En vidéo, les bilatérales Maroc-France (Laftit, Bourita, Mezzour, Khlie, Bensaid et Zidane...)
En marge de la visite d'État du président Emmanuel Macron au Maroc, des réunions bilatérales ont été tenues, le mardi 29 octobre, entre plusieurs ministres des deux pays. Voici l'essentiel des différents échanges.
Actualisation de la carte du Maroc, renforcement de la présence consulaire et culturelle de la France au Sahara marocain, engagement stratégique... Le point de presse qui a suivi les échanges entre les deux chefs de la diplomatie, marocain et français, a été l'occasion de réaffirmer une refondation significative du partenariat entre le Maroc et la France.
S’exprimant lors du point de presse ayant suivi ses entretiens avec son homologue français, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a souligné le "socle solide que représentent les composantes sécuritaires et migratoires dans la coopération bilatérale entre le Maroc et la France, fondée sur une vision commune des défis et des enjeux de sécurité et l’échange d’informations et d’expertises, particulièrement dans le domaine de la lutte contre le terrorisme".
Concernant les questions migratoires et conformément à la déclaration relative au "Partenariat d’exception renforcé", signée par le Roi Mohammed VI et le président Emmanuel Macron, "nos départements respectifs contribueront à la construction de l’agenda global incluant à la fois la facilitation des mobilités légales, la lutte contre l’immigration irrégulière et la coopération en matière de réadmission et de prévention des départs", a-t-il poursuivi.
Il s’agit aussi, selon Abdelouafi Laftit, du renforcement de la coordination entre les pays d’origine, de transit et de destination, sur la base du principe de la responsabilité partagée. "Conformément à la même déclaration, nous avons convenu de consolider davantage la coopération sécuritaire, identifiée comme secteur stratégique susceptible de faire l’objet d’une attention renforcée et d’un effort plus important".
Le ministre a relevé que "sur le sujet des mineurs marocains non accompagnés, le Roi Mohammed VI a donné ses instructions pour le rapatriement des MNA dûment identifiés", rappelant qu’une équipe multidisciplinaire s’était déplacée en juin 2018 en France pour assister les autorités françaises et qu’un schéma de procédure pour le retour concerté des MNA avait été signé, en décembre 2020, entre les ministères de la Justice des deux pays. À ce titre, le Maroc a préparé la logistique d’accueil appropriée à travers des centres de protection et de formation, a-t-il fait savoir.
Abdelouafi Laftit a relevé, en outre, que la question des Obligations de quitter le territoire français (OQTF) fait l’objet d’une attention particulière des deux parties, soulignant qu’elle est traitée dans le cadre de la responsabilité partagée.
"De façon globale, le Groupe migratoire mixte permanent Maroc-France, qui se réunit régulièrement, permet de traiter toutes les questions connexes de manière fluide, dépassionnée et optimale", a-t-il précisé.
Le responsable marocain a fait observer que cette rencontre a permis aussi de souligner la stratégie globale du Royaume contre le trafic de drogue et des substances psychotropes, fondée sur le triptyque lutte contre les réseaux de trafic, réduction de l’offre et renforcement de la coopération internationale. "Au niveau de la coopération bilatérale, les services de sécurité marocains et français entretiennent une coopération pérenne et privilégiée, axée sur le démantèlement de ces réseaux", a-t-il conclu.
Les moyens de renforcer la coopération culturelle et créative entre le Maroc et la France ont été au cœur des entretiens entre le ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Mohamed Mehdi Bensaid, et son homologue française, Rachida Dati.
Mohamed Mehdi Bensaid a souligné que le Maroc œuvre à introduire de nouveaux métiers liés à l'industrie des jeux électroniques, dont le chiffre d'affaires mondial avoisine les 300 milliards de dollars, jugeant "indispensable" que le Maroc se fraie une place dans ce domaine.
Le ministre a assuré que parmi les domaines de coopération entre le Maroc et la France, figure le cinéma, faisant savoir que des projets de coopération en la matière entre les deux pays verront le jour à Dakhla et à Ouarzazate.
Pour sa part, Rachida Dati a souligné l'importance de cette coopération, illustrée notamment par la signature de deux accords visant à encourager les échanges et à renforcer les secteurs des industries culturelles et créatives, notamment en matière de patrimoine, de cinéma, de livre et de jeux vidéo. "Un des projets phares de ces accords est la future Cité du gaming à Rabat, qui ambitionne de faire du Maroc un acteur clé dans le secteur des jeux vidéo," a-t-elle précisé.
Ce cadre de coopération entend mobiliser l’expertise d’institutions françaises de renom, tels que le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et l’Ecole ISART Digital, avec un soutien financier du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a-t-elle précisé.
"Nous partageons avec le Royaume la conviction que les industries créatives représentent un levier essentiel pour l’emploi, la croissance et le dynamisme de la jeunesse", a indiqué la ministre, évoquant les projets ambitieux prévus en matière de patrimoine et de francophonie, tels que la création de la Cité internationale de production cinématographique à Ouarzazate et des résidences pour les cinéastes marocains en France.
"À travers ces initiatives, nous renforçons notre engagement à promouvoir la diversité culturelle et à valoriser le dialogue" entre les deux pays, a noté Rachida Dati, réaffirmant la volonté de la France et du Maroc de construire ensemble un futur culturel commun, au service de l’innovation et de la jeunesse.
S'exprimant à l'issue d’entretiens avec la ministre française déléguée en charge de l’Énergie, Olga Givernet, en présence de la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Karim Zidane, a indiqué que "les relations de partenariat entre Rabat et Paris sont très solides", soulignant que "la France est un partenaire très important pour le Maroc".
Il a noté, à ce propos, que la France a représenté en 2023 près du tiers des investissements directs étrangers (IDE) au Maroc.
Selon le ministre, les entretiens avec Olga Givernet ont constitué l'occasion de passer en revue les potentialités énormes du Royaume en tant que partenaire stratégique du continent africain en général et de la France en particulier, notamment dans les domaines de la transition énergétique, de la décarbonation et de la reconfiguration des chaînes de valeur mondiales.
Il a également souligné que, grâce à la vision éclairée du Roi Mohammed VI, le Maroc est doté d'atouts très importants notamment dans le domaine économique, d'infrastructures de haut niveau et de ressources humaines qualifiées, outre ses capacités énergétiques indéniables, y compris l’énergie verte.
Le ministre de l'Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a indiqué, à l'occasion de ses échanges avec son homologue français, que la collaboration dans divers secteurs industriels pourrait contribuer à stimuler la croissance économique et à répondre aux défis du marché de l'emploi, tout en favorisant l'innovation et le transfert de technologie entre les deux nations. Il a souligné que cet effort vise à créer davantage d'opportunités d'emploi pour les jeunes dans les deux pays.
Rabie Khlie, directeur général de l'ONCF, a annoncé, lors de ce points de presse, que la seconde phase de la LGV reliant Kénitra à Marrakech mobilisera près de 8 milliards d'euros, avec 60% des 40 lots déjà attribués. La première phase a transporté 38,5 millions de passagers en 2019, et ce chiffre devrait atteindre 55 millions en 2024. La nouvelle ligne, qui impactera quatre régions représentant 58% de la population nationale, permettra des temps de parcours record. Alstom a remporté l'appel d'offres pour fournir des trains de dernière génération. Le projet vise à renforcer le réseau ferroviaire avant la Coupe du monde 2030.