img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
DROIT

Exclusif. Au CIRDI, le Maroc a refusé de transiger avec Al Amoudi qui réclame 2,7 MM$

Entre Corral et le Maroc, le litige approche de son dénouement. Traitée au CIRDI, cette procédure arbitrale a été clôturée le 18 juin, ouvrant la voie à la phase des délibérés. Les parties scrutent une décision attendue depuis six ans.

Exclusif. Au CIRDI, le Maroc a refusé de transiger avec Al Amoudi qui réclame 2,7 MM$
R. B.
Le 2 juillet 2024 à 16h46 | Modifié 2 juillet 2024 à 18h30

Rattachée au nom de son dirigeant, l'homme d'affaires saoudien Mohammed Al Amoudi, Corral Morocco Holding est une société suédoise connue pour être le principal actionnaire de la Samir, entité acquise auprès de l'Etat marocain (privatisation en 1997).

Aujourd'hui en liquidation, la raffinerie de Mohammédia est d'ailleurs au cœur du litige. Corral reproche au gouvernement marocain de l'avoir "expropriée". Sa défense invoque une convention bilatérale de protection des investisseurs, signée en 1990 entre le Maroc et la Suède. Le demandeur réclame un dédommagement de 2,7 milliards de dollars, apprend-on de source proche du dossier.

Ce risque financier, entre autres enjeux, rend ce dossier complexe et sensible. C'est également une affaire confidentielle. Le Maroc n'a jamais communiqué sur ce contentieux. À quelques jours d'une sentence potentiellement historique, nous avons sollicité l'éclairage d'une source proche du dossier sur la position de la partie marocaine.

Celle-ci repose essentiellement sur les efforts consentis par le Royaume au profit de la Samir, et ce, depuis sa privatisation à quelques semaines de sa mise en liquidation, actée par un jugement en mars 2016. Ces concessions, parfois lourdes, ont été confrontées à des engagements jamais tenus par le principal actionnaire qui, d'investisseur, s'est progressivement transformé en négociateur, pour rester dans les limites de la correction.

Devant le tribunal arbitral, "le Royaume du Maroc a exposé de façon claire sa position sur le dossier, en rappelant l'ensemble des ressources mobilisées et des démarches entreprises par les pouvoirs publics depuis 2002, visant à préserver et à développer l'activité de la raffinerie", affirme cette source proche du dossier.

Ces efforts ont "été maintenus en dépit de la situation précaire de la Samir", déplore notre interlocuteur, citant notamment "les facilités de crédit d'enlèvement de droits de douane et le soutien d'institutions bancaires".

"Le Royaume du Maroc a systématiquement œuvré pour assurer la pérennité de la raffinerie et a toujours accompagné cette entreprise en agissant de bonne foi".

Au CIRDI, c'est la fermeté qui prévaut à l'évocation de la position marocaine. La preuve : il n'y aura pas de tentative de règlement amiable. "Le Maroc a refusé de transiger avec Al Amoudi qui, pendant de nombreuses années, a agi en méconnaissance des intérêts de la Samir, en précipitant l'entreprise vers la faillite", révèle notre source.

En réalité, malgré les spéculations, la piste de la transaction a été écartée d'office par la défense du Royaume. "Il n'y a jamais eu de volonté" en ce sens, affirme notre source. Et pour cause ! Pour le Maroc, la situation de la Samir est surtout la conséquence de dérives de gestion imputables à ses dirigeants.

Un constat entériné par des décisions judiciaires : Al Amoudi et d'autres administrateurs sont aujourd'hui sous le coup de sanctions patrimoniales (extension de la liquidation et déchéance commerciale), en lien avec des fautes de gestion avérées. Ces dérives, à connotations parfois pénales, ont entraîné le raffineur dans sa chute. Ces faits sont documentés dans plusieurs rapports judiciaires.

"Le Maroc est victime de sa bonne foi", déplore cette source. "On a ouvert les robinets à Al Amoudi parce qu'il s'agissait d'une entreprise stratégique. En contrepartie, il s'était systématiquement engagé par écrit à remettre des fonds propres dans l'entreprise, sans jamais respecter ses engagements".

La requête de Corral au CIRDI constitue une ultime carte qui pourrait permettre à l'intéressé de soutirer davantage mais, cette fois-ci, directement aux caisses de l'Etat. Le tribunal arbitral va-t-il se ranger du côté d'Al Amoudi ? La réponse ne saurait tarder. 2,7 milliards de dollars sont en jeu.

Le CIRDI est un mécanisme d’arbitrage qui participe à la création d’un climat d’affaires favorable et d’un cadre sécurisant pour les investisseurs. C’est dans ce sens que le Maroc respecte ses engagements de manière à rassurer les investisseurs internationaux.

https://www.medias24.com/2015/11/12/samir-al-amoudi-na-pas-verse-sa-quote-part-de-laugmentation-de-capital/

Maroc. Samir: l'augmentation de capital n'est plus à l'ordre du jour

Samir: l'Etat a assoupli sa position à l'égard d'Al-Amoudi

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
R. B.
Le 2 juillet 2024 à 16h46

à lire aussi

الاتحاد الأفريقي: المغرب في موقف قوي مقابل الجزائر
Arabic Content

Article : الاتحاد الأفريقي: المغرب في موقف قوي مقابل الجزائر

على الرغم من أن الجزائر حصلت على نائب رئاسة الاتحاد الأفريقي، إلا أن المغرب هو الذي يستفيد من الوضع، مؤكدًا نفسه كقوة لا يمكن تجاهلها. تحقيق حول تأثير متزايد.

BMCE Research : Dynamique du Marché et Prime de Risque
Quoi de neuf

Article : BMCE Research : Dynamique du Marché et Prime de Risque

BMCE Research redéfinit la prime de risque actions, révélant une baisse significative et un marché en pleine mutation, soutenu par des anticipations optimistes.

Amir Rao : “AWS permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés”
gitex 2025

Article : Amir Rao : “AWS permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés”

Lors du Gitex Africa 2024, l’interview avec Amir Rao, directeur de la gestion des produits Telco chez AWS, dans le M24 Live Studio a mis en lumière les ambitions et les initiatives de l'entreprise en collaboration avec Orange pour déployer des zones AWS WaveLAN au Maroc et au Sénégal. Cette collaboration vise à renforcer l'écosystème technologique africain, à favoriser l'innovation et à répondre aux exigences réglementaires locales.

Union Africaine : Maroc en Position de Force Face à l'Algérie
NATION

Article : Union Africaine : Maroc en Position de Force Face à l'Algérie

Bien que l'Algérie ait sécurisé la vice-présidence de l'UA, c'est le Maroc qui tire son épingle du jeu, s'affirmant comme une puissance incontournable. Enquête sur une influence croissante.

Les horaires de prière à Casablanca pour le vendredi 17 avril 2026
PRIÈRES MAROC

Article : Les horaires de prière à Casablanca pour le vendredi 17 avril 2026

Voici les horaires de prière à Casablanca, la capitale économique du Maroc.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité