En toute subjectivité (à propos de La Gazelle d’Or)
Relevé dans le magazine Vanity Fair, paru en kiosque à Paris, lundi dernier :
"Robert Badinter, grand juriste et ancien ministre de la Justice, assure qu’il aurait aimé décortiquer et plaider le dossier de La Gazelle d’or mais, au Maroc, il est impuissant. L’hôtelière fait alors appel à un avocat d’affaires du prestigieux cabinet August & Debouzy, Kami Haeri.
"Jamais une telle revendication ne tiendrait devant une juridiction française, explique celui-ci. La prescription jouerait. On ne peut pas tout remettre en cause après trente-trois ans, sur une simple irrégularité formelle, alors que Mme Bennis est connue comme gestionnaire et directrice de La Gazelle d’or, que M. Kamal Adham a été dûment convoqué à toutes les AG, sans jamais remettre en cause les documents où elle figure en tant qu’actionnaire majoritaire. Il n’a jamais rien contesté de son vivant. Aujourd’hui, il y a de quoi être inquiet pour la stabilité du droit des affaires au Maroc."
En effet, il y a lieu d’être plus qu’inquiet à propos du respect du droit, dans notre pays. On ne dépouille pas une personne, Ghita Bennis en l’occurrence, de 80% des actions d’un hôtel prestigieux qu’elle a ciselé de ses mains, pour en faire le joyau qu’il est devenu, après trente trois ans, pour une irrégularité de transmission de quatre actions, commise en 1982 et légalement prescrite au bout de 3 ans.
Faut-il vraiment que notre pays acquière une réputation de plus en plus bien ancrée de champion du déni de justice?