Macron sur 2M et Médi1 TV : “Maroc-France, un nouveau livre à écrire”
"Communauté de destin, avenir commun, un livre commun à écrire"... C’est ainsi qu’Emmanuel Macron a décrit la relation entre le Maroc et la France, exprimant sa volonté de bâtir un avenir commun.
Le président Emmanuel Macron a accordé, le mercredi 30 octobre, un entretien aux chaînes marocaines 2M et Médi1 TV. L'occasion pour le président français de faire le bilan de cette visite riche en symboles et en annonces stratégiques, qui marque l’ouverture d’un nouveau chapitre dans la relation entre la France et le Maroc.
Dans cet entretien, Macron est revenu avec beaucoup d'émotion sur l'accueil chaleureux qui lui a été réservé par le Roi Mohammed VI. Il a également souligné les fondements d'un partenariat renouvelé, ancré dans une "communauté de destin" et une "vision partagée de l'avenir".
Un livre commun à écrire
"Communauté de destin, avenir commun, un livre commun à écrire"... C'est par ces mots qu'Emmanuel Macron a évoqué la relation entre le Maroc et la France, affirmant ainsi sa volonté de forger un avenir commun.
Dans la lignée de son discours au Parlement, le mardi 29 octobre, le président français a encore insisté sur l'importance de l’histoire partagée et de la confiance construite au fil des années. Ce "nouveau livre que la France et le Maroc s'engagent à écrire ensemble s'étendra sur les vingt-cinq prochaines années et au-delà, symbolisant une amitié profonde et une vision commune", a-t-il réaffirmé.
Des partenariats économiques renouvelés
Sur le plan économique, la visite d'Etat du président français a été marquée par la signature de 22 accords entre les gouvernements et entreprises des deux pays, en présence des deux chefs d'Etat.
Emmanuel Macron a rappelé que la France est le premier partenaire et investisseur au Maroc, tandis que le Maroc est le principal bénéficiaire des financements de l’Agence française de développement (AFD). Ces contrats impliquent des entreprises françaises dans des secteurs clés, tels que l’eau et le transport, illustrant une coopération renforcée.
L'énergie représente un axe stratégique de cette collaboration, où la France et le Maroc unissent leurs efforts pour une transition vers une économie décarbonée.
Le Maroc, avec son engagement en faveur des énergies renouvelables, aspire à devenir un acteur majeur dans ce domaine, tandis que la France, grâce à son modèle nucléaire, cherche à promouvoir une énergie peu carbonée. "Faire du Maroc un grand partenaire de la décarbonation de notre économie et créer de la valeur partagée, c’est notre ambition commune," a affirmé Emmanuel Macron, en se félicitant des accords signés sur l'hydrogène vert et l'électricité.
Dans un contexte mondial de fragmentation et de resserrement des chaînes d’approvisionnement, le président français a souligné la nécessité de renforcer l’interdépendance économique entre les deux pays. "On produit ensemble," a-t-il déclaré, insistant sur l'importance de développer une indépendance réciproque de part et d’autre de la Méditerranée.
La circulation des talents et les échanges universitaires
Emmanuel Macron a également mis en lumière le potentiel des relations franco-marocaines en matière de circulation de talents et d’échanges universitaires. "L'élément humain, c'est la culture, la langue et l'éducation," a-t-il noté, indiquant que la jeunesse était un atout commun.
Avec plus de 50.000 élèves au sein du réseau scolaire français au Maroc, dont 80% de Marocains, la relation éducative entre les deux nations est déjà bien établie. Pour favoriser l’excellence académique, il a été convenu de former 1.000 nouveaux doctorants marocains, afin de répondre aux besoins croissants en matière de recherche et de formation au Maroc.
Cet engagement en faveur de la jeunesse se reflète dans la volonté d’encourager les jeunes à circuler, étudier, innover et revenir enrichir leur pays d’origine. "On veut garder les talents chez nous", a dit le président français, soulignant l'importance de cette dynamique pour le développement des deux économies.
Sahara : la position de la France, un "engagement concret et un choix d'avenir"
Lors de l'entretien, Emmanuel Macron a également abordé la question du Sahara, reprenant sa position clairement exprimée dans la lettre envoyée en juillet dernier au Roi Mohammed VI, et réaffirmée lors de son discours au Parlement marocain : "Le présent et l'avenir des provinces du Sud s'inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine".
"Pour la France, il s’agit de s’engager résolument et diplomatiquement aux côtés du Maroc pour qu'en effet le présent et l'avenir des provinces du Sud s'inscrivent dans la souveraineté marocaine", a-t-il déclaré. "La position de la France est en train de faire bouger d'autres pays européens qui commençaient à infléchir leurs choix".
"C'est vraiment un mouvement important sur le plan diplomatique. Je le dis évidemment pour le Maroc, pour notre relation bilatérale, mais aussi pour toute la région", a insisté le président français.
"C'est pour cette raison que j'ai voulu le dire aussi au Parlement : c'est une décision que la France ne prend aucunement contre qui que ce soit, mais elle doit aider à une meilleure intégration régionale, à une meilleure stabilisation du Sahara, et partant, du Sahel".
Dans ce sens, il a relevé que "toute cette région a besoin de la stabilité, de l’engagement, du sérieux, de la force et de la confiance", rappelant par là même les investissements conséquents opérés par le Maroc sous l’impulsion du Roi Mohammed VI pour promouvoir le développement et la stabilité de cette région. "Je crois que les voisins en sont conscients", a-t-il fait observer.
Cette position de la France est aussi un engagement concret et un choix d'avenir, en ce sens que l'Agence française de développement (AFD) et les entreprises françaises "ne vont pas simplement continuer d’investir, mais investiront plus fortement encore dans les provinces du Sud, dans des projets importants au bénéfice des populations", a-t-il assuré.