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Stationnement à Casablanca : voici les contours du cahier des charges, selon Houcine Nasrollah

Le dossier de stationnement à Casablanca continue de faire débat. Le projet de cahier des charges relatif à l’exploitation du domaine public pour le gardiennage, qui devait être voté ce lundi 17 février en session ordinaire du Conseil de la ville, a finalement été reporté. Contacté par Médias24, Houcine Nasrollah, vice-président chargé du dossier, nous explique les raisons derrière ce report et revient sur les principaux changements qui seront opérés dans ce secteur.

Stationnement à Casablanca : voici les contours du cahier des charges, selon Houcine Nasrollah
Une décision qui va mettre un début d'ordre dans une anarchie qui dure depuis des décennies.
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Le 19 février 2025 à 17h03 | Modifié 19 février 2025 à 17h11

Adopté en commission de l’urbanisme du Conseil de la ville de Casablanca le jeudi 13 février, le vote du cahier des charges relatif à l’exploitation du domaine public pour le gardiennage a finalement été reporté au cours de la session ordinaire tenue lundi, à la demande des élus. La maire de la ville, Nabila Rmili, a annoncé son report pour permettre au conseil de l’examiner en profondeur.

Joint par nos soins, Houcine Nasrollah, vice-président du conseil chargé du dossier et président de la commission dédiée au stationnement à Casablanca, revient sur les raisons de ce report.

Une concertation élargie avec les présidents d’arrondissements est en cours

Selon lui, "rien ne bloque ce projet". Les discussions, qui ont démarré il y a quelques semaines, se poursuivent. "Il s'agit simplement d'élargir le périmètre de concertation pour inclure davantage d'acteurs", nous explique Houcine Nasrollah.

"Les discussions ont d'abord démarré avec les associations représentant les gardiens de voitures, avant d'être élargies aux partis politiques. Le projet de cahier des charges a ensuite été transmis aux présidents de groupes au sein du conseil. Parmi ces derniers, il existe des présidents d'arrondissements qui ont demandé un élargissement de la concertation à l'ensemble des présidents d'arrondissements de la ville. Ce point sera donc inscrit à l'ordre du jour de l’une des prochaines sessions du conseil".

L'étape suivante du processus impliquera donc "la consultation des présidents d'arrondissements ainsi que de certains services externes directement concernés", ajoute notre interlocuteur.

Un cahier des charges strict pour encadrer l'activité

"L'une des avancées majeures de ce projet réside", d’après Houcine Nasrollah, "dans l'élaboration d'un cahier des charges, un document qui n'existait pas auparavant. Celui-ci fixe les conditions requises pour l'obtention d'une autorisation, ainsi que les règles à respecter une fois l'autorisation délivrée".

"L'objectif principal est de mieux encadrer cette activité, tout en prenant en compte sa dimension sociale". Il est en effet inconcevable d'interdire du jour au lendemain l'activité aux gardiens de voitures réglementés.

"De plus, un rapport de la Cour des comptes avait recommandé de définir les critères permettant de qualifier une situation de ‘cas social’. Nous avons identifié quelques catégories, notamment les veuves, les personnes en situation de handicap et les chômeurs de longue durée…".

Des voix se sont toutefois élevées au sujet du casier judiciaire, l’une des conditions initialement exigées par la maire de la ville lorsqu’elle avait interdit, en début d’année, le renouvellement ou l’octroi de nouvelles autorisations de gardiennage.

"Concernant le casier judiciaire, deux visions s'opposaient : certains plaidaient pour l'exigence d'un casier vierge, tandis que d'autres y voyaient une opportunité de réinsertion pour des individus ayant des antécédents judiciaires. La décision finale a été de ne pas exiger un casier judiciaire vierge", nous confie le vice-président du conseil chargé du dossier.

Les principales mesures du nouveau dispositif en préparation

Houcine Nasrollah est également revenu, pour Médias24, sur les principales mesures qui seront exigées par ce nouveau dispositif, que l’on peut résumer comme suit :

  • Superficie maximale autorisée : la longueur maximale d'un espace de stationnement sous gestion d'un gardien a été fixée à 70 mètres linéaires d'un seul côté de la rue, contre 300 à 500 mètres des deux côtés auparavant.
  • Tenue et identification : une tenue unique sera imposée aux gardiens, dont le modèle sera défini par la commune de Casablanca, en concertation avec plusieurs services concernés, notamment les services de sécurité pour éviter toute confusion avec les uniformes officiels. Chaque gardien devra également porter un badge avec son nom, son prénom, son numéro d'autorisation et la rue concernée, ainsi qu'une photo.
  • Marquage au sol : le numéro d'autorisation du gardien sera inscrit sur le trottoir afin de garantir une transparence totale. C’est ce même numéro qui doit figurer sur le badge du gardien.
  • Bon comportement avec les usagers : le dispositif de réclamation via la plateforme "Chikaya" sera maintenu. Par ailleurs, en cas de plaintes, après deux avertissements, la troisième plainte entraîne automatiquement le retrait de l'autorisation.
  • Exclusion de certains profils : toute personne appartenant à la famille d'un fonctionnaire ou d'un élu ne pourra pas obtenir d'autorisation.

"40 familles à Casablanca détiennent 160 autorisations"

Notre interlocuteur précise que ces mesures interviennent pour mettre fin à l’anarchie dans ce secteur, qui n’a que trop duré.

"À Casablanca, 40 familles détenaient à elles seules 160 autorisations", déplore Houcine Nasrollah. "Certaines personnes possédaient jusqu'à trois ou quatre autorisations, et même des propriétaires de sociétés en bénéficiaient".

La commune a également relevé des entités ayant soumissionné à des marchés de la ville qui détenaient des autorisations de gardiennage.

"Cette situation a été stoppée. Actuellement, aucun gardien de voitures dans la métropole ne dispose d'une autorisation officielle. Les citoyens doivent par ailleurs aussi jouer leur rôle. Par exemple, sur le boulevard de Aïn Diab, où le stationnement est officiellement gratuit, des automobilistes continuent de payer pour éviter des conflits".

"Le contrat de gestion des horodateurs avec Casa Baia sera révisé"

Depuis sa création, c’est Casa Baia qui gère les horodateurs à Casablanca. La commune se dit toutefois insatisfaite des résultats de la SDL, cette dernière ne remplissant pas pleinement ses objectifs dans ce domaine. "Le contrat liant la ville à Casa Baia pour la gestion du stationnement sera donc révisé", fait savoir notre source.

Le Plan directeur du stationnement (PDS), voté par l’ancien bureau du Conseil de la ville, "prévoyait initialement 45.000 places ouvertes sous horodateurs, soit à peine 6% de la capacité de stationnement à Casablanca, mais seulement 15.000 ont été mises en place à ce jour. On est donc à seulement 2% puisque Casablanca compte environ 800.000 places de stationnement".

"L'objectif est donc, d'abord, de réguler ce flux avant d'envisager une extension du dispositif".

"Le PDS sera actualisé, un projet de convention en gestation"

Houcine Nasrollah nous confie aussi que "ce PDS sera actualisé. Un projet de convention est d’ailleurs en préparation pour une adoption lors des prochaines sessions de la ville. Cette convention devrait permettre de concrétiser les objectifs du PDS, notamment la mise en place effective des 45.000 places planifiées".

"Avec ces mesures, la ville ambitionne non seulement de réguler le stationnement et de fluidifier la circulation, mais également d'apporter plus de transparence et de justice sociale dans l'attribution des autorisations aux gardiens de voitures. Si l'on peut, en parallèle, accroître les ressources de la ville, ce serait une bonne chose", conclut notre source.

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Le 19 février 2025 à 17h03

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