À fin septembre 2024, les IDE chinois au Maroc bondissent de 150% par rapport à toute l’année 2023
Les relations économiques entre le Maroc et la Chine se sont affirmées de manière notable au cours des dernières années, faisant de celle-ci le troisième partenaire commercial du Royaume et son deuxième fournisseur en 2023. Les données du commerce extérieur, celles des IDE chinois et les récentes implantations d’entreprises chinoises au Maroc reflètent pleinement cette dynamique.
La Chine occupe une place de plus en plus importante dans le paysage économique du Maroc. En l’espace de deux décennies, elle est passée du statut de fournisseur émergent à celui de deuxième fournisseur du Royaume, et de troisième partenaire commercial global en 2023.
Son influence s’étend bien au-delà des échanges commerciaux : les entreprises chinoises investissent massivement au Maroc, dans des secteurs stratégiques tels que l’automobile, les batteries électriques et l’industrie manufacturière, tandis que les IDE chinois affichent une croissance significative.
Dans ce sens, nous analysons trois dimensions majeures de cette transformation, à savoir les échanges commerciaux, les IDE chinois et l’implantation des entreprises chinoises au Maroc.
Échanges commerciaux : une progression spectaculaire
L’analyse des données relatives aux échanges commerciaux marocains sur la période 2000-2024 met en évidence une progression spectaculaire des flux avec la Chine, qui s’est imposée comme le troisième partenaire commercial du Maroc en 2023.

L’analyse des données relatives aux importations marocaines sur la période 2000-2024 révèle une tendance haussière continue des importations en provenance de la Chine depuis le début des années 2000.
Contrairement aux flux commerciaux avec d’autres partenaires historiques du Royaume, tels que la France, l’Espagne ou les États-Unis, les importations chinoises n’ont pas connu de ralentissement, même au plus fort de la pandémie du Covid-19. Alors que le commerce mondial subissait de fortes perturbations, les exportations chinoises vers le Maroc sont restées soutenues.

À fin 2023, la Chine s’est hissée au rang de deuxième fournisseur du Maroc, surpassant la France et se positionnant juste derrière l’Espagne. Le volume des importations en provenance de Pékin s’est établi à 76,02 MMDH, dépassant ainsi celles en provenance de la France, qui se sont élevées à 75,6 MMDH. Entre 2010 et 2023, ces importations ont enregistré une progression remarquable de 204,2%.
L’année 2024 vient confirmer cette tendance. Les données de l’Office des changes, arrêtées à fin septembre 2024, révèlent un écart encore plus marqué entre les importations chinoises et françaises : 65,2 MMDH pour la Chine, contre 53,2 MMDH pour la France.
→ Des exportations soutenues malgré des fluctuations

Si les exportations marocaines vers la Chine restent modestes en comparaison des importations, elles affichent néanmoins une croissance significative depuis le début des années 2000. La dynamique exportatrice marocaine à destination du marché chinois suit une tendance haussière, marquée par plusieurs phases d’accélération et des ajustements conjoncturels.
En 2023, les exportations marocaines vers la Chine ont atteint environ 7 MMDHL'évolution des exportations marocaines vers la Chine s’explique principalement par la demande croissante en phosphates et dérivés, secteur stratégique où le Maroc détient une position dominante à l’échelle mondiale.
L’essor des entreprises chinoises au Maroc
Dans le cadre de l’initiative "Belt and Road", l’implantation des entreprises chinoises au Maroc s’accélère. Plusieurs groupes investissent massivement dans des secteurs stratégiques tels que les batteries électriques et l’industrie manufacturière, parmi lesquels :
Le groupe Hailiang, spécialiste des composants en cuivre pour batteries, et Shinzoom, troisième producteur chinois d’anodes pour batteries lithium, investissent ensemble 910 millions de dollars dans la Cité Mohammed VI Tanger Tech. Hailiang déploie 450 millions de dollars pour une usine sur 30 hectares, tandis que Shinzoom consacre 460 millions de dollars à une unité sur 20 hectares, marquant une étape clé dans l’émergence d’un écosystème marocain dédié aux batteries électriques.
Dans le même secteur, BTR New Material, leader mondial des composants de batteries, engage 3 MMDH pour une usine de cathodes dans la même zone industrielle, avec une capacité annuelle de 50.000 tonnes et la création de 2.500 emplois.
Parallèlement, le fabricant Qingdao Sentury Tire investit 296,8 millions de dollars dans une usine de pneumatiques à Tanger, avec une production annuelle de 6 millions de pneus destinée à l’Union européenne, l’Afrique et les États-Unis.
Les IDE chinois au Maroc : une ascension fulgurante en 2024
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