1,5 MMDH d'investissement et 25.000 emplois : de nouveaux détails sur le projet de pôle d'offshoring à Sidi Othmane
L’arrondissement de Sidi Othmane à Casablanca s’apprête à accueillir un pôle d’offshoring qui sera construit au niveau de la zone d’El Hantate. Un projet ambitieux qui tirera la zone vers le haut en termes d’infrastructures et permettra d’atténuer les disparités territoriales entre les arrondissements de la métropole. Détails inédits.
L’annonce de ce nouveau projet a été faite le lundi 17 février par Nabila Rmili, lors de la session ordinaire du Conseil de la ville. La maire de Casablanca l’a décrit comme "un projet similaire à Casa Nearshore de Aïn Chock" en termes d’activité, et à celui de CFC en termes d’infrastructures et de hauteur des bâtiments.
Contacté par Médias24, Houcine Nasrollah, vice-président du conseil chargé de l’urbanisme, nous donne plus de détails sur le projet.
La première phase porte sur un terrain de 6,5 hectares
"Il s’agit globalement d’un terrain d’une superficie de plus de 100 ha qui appartient à la commune de Casablanca. Ce terrain est mitoyen à un autre des domaines où se trouve actuellement le terrain de Tessema et le marché de gros, notamment. La superficie de ces deux terrains réunis s’élève à environ 260 ha", nous explique Houcine Nasrollah, soulignant que "c'est une vision future qui n’est donc pas immédiate", et qui se déploiera en plusieurs étapes.
"La première phase du projet se concentre d’abord sur un périmètre de 150 hectares, incluant notamment le terrain de Tessema où sera implantée une cité sportive, avec un village dédié aux activités sportives. En parallèle, une reconversion des abattoirs y est envisagée, après leur délocalisation".
Cependant, avant de concrétiser cette vision à grande échelle, une initiative intermédiaire a été définie pour valoriser une portion stratégique du site. "Il s’agit d’un terrain de 6,5 hectares, situé dans une zone connue sous le nom d’El Hantate", qui a été identifiée pour une valorisation immédiate, selon notre interlocuteur.
Il s'agit, selon nos recherches, d'une partie du terrain vague derrière le stade de Tessema et le marché de gros.
Ce terrain, doté de quelques boutiques construites il y a plusieurs années, à ce jour fermées et inexploitables, représente une opportunité de développement économique et social. Les documents d’urbanisme attribuent à cette zone "un potentiel de construction en R+6, R+7 et plus, exclusivement destiné à des activités professionnelles, et non résidentielles", d'après Houcine Nasrollah.
"Deux objectifs principaux motivent cette valorisation : d’abord la génération des fonds, à travers la location des 6,5 ha en question, pour financer une partie du projet global, puis la création d’un projet générateur d’emplois, afin de dynamiser le tissu économique local de l’arrondissement".
Un projet d'offshoring en gestation
L’option retenue pour cette valorisation repose "sur le développement d’un pôle d’offshoring, porté par la filiale de la CDG, Ewane".
"Nous avons convenu avec Ewane ce qui suit : la conclusion d’un contrat de location de ces 6,5 ha pour la réalisation d’un projet exclusivement dédié à l’offshoring, capable de générer jusqu’à 25.000 emplois".
"Il s’agit d’un contrat de location établi pour une période de 10 ans, voire 12 ans au maximum, avec un loyer annuel de 5 millions de dirhams (MDH). En contrepartie, Ewane s’engage à acquérir progressivement ces terrains par tranches".
Notre interlocuteur précise par ailleurs que la commune n'a pas acté la cession. "Une fois la convention de location signée, l’entreprise commencera par développer 1,5 ha, afin d’y implanter plusieurs unités dédiées à l’offshoring, avant de passer à l'acquisition plus tard".
Un investissement de 1,5 MMDH
Ce projet, qui se réalisera progressivement, représente, selon Houcine Nasrollah, un investissement global avoisinant les 1,5 milliard de dirhams (MMDH), comprenant le terrain, les frais d’architecture et de construction.
Avec 140.000 m² de surfaces couvertes, ce projet ambitionne de transformer la zone et de valoriser le quartier. Nabila Rmili a pour sa part souligné que ce projet permettra de générer des revenus annuels d'environ 20 MDH à la commune, à travers les taxes professionnelles et de services communaux.
L’impact de ce projet dépasse par ailleurs le simple cadre économique. Il s’inscrit dans une volonté d’atténuer les disparités territoriales entre les différents arrondissements de Casablanca. En permettant l’émergence de constructions en R+7 et R+10 dans cette zone, à l’image de celles observées à Sidi Belyout, ce projet contribuera à une redistribution plus équilibrée des infrastructures modernes.
Démarrage imminent de la réalisation du projet
Le lancement de la première tranche du projet est imminent, conclut notre interlocuteur, et la dynamique de développement suivra une progression soutenue.
Plusieurs documents relatifs à ce projet ont d’ailleurs été examinés et votés par le Conseil de la ville, lundi dernier, notamment :
- La valeur locative du terrain objet du contrat de location, fixée par la commission administrative d’expertise ;
- Le projet de cahier des charges relatif à la location de ce terrain de 6,5 ha ;
- Le contrat de location de ce terrain.
