L'horreur à nos portes
Ce qui s'est passé en Tunisie, cette prise d'otages sanguinaire, barbare, remet la question du terrorisme au centre de l'actualité. Bien sûr tout le monde dénonce, condamne, mais il faut discuter de la manière la plus appropriée pour le combattre.
La Tunisie est la victime la plus visible de l'éclatement de l'Etat libyen, si l'on peut considérer que l'ancienne Jamahirya était un Etat. Le déferlement des armes, généreusement distribuées par la France, lors de l'insurrection, aiguise les dangers.
La bêtise de l'opéation "Serval", qui a sauvé Bamako, mais renvoyé les groupes extrémistes plus au nord et fait de cette région une région plus attractive pour les jihadistes, friands de combats contre les occidentaux, est aussi à prendre en considération. Mais la Tunisie est aussi une cible, parce qu'elle a choisi la voie de la démocratie, la liberté de conscience, et la défense des acquis des femmes. Tous ces choix sont honnis par les extrémistes.
Le terrorisme n'est pas à comprendre. Il est à combattre. Parce qu'il est transnational, l'efficacité nécessite une coopération internationale, ou tout au moins régionale.
Ce n'est pas par prisme anti-algérien que je le dis, mais la position d'Alger est incompréhensible. Ce qui est considéré comme un terrorisme résiduel par rapport aux "années noires" n'est pas si résiduel, il est indubitable, que la coopération entre les quatre pays d'Afrique du nord, est la seule apte à réduire les menaces venant du Sahel et de la Libye. Alger ne veut pas en entendre parler.
Le pire c'est que des Marocains cherchant à rejoindre le GSPC ont été remis aux autorités marocaines, comme candidats à l'émigration clandestine. Ils ont pu passer entre les filets et ont été arrêtés ensuite dans le cadre des cellules démantelées. En attendant, le peuple tunisien doit avoir notre solidarité agissante d'abord en y allant en vacances.