% des entreprises étudiées.

Celui-ci est suivi par les besoins de trésorerie puis par le besoin de financement des implantations qui n'arrive qu'en dernier lieu.

Par taille, les grandes entreprises expriment un besoin de financement d'un montant se situant entre 10 MDH et 30 MDH afin de satisfaire, en premier lieu, les besoins d’implantation sur le continent. 

Quant aux PME et TPE, celles-ci ont besoin d’un montant allant de 500.000 dirhams à 1 MDH pour répondre à des besoins de trésorerie et de prospection dans un premier temps.

S’agissant des start-ups, élément surprise de l’étude, le besoin exprimé est d’un montant allant de 5 MDH à 10 MDH, soit un besoin supérieur à celui des PME et TPE.

Exigence des garanties: principale difficulté des PME, TPE et start-ups

S'agissant des  obstacles entravant l’investissement sur le continent africain, pour les cas des grandes entreprises, ceux-ci sont liés aux exigences des banques et leur manque de réactivité notamment celles implantées en Afrique subsaharienne ainsi qu’à la lenteur d’octroi des autorisations par l’Office des changes.

Du côté des PME et TPE, la difficulté principale est liée au financement. Ces dernières estiment que la typologie des garanties demandées est excessive ou encore inacceptable, contrairement aux grandes entreprises qui la perçoivent comme étant raisonnable.

De plus, ces entreprises estiment qu’il y a un manque de communication d’informations se traduisant par une méconnaissance des dispositifs proposés.

Et pourtant, «les PME et TPE créent plus d’emploi que les grandes entreprises parce qu’elles deviennent plus nombreuses», affirme Faiçal Mekouar, vice-président général de la CGEM.

«Il faut donc accompagner cette volonté d’investir en tant que PME et TPE par un certain nombre de mécanismes d’appui», poursuit-il.

Pareillement, les start-ups confirment leur accès difficile au financement. Celles-ci ont souvent recours au capital investissement.

En réponse à toutes ces insuffisances, rappelons que la CGEM a lancé, ce jeudi 23 novembre, un "Guide des produits financiers pour l'Afrique", destiné aux investisseurs souhaitant investir en Afrique.

Recommandations du cabinet

Afin que les entreprises marocaines puissent investir en Afrique, le cabinet Mazars a dressé les recommandations suivantes: 

>Renforcer l’appui de l’Etat en créant un Fonds de souverain de développement et de soutien qui pourrait fédérer des fonds dédiés à l’Afrique;

>Créer un Fonds de garantie pour soutenir de nouvelles implantations;

>Proposer un crédit d’impôt export subordonné à condition;

>Créer un écosystème regroupant banques, conseils juridiques et fiscaux, experts comptables…;

>Lancer de nouvelles mesures d’accompagnement : subventions logistique et transport;

>Assouplir la réglementation des changes;

>Œuvrer pour que les institutions financières renforcent leur communication sur les différents produits proposés;

>Inciter les banques à mieux adapter leurs conditions de crédit;

>Encourager les banques à créer des espaces ou centres d’affaires dédiés aux activités à l’intenational (avec spécificités des offres Afrique);

>Développer l’offre de produits alternatifs;

>Lancer des produits spécifiques sectoriels ou adressés selon dees zones géographiques;

>Promouvoir une meilleure collaboration entre les banques marocaines et les institutions financières internationales.

La présentation de l'étude peut être feuilletée ou téléchargée en cliquant ici.

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Abir Labied
Le 24 novembre 2017 à 15h55

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