Le Maroc compte 3.067 anciens détenus pour terrorisme
Le Maroc compte actuellement 3.067 anciens détenus pour des affaires liées au terrorisme et au radicalisme religieux, dont une partie est constituée par des individus ayant combattu en Syrie et en Irak. Détails.
Ces statistiques ont été dévoilées par Boubker Sabik, porte-parole du pôle DGSN-DGST, lors de sa participation le dimanche 9 février à une rencontre organisée par le Conseil supérieur des Oulémas.
Selon le responsable sécuritaire, sur les 3.067 individus ayant été condamnés pour terrorisme, 168 sont d’anciens combattants en Syrie et en Irak, sachant que la législation nationale interdit aux Marocains de se rendre dans les zones de conflits et d'y combattre.
Pour Boubker Sabik, la réinsertion de cette catégorie d’anciens détenus pose un "grand défi" au Maroc, surtout avec la crainte de la récidive. Le responsable sécuritaire cite dans ce sens le cas du terroriste récidiviste qui avait pris part au crime commis en décembre 2018 à Imlil, coûtant la vie à deux jeunes touristes scandinaves.
Plus loin dans le temps, Abdellatif Amrine avait été arrêté une deuxième fois en tant que membre de la cellule ayant commis les attentats du 11 mars 2007 à Casablanca. Kamikaze réserviste des attentats du 16 mai 2003, il avait été condamné à 30 ans de réclusion avant de bénéficier d'une grâce royale pour raisons humanitaires (il était atteint d'un grave cancer) et de récidiver.
Boubker Sabik a évoqué un autre nouveau phénomène qui pourrait générer de nombreux problèmes : ceux que l’on surnomme "Achbal Al Khilafa" (Les lionceaux du califat), une nouvelle génération de combattants mineurs marocains en Syrie. Ces combattants ont reçu une formation militaire et ont surtout été préparés à mener des attentats kamikazes.
Le responsable sécuritaire a révélé que 382 d’entre ces combattants se trouvent actuellement dans les prisons syriennes.