Mépris de l’institution législative et refus d’être soumis au principe de la reddition des comptes
Conformément aux nouvelles dispositions de la Constitution de 2011, et pour la première fois, le président de la Cour des comptes a présenté son rapport au titre de l’année 2012 devant les deux chambres réunies.
Cette séance était très importante. En effet, elle a consisté en la mise en application de l’un des principes fondateurs de la Constitution, celui du lien entre la responsabilité et l’obligation de reddition des comptes, en offrant une opportunité sans précédent pour évaluer la gestion publique à travers l’analyse des dépenses publiques et pour en discuter les dysfonctionnements et les insuffisances, ainsi que pour étudier les propositions de mesures correctrices émises par la Cour des comptes.
L’absence du Chef du gouvernement, à cette séance, ainsi que celle de la quasi-totalité de ses membres, est pour le moins étrange. Il est en effet le responsable de la gestion publique puisqu’il exerce le pouvoir exécutif conformément à l’article 89 de la Constitution. Il est donc tenu d’écouter les observations de la Cour des comptes, ou au moins celles qui concernent sa propre gestion car cela fait partie de la reddition des comptes ainsi qu’il doit prendre note, puis suivre le débat relatif aux recommandations de la Cour des comptes pour définir les mesures et actions à prendre pour améliorer la gouvernance de la chose publique. C’est sur lui, que l’on compte pour faire cela.
En son absence, il est légitime de se demander qui va prendre les mesures pour corriger et réformer les volets de la gestion publique évoqués dans le rapport.
La réponse : personne, car le Chef du gouvernement affiche son dédain du Parlement et son refus d'être soumis à la reddition des comptes.
(Publié dans les journaux L'Opinion et Al Alam lundi 26 mai 2014)