Aïd al-Adha 2024. Face aux fraudes, les associations de consommateurs appellent à généraliser les preuves d'achat
Engraissement illégal pratiqué par des éleveurs ou des intermédiaires mus par l'appât du gain, hausse fulgurante des prix injustifiée... Aïd al-Adha 2024 s'accompagne de son lot de problèmes, au grand dam du citoyen.
À la date du 31 mai, plus de 51 tonnes d'aliments pour animaux non conformes aux spécifications ont été détectées dans le Royaume, avait annoncé Mohammed Sadiki à la Chambre de Conseillers, un chiffre susceptible d'augmenter d'ici le 17 juin, date officielle de l'Aïd. Ces infractions, constate Ouadie Madih, président de la Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC), sont la preuve que le cheptel destiné à l'Aïd requiert une surveillance plus accrue.
Depuis 2017, année où les moutons de l'Aïd avaient posé un véritable problème avec leur carcasse de couleur verte ou grise, voire bleue, des mesures ont été prises pour prévenir ces anomalies. "Depuis ce temps-là, nous avons travaillé conjointement avec l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et avons constaté une nette réduction de ces problèmes", a affirmé Ouadie Madih dans un entretien avec Médias24.
Le président de la FNAC souligne que malgré ces progrès, certains problèmes persistent. "Il serait erroné de prétendre que tous les problèmes sont résolus. Nous pouvons affirmer que la situation s'est nettement améliorée, même si certaines personnes continuent malheureusement à utiliser des méthodes d'engraissement illégales et des aliments non conformes à la réglementation".
Pour lutter contre ces pratiques, une plateforme de réclamation a été mise en place en collaboration avec l'ONSSA pour recevoir et traiter les plaintes des consommateurs. "Les interventions des forces de sécurité, telles que la gendarmerie royale et la police nationale, ont également contribué à réduire drastiquement ces problèmes".
Concernant la traçabilité, les boucles jaunes permettent d'identifier l'éleveur, mais elles ne garantissent pas la qualité ou la chaîne de vente. "Si un éleveur vend à un intermédiaire, la chaîne de traçabilité peut se casser, compliquant la remontée jusqu'à l'origine en cas de problème. Nous insistons sur la nécessité de preuves d'achat, à l'image des grandes surfaces pour assurer une traçabilité fiable et éviter les fraudes ", poursuit Ouadie Madih.
En outre, les consommateurs se rendant aux souks remarquent cette année une hausse fulgurante du prix du mouton, exacerbée par le contexte économique actuel. "La hausse des prix n'est pas toujours justifiée, et les intermédiaires illégaux, qui profitent de la situation, sont un problème majeur que les autorités doivent éradiquer", martèle Ouadie Madih, plaidant pour que les marchés soient réglementés, "à l'exemple du souk de Laâyoune, qui répond aux attentes des consommateurs et des éleveurs".
Le président de la FNAC critique également la subvention gouvernementale de 500 dirhams par tête de mouton importé, qui n'a pas été répercutée sur les prix de vente. "Le marché doit être libre et concurrentiel, mais l'État doit intervenir pour contrôler et plafonner les prix des produits subventionnés afin de protéger les consommateurs. Nous insistons pour que des mesures soient prises pour garantir des prix justes et transparents, surtout lorsque des fonds publics sont utilisés pour subventionner ces produits", conclut-il.
Que fait l'ONSSA pour prévenir les fraudes?