La France ouvrira-t-elle un consulat au Sahara marocain ? Voici la réponse de Dati
En marge de la cérémonie de signature de plusieurs conventions entre les organismes culturels des deux pays, Médias24 a interrogé la ministre de la Culture sur l’éventuelle ouverture d’un consulat français à Laâyoune ou Dakhla et sur la nature des archives qui seront restituées au Maroc. Tout en insistant sur le fait qu’elle ne dirige pas le Quai d’Orsay, Rachida Dati n’a pas exclu la possibilité que la France ouvre à terme une huitième antenne consulaire dans les provinces du Sud.
À l’occasion de la conférence de presse, tenue ce mardi 18 février au siège du ministère de la Culture, la responsable du département de la rue de Valois est revenue sur sa visite officielle dans les provinces du Sud en soulignant que ce voyage constitue "une première historique" pour un ministre français.
Rappelant sa proximité et son lien familial avec le Maroc, Rachida Dati s’est dite très impressionnée par le développement et l’attractivité des villes de Tarfaya, Dakhla et de Laâyoune qu’elle a visitées la veille, avant de nous répondre sur les prochaines étapes du rapprochement franco-marocain après la reconnaissance en juillet dernier de leur marocanité par le président français Emmanuel Macron.
"Cupidon n’a jamais quitté le Maroc"
"Maintenant que Cupidon est de retour entre le Maroc et la France, peut-on imaginer l’ouverture à court terme d’un consulat français à Dakhla ou à Laâyoune qui en accueillent déjà une trentaine ?" .
Si tout autre responsable politique aurait certainement botté en touche ou refusé d’y répondre, Rachida Dati a, dans un premier temps, affirmé que cette question ne relevait pas de ses attributions avant d’ajouter que, si dans toutes les histoires d’amour il y a toujours des hauts et des bas, le dieu de l’amour Cupidon n’est pas de retour au Maroc, car en réalité, il n’en est jamais parti.
L’implantation croissante d’entreprises françaises dans les provinces du Sud pourrait préparer le terrain à l’ouverture d’un consulat
Après avoir rappelé que la signature récente d’accords pour que les épreuves du baccalauréat et du brevet puissent se dérouler à Dakhla et à Laâyoune est un signe important du rapprochement entre les deux pays, Rachida Dati a affirmé que les choses sont appelées à se développer d'elles-mêmes.
"S’il ne vous a pas échappé que je ne suis pas ministre des Affaires étrangères, l’ouverture d’une antenne s’impose le plus souvent avec le développement de bassins de populations qui génère des besoins consulaires. Pour l’instant, ce n’est pas le cas pour la France mais, à terme, Cupidon devrait faire son œuvre", prédit la ministre qui, en d'autres termes, n’exclut pas cette éventualité ultérieurement en raison des nombreuses futures implantations de sociétés françaises qui brasseront certainement des milliers d’expatriés.
Des cartes françaises pour conforter l’intégrité territoriale du Maroc ?
Sachant que nombre d’observateurs spéculent sur la nature des archives que la France va remettre au Maroc, et que leur publication pourrait conforter sa souveraineté sur le Sahara marocain, nous avons interrogé la ministre sur le contenu de ces documents pour savoir s’il s’agit de cartes géographiques à l’appui de son intégrité territoriale.
Et de confirmer que, quelle que soit l’histoire commune ou la mémoire collective du Maroc et de la France, ces échanges de documents, qui comporteront des cartes géographiques du territoire marocain (avant et pendant le Protectorat), se feront en toute transparence et sans confrontation.
"Une restitution sans aucun enjeu"
"Les archives que vous évoquez seront bientôt remises au Maroc, car nous n’avons aucune difficulté à le faire et parce qu’il n’y a en réalité aucun sujet ou enjeu de taille qui soit lié à leur restitution", estime Rachida Dati en tenant à préciser que les relations entre les deux pays sont plus qu’apaisées, avec une coopération permanente qui ne souffre d’aucun désaccord profond sur le passé commun.
Actualité oblige, la ministre laisse certainement entendre que ce n’est pas le cas avec le voisin de l’Est qui ne cesse d’exiger que la France lui restitue des documents, des objets ou des ossements humains nécessaires au narratif révolutionnaire que s’est construit le régime algérien pour cultiver sa rente mémorielle.