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Dossier Cet article est issu du dossier «2e Journée nationale de l'industrie» Voir tout le sommaire
ECONOMIE

Industrie. Mohamed Bachiri plaide pour l'intégration en profondeur et une formation professionnelle plus efficace

Avec sa casquette de président du groupe Industrie Maroc affilié à la CGEM, Mohamed Bachiri nous explique, lors de cet échange réalisé dans le cadre de la Journée nationale de l'industrie, pourquoi l'intégration en profondeur de l'industrie marocaine est un enjeu majeur, et ce qui se fait dans ce sens.

Industrie. Mohamed Bachiri plaide pour l'intégration en profondeur et une formation professionnelle plus efficace
H. G.
Le 18 octobre 2024 à 17h17 | Modifié 18 octobre 2024 à 17h56

Financement, formation professionnelle et intégration en profondeur. Ce sont les trois points centraux qui méritent, selon Mohamed Bachiri, une attention particulière pour faire avancer notre secteur industriel.

Interrogé par Médias24 lors de la 2e édition de la Journée nationale de l'industrie (JNI), le président du groupe Maroc Industrie détaille l'importance d'agir sur chacun de ses points.

Généraliser la gestion déléguée de la formation professionnelle au privé à tous les secteurs industriels

"Sur le financement, il faut encore accompagner les entreprises, notamment les PME, dans leur parcours de financement pour l'acte d'investir et pour réussir leurs challenges", avance-t-il.

"Le deuxième point qui me paraît important, c'est la formation professionnelle. On a encore beaucoup de travail à faire. Je cite par exemple les instituts de formation qui ont été donnés en gestion déléguée au privé, soit au secteur automobile ou au secteur de l'aéronautique qui ont été de véritables outils de développement des compétences et qui ont permis à ces secteurs d'être ce qu'ils sont aujourd'hui", détaille-t-il.

Que demande donc la CGEM ? "Ce qu'on demande, c'est de généraliser ce modèle à tous les secteurs industriels. Si on veut avoir cette souveraineté industrielle demandée par Sa Majesté, cela passe aussi par le développement des compétences".

Mohamed Bachiri cite l'exemple de l'Institut de formation de l'automobile qu'il connaît bien pour l'avoir initié en 2011. "C'est grâce à cet établissement que l'usine de Renault est ce qu'elle est aujourd'hui. On a, à peu près, réalisé 3,2 millions d'heures de formation depuis 2011. On a eu la possibilité d'être beaucoup plus réactifs par rapport à nos besoins, d'adapter les programmes et de réagir par rapport aux urgences, etc [...] alors que, dans une configuration classique où il y a différents acteurs, il faut du temps pour décider et plus de temps pour réagir".

L'industrie, c'est la minute. Quand on est dans l'industrie, on compte la minute, on ne compte pas les heures, ni les journées, ni les années

Un temps dont ne dispose pas forcément un industriel. Comme le précise le président du groupe Maroc Industrie, "l'industrie c'est la minute. Quand on est dans l'industrie, on compte la minute, on ne compte pas les heures, ni les journées, ni les années".

"Donc c'est important que cette gestion déléguée soit généralisée aux 13 ou 14 secteurs industriels. Il faut que ces secteurs prennent en main leur formation et le financement de leur formation. Parce que ce sont eux les clients", conclut-il sur ce sujet.

L'intégration en profondeur

Sur le sujet de l'intégration en profondeur, Mohamed Bachiri nous explique que cela permettra à l'industrie marocaine de se transformer.

"Quand on dit, par exemple, que le taux d'intégration sur le secteur l'automobile est de 65%, cela veut dire que 65% des pièces qui sont montées sur le véhicule produit au Maroc sont faites par des équipementiers installés au Maroc. Aujourd'hui, il faudrait qu'on passe de cette intégration horizontale, qui concerne uniquement les opérateurs qui nous livrent la pièce, pour nous intéresser à leurs propres fournisseurs, ce que l'on appelle les fournisseurs rang 2, rang 3, qui leur livrent des matières, des produits à partir desquels ils nous produisent la pièce", explique Mohamed Bachiri.

Pour aller chercher cette intégration en profondeur, le président du groupe Maroc Industrie propose d'intégrer une mesure dans la Charte de l'investissement. "Si un investisseur marocain ou étranger veut investir au Maroc dans l'industrie, quand cet investissement dépasse un certain montant, par exemple 2 ou 3 MMDH – seuil à étudier –, il faut que les subventions que l'Etat va donner à cet investisseur soient liées à une feuille de route d'intégration locale", détaille notre interlocuteur.

"C'est comme cela qu'on va développer des tissus industriels que nous n'avons pas aujourd'hui. Et c'est comme cela qu'on va créer beaucoup plus de valeur qu'aujourd'hui", poursuit-il en prenant l'exemple des câbleurs d'automobiles.

Les câbleurs peuvent faire de l'intégration locale, des choses qu'ils peuvent faire au Maroc, mais qu'ils importent de l'étranger

"Dans une voiture, on peut trouver de 2 jusqu'à 5 kilomètres de câbles de faisceau. Dans ces câbles, il y a du cuivre. Il y a du plastique. Et aujourd'hui, les câbleurs peuvent faire de l'intégration locale, des choses qu'ils peuvent faire au Maroc, mais qu'ils importent de l'étranger. Cet exemple peut être transposé à d'autres secteurs".

À ce sujet, Mohamed Bachiri aborde une problématique connexe, celle des matières premières dites critiques.

"En industrie, on utilise un certain nombre de matières : le cobalt, le zinc, le lithium, le cuivre, etc. Quelques-unes d'entre elles existent au Maroc. Et si on a ces matières premières, il faut réfléchir à comment les extraire. Quelles sont les conditions pour que, une fois qu'on les transforme au Maroc, cela devienne compétitif ? Et comment, à partir de cette transformation, peut-on alimenter des secteurs d'activité ?", avance Mohamed Bachiri.

Notre interlocuteur nous explique qu'au niveau de la CGEM, le sujet a été pris en main. "On a créé une Task Force dans laquelle on a fait appel à des experts extérieurs, en plus des présidents des fédérations industrielles. Et on a pris deux matières critiques, le cuivre et la silice, sur lesquelles on va travailler pour voir si, en termes de business model, c'est rentable" , nous confie-t-il.

Une telle approche permettra de substituer des milliards de dirhams d'importation et d'accompagner le développement futur autour de ces matières. "C'est le moment où jamais", conclut notre interlocuteur.

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H. G.
Le 18 octobre 2024 à 17h17
SOMMAIRE DU DOSSIER
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La CGEM publie un white paper sur les enjeux de la souveraineté industrielle


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