Nizar Baraka, un pro-istiqlalien d’abord*
On ne peut pas faire son chemin en politique sans se faire d’ennemis. C’est même la preuve qu’on est sur la bonne voie. Les attaques subies par Nizar Baraka cette semaine crédibilisent sa candidature et lui donnent de l’épaisseur.
Nizar Baraka, rappelons-le, est candidat à la succession de Hamid Chabat comme secrétaire général du parti de Allal.
Les attaques en question viennent d’une frange du PJD. Il ne faut pas avoir peur d’appeler les choses par leur nom. Une partie du PJD exerce de la nuisance et du chahut dans le paysage politique. Elle attaque, avec l’aval explicite ou implicite de Benkirane, voire à son initiative, tout ce qui représente une menace pour lui.
Au lendemain des élections du 7 octobre, Benkirane a essayé de reconstituer la Koutla. Historiquement, la Koutla a du prestige, de la profondeur, des racines, une crédibilité. Benkirane a voulu la reconstituer avec trois partis affaiblis: USFP, PPS et Istiqlal. Il aurait été le chef de la nouvelle koutla.
L’Istiqlal est le vieux parti historique. C’est un géant de l’histoire. Un repère de la vie du Maroc. Il ne peut être la succursale d’aucun autre parti.
Chabat a été un ennemi acharné et agité de Benkirane. Les deux ont échangé des gracieusetés et des noms d’oiseaux qui ne grandissent ni la politique ni leurs auteurs. Mais après le 7 octobre, Benkirane a vu dans Chabat un allié possible.
C’est pour cela qu’il essaie, lui ou son courant, de s’immiscer dans les débats internes du Parti de l’Istiqlal et dans la succession de Chabat.
Dans des déclarations de presse, Nizar Baraka a critiqué à la fois le PJD et le gouvernement. Il ne s’exprimait pas au nom du parti et il a pris soin de préciser que s’il était élu secrétaire général, ce sont les instances qui prendront les décisions politiques. Des instances qui représenteront tous les courants. Des instances marginalisées par Chabat.
Si Chabat était réélu, Benkirane se sentirait moins seul et l’Istiqlal serait un parti affaibli. C’est pourquoi Nizar Baraka est devenu une cible. Existe-t-il un parti sérieux qui ne considèrerait pas le PJD comme un concurrent? Sommes-nous dans un contexte où critiquer Benkirane relèverait de l’outrecuidance?
Il est inadmissible qu’un autre parti essaie de peser dans les débats internes d’un autre parti et de les orienter selon ses propres intérêts. L’Istiqlal est un gros morceau que le PJD n’arrivera ni à affaiblir ni à avaler. L’histoire du Maroc est inséparable de celle de l’Istiqlal. Nizar est le vrai candidat de l’indépendance de l’Istiqlal qui n’est l’épicerie de personne. Il est le candidat de l’unité du parti et du retour aux sources.
Nizar est une cible parce qu’il est pro-istiqlalien. Avec lui, l’Istiqlal a une chance de se replacer dans la voie de Boucetta et de Allal. De redevenir ce qu’il était. De renaître. C’est pour cela qu’il dérange.
C’est pour cela que je ferai campagne pour lui.
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*Le nom a été changé. L’auteur est issu d’une famille istiqlalienne depuis trois générations. Il s’est éloigné de l’action politique, tout en restant sympathisant engagé. Il a rencontré Nizar Baraka une seule fois: au cours d’une réunion tenue par ce candidat au domicile d’un cadre istiqlalien dans une grande ville. Il a préféré garder l’anonymat mais mène à sa façon campagne pour Nizar Baraka.