La mobilité à l’ère de l’économie du partage
Imaginez-vous vous déplacer à Casablanca avec seulement 1/10e des véhicules actuellement en circulation. Imaginez-vous vous promener dans les rues de la ville avec 10 fois moins de pollution et de bruit de voitures. C’est la promesse de deux révolutions, une technologique et l’autre sociale.
Où en sommes-nous aujourd’hui? L’Afrique est la région du monde qui s’urbanise le plus rapidement, et Casablanca en est un bel exemple avec un doublement de la superficie prévu d’ici à 2025. S’il est indéniable que l’urbanisation a de nombreux avantages en termes d’efficacité, notamment d’accès à différents services et opportunités (éducation, santé, logement, etc.), nos modèles actuels de développement urbain créent aussi de nombreux problèmes, dont une mobilité infernale. L’air est pollué, les routes sont surchargées, les places de parking sont impossibles à trouver…
Mais aujourd’hui, nous ne sommes plus condamnés à accepter ces problèmes qui empirent au quotidien. Les révolutions du digital et de l’économie du partage nous proposent des alternatives à la fois économiques et écologiques.
La révolution digitale a totalement connecté notre monde. Non seulement les individus entre eux, mais aussi les objets. Une voiture et son chauffeur sont maintenant connectés: ils produisent et reçoivent en permanence des données pour orienter leurs usages.
La révolution de l’économie du partage réoriente les attentes des consommateurs, et donc leurs habitudes d’achats, d’une logique de propriété à une logique d’usage. Je n’ai donc plus besoin d’être propriétaire exclusif d’une perceuse que je n’utilise qu’une fois par an, si je peux simplement en être le locataire au moment où j’en ai besoin.
Lorsque l’on sait que 80% des véhicules roulent avec une seule personne à bord et que l’usage moyen d’un véhicule personnel tourne autour de 5%, l’opportunité que représente un consommateur connecté dans une économie de partage est claire. Le covoiturage, l’auto-partage et la logistique collaborative ont déjà fait leurs preuves aux Etats Unis.
Une étude conduite par l’université de Berkeley en Californie a démontré qu’une voiture partagée remplace entre 9 et 13 voitures et permet une réduction entre 27% et 43% du nombre total de kilomètres parcourus!
Cette opportunité, ils l’ont aussi bien comprise en Europe. Les ventes d’automobiles stagnent et les nouveaux modes de déplacement multimodaux alternatifs séduisent. D’après une étude de PwC, les start-up européennes spécialisées dans le transport collaboratif réalisent les meilleures performances avec des revenus de 1,7 milliard d’euros.
En France plus particulièrement, leader européen du secteur, certaines de ces start-up connaissent un grand succès: BlaBlaCar ou Karos pour le covoiturage, Drivy ou Koolicar pour l’auto-partage entre particuliers, et You2You pour la livraison collaborative.
Et au Maroc? Le programme #DataCity, lancé par NUMA Casablanca, accélérateur de start-up et d’innovation, cherche actuellement à mobiliser l’écosystème entrepreneurial avec des partenaires comme Michelin et RATP Dev pour créer nos propres success stories dans le domaine de la mobilité.
Appel à projets en cours jusqu’au 12/03/2017: http://bit.ly/DataCityCasablanca