Younes Maamar
Ingénieur. Membre du Bureau Politique du PAMMaroc-Tunisie. Ainsi parlait Sun Tzu
"L'Art de la Guerre", l'œuvre maîtresse de Sun Tzu du 5ème siècle av-JC concentre les principes de la guerre et au delà, de toute confrontation, qu'il s'agisse de négociations commerciales, de crises diplomatiques ou de guerres économiques.
Deux principes émergent de ma mémoire à la suite des récents événements dans notre région:
Premier Principe: Il faut connaître les motivations réelles de son adversaire, ce qui l'anime, y compris à son corps défendant.
Deuxième Principe: Il faut préparer "l'après" et pour cela, si l'objectif de la guerre n'est pas l'anéantissement de l'autre, alors le respecter, ne pas l'humilier, et surtout préserver l'issue de la crise pour une sortie vertueuse de toutes les parties prenantes au conflit.
Ainsi parlait Sun Tzu.
Pour ceux qui s'en souviennent, le premier pays à avoir reconnu la Mauritanie en 1960 fut la Tunisie. Mais, comme il me fut rapporté récemment par un éminent connaisseur (et acteur) de l'histoire de notre pays, le Maroc a gardé en tête le premier principe ci-dessus, que feu Bourguiba a d'ailleurs reconnu à feu Hassan II quelques années plus tard.
L'incident de Benbatouche en Tunisie est grave. La voix officielle marocaine à fait acte.
Mais la virulence de propos des anonymes des réseaux sociaux, de la presse, la course du "à qui va être plus insultant" me gêne et m'attriste. Même les fédérations sportives y mettent du leur et annulent la participation de sportifs marocains à des rencontres régionales en Tunisie. Demain, se sentant en laisse, des universitaires vont faire de même.
Dans ce type de situation, nous ne gagnons pas à être monolithiques et les partis politiques, les syndicats, les universitaires, ont le devoir, voire l'obligation de préserver leurs relais, et surtout d'œuvrer dès maintenant à la préparation de la "sortie vertueuse".
Il en va de même pour l'Algérie.
Or, alors que nos anciens connaissaient leurs homologues tunisiens et algériens pour avoir frotté ensemble les bancs d'universités françaises, et, pour les plus anciens d'entre nous, pour s'être serré les coudes dans les batailles rangées pour l'indépendance des pays du Maghreb, les nouvelles générations ne se connaissent pas.
Un précieux degré de liberté en moins qu'il est impératif de combler. Les postures moutonnières n'y aident pas.