Femmes: le combat de toutes les sociétés
J’ai participé à la manifestation de Rabat, j’ai été pour toutes les manifs pour la cause de la femme, par conviction. A mon avis, il ne fallait pas en faire une manifestation contre le chef du gouvernement. Non pas que je suis un fan de l’homme, mais parce que la cause le dépasse. Il n’est là que pour un temps, que l’on peut trouver trop long, mais il est limité.
De même, je ne fais pas l’hypocrite, j’ai des réserves sur la discrimination positive en politique. Elle a créé des situations de rente, mais n’a eu aucun impact, sur la participation de la femme à l’action partisane. Pire, celle-ci a régressé durant la dernière décennie.
Par contre, nos associations féministes mènent des combats formidables, et souvent, elles sont seules, parce que nos partis ne s’engagent pas sur les questions sociétales.
Ainsi en est-il de la bataille des petites bonnes. La proposition de loi de Khadija Rouissi, est en fait l’œuvre de ces associations. Le Maroc du siècle qu’on vit, ne peut plus se permettre de légaliser cette forme d’esclavage.
Les petites filles doivent aller à l’école, pas faire le ménage chez des familles. Les parlementaires traînent le pas et il faut leur mettre la pression, parce qu’ils sont tout à fait capables d’enterrer ce texte.
De même que le combat contre le mariage des mineures est fondamental. Les juges abusent de la liberté qui leur a été accordée par le texte de 2004. Des milliers de petites filles sont mariées chaque année. Il faut une interdiction absolue du mariage avant la majorité.
Au delà, il y a tous les aspects des droits de la femme. Peut-on se résoudre à accepter que chaque hiver des femmes, des marocaines, meurent à l’accouchement parce que l’hôpital est trop loin et que les routes sont coupées? Peut-on rester insensible à la question des veuves sans aucune ressource?
La cause des femmes n’est pas l’apanage des féministes. C’est un vrai clivage, non pas entre les modernistes et les conservateurs, mais entre la rationalité et le reste.
Aucune société ne peut avancer en se privant de la moitié de son potentiel. C’est aussi simple que cela,. Mais le poids de la culture, des traditions est prégnant. Je le concède volontiers. La déferlante islamiste nous ramène en arrière, mais j’ai l’imprudence de croire que ce n’est que conjoncturel.
Le sens de l’histoire, c’est l’égalité parfaite. Par leur courage, au quotidien, nos filles, nos sœurs, nos femmes, nos mères y arriveront. Elles sont magnifiques et je les aime.
PS/ Un groupe parlementaire soutient que le travail des petites bonnes fait vivre des familles. Abject!