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Stroc industrie suscite les inquiétudes du marché

Stroc industrie suscite les inquiétudes du marché
Mouna Ettazy
Le 10 novembre 2017 à 12h02 | Modifié 11 juin 2022 à 0h33

[ARTICLE MIS A JOUR]. Une baisse de valeur monumentale, des agrégats financiers dans le rouge, des promesses qui tardent à se concrétiser et beaucoup de questions sans réponse. Petit tour d'horizon concernant la valeur Stroc Industrie. 

Sur les 10 dernières introductions à la bourse de Casablanca, Stroc se positionne en tête des plus fortes baisses de valeur. Introduite en juin 2011 au prix de 357 DH, son cours a baissé de 86% pour atteindre 51,70 DH à la date du 26 octobre 2017. Pourtant, à ses débuts, Stroc Industrie affichait un business plan ambitieux qui s’est avéré par la suite en décalage avec la réalité. 

Evolution du cours de la valeur Stroc (entre 2011 et 2017):

Stroc industrie suscite les inquiétudes du marché

Sur la place casablancaise, l'évolution à la baisse de Stroc suscite des questionnements.

Est-ce que Stroc était mal évaluée lors de son introduction? A qui peut-on attribuer la responsabilité d’introduire une entreprise qui par la suite accumulera des pertes?

Selon le management, Stroc a connu des pertes juste après son IPO, à cause d’un conflit social dont elle a souffert à la fin de 2011. Ce mouvement social a engendré l’arrêt de ses chantiers, et par conséquent un retard de livraisons aux clients. C'est ainsi que l’entreprise a subi des pertes très importantes qui ont impacté ses résultats financiers, spécialement en 2012. Cette grève, selon les dirigeants de l'entreprise, "s'est traduite par 7 mois d'occupation des ateliers, ce qui a poussé des donneurs d'ordre à retirer des commandes à l'entreprise". 

Médias24 a rencontré Nabil Ziatt, président-fondateur de l'entreprise qui était accompagné du directeur financier Ronan Le Guellec. La discussions a été centrée autour de l'introduction en bourse, effectuée par augmentation de capital par émission d'actions nouvelles. L'IPO a apporté à l'entreprise 100 MDH d'argent frais.

"En 2012, à l'issue de cette grève avec occupation des ateliers, Stroc s'est retrouvé avec un effectif de 2.000 salariés, un  carnet de commande vide et une perte de 140 MDH qu'elle traîne jusqu'à maintenant". En 2013 et 2014, l'entreprise renoue avec les bénéfices puis replonge en 2016. Selon M. Ziatt, le carnet de commandes fin 2012, est de 1,2 MMDH.

En octobre 2011, peu après son IPO, Stroc a procédé à l’acquisition de 80% des parts de la société Handassa, qui appartenait à la base (à 80%) au PDG de Stroc, Nabil Ziatt et à quelques membres de sa famille. Selon nos interlocuteurs, Handassa avait réalisé 2,28 MDH de résultat net en 2010 et un chiffre d'affaires en hausse. Médias24 n'a pas encore analysé les bilans de Handassa et le fera ultérieurement.

A noter que Handassa –entreprise de bâtiments etde  travaux publics- était une filiale de la holding Al Istimrar, détenue elle aussi par la famille Ziatt, avant d’être cédée à Stroc. L’industriel a fini par acquérir la majorité du capital des autres filiales de la holding Al Istimrar: 

- Atral : entreprise spécialisée dans la manutention, le transport et le levage;
- Maringis : Bureau d’études spécialisé dans les projets maritimes et fluviaux.

Evolution du CA de Stroc (entre 2005 et 2016, source Inforisk):

Stroc industrie suscite les inquiétudes du marché

Interrogé par Médias24 sur le cas de Stroc et de ses filiales, l’administrateur du forum des petits porteurs, Rachid El Rhana, nous a livré quelques éléments de sa propre analyse concernant les causes de cette situation:

>  "la valorisation qui a été faite lors de l’introduction de Stroc n’a probablement pas pris en compte tous les risques potentiels liés à l’entreprise, et par conséquent, les investisseurs n’ont pas été mis en garde, spécialement les petits porteurs qui ne sont pas bien outillés pour être bien informés sur une valeur";

>  "Lorsqu’il y a une abondance de filiales, le risque peut venir de n’importe quelle filiale, ce qui est difficilement détectable. Le problème réside dans la difficulté de traquer les résultats des filiales quand elles ne sont pas cotées, puisque, dans ce cas là, elles n’auront pas l’obligation de publier leurs résultats. Du coup, le risque qui touche la filiale se propage à la maison mère. Et quand cette dernière est cotée, le risque est transmis au marché des capitaux"; 

> Selon lui, ce que le marché peut reprocher à Stroc et, d’ailleurs, à une grande partie des entreprises cotées, c’est leur "état d’esprit" qui ne les laisse pas communiquer correctement. "Même les communications financières légales ne sont pas respectées", ajoute-t-il. Cette accusation est catégoriquement démentie par M. Ziatt qui affirme que toutes les dispositions légales sont scrupuleursement respectées.

Dans un communiqué, concernant les résultats du premier semestre 2017, Stroc a annoncé qu’ils ont pu redresser partiellement leurs indicateurs et agrégats financiers au courant du premier semestre par :

- La réévaluation libre de ses immobilisations corporelles et financières, qui n’avait fait l’objet d’aucune réévaluation depuis la création de la société, permettant ainsi, selon le communiqué, "de refléter l’image fidèle du patrimoine de la société et redresser ses capitaux propres, qui s’élèvent à 83 millions de dirhams au 30 juin 2017";

- L’obtention d’un crédit long terme, afin d’améliorer son fonds de roulement et son financement permanent, qui s’élève à 230 millions de dirhams au 30 juin 2017.

Selon nos sources, il s'agit d'un crédit à long terme, de 100 MDH. Et cet apport reste insuffisant pour faire face aux besoins. 

De plus, le management reste confiant par rapport aux perspectives de croissance de l’entreprise, en affirmant que "Stroc entame le second semestre avec un carnet de commandes de l’ordre de 450 millions de DH, lui donnant une visibilité sur son chiffre d’affaires pour l’année à venir. Grâce à l’assainissement entamé, son savoir-faire et à la mobilisation de son capital humain, toutes les actions entamées depuis 2015 devraient permettre à STROC d’être proche de l’équilibre en 2018".

En fait, M. Ziatt reconnaît que le problème que l'entreprise traîne est celui du besoin en fonds de roulement. Les 100 MDH ne suffisent pas. Selon nos calculs, un besoin complémentaire de 150 MDH jusqu'à 200 MDH est indispnsable pour sauver la société.

Selon des sources sur le marché, les dirigeants recherchent un partenaire qui apporterait de l'argent frais. Effectivement, cela s'impose.
 

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Mouna Ettazy
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