Face à de multiples défis, l’économie marocaine fait preuve de résilience (DEPF)
Croissance, inflation, échanges extérieurs, investissements directs étrangers... La note de conjoncture de janvier 2025, publiée par la Direction des études et prévisions financières (DEPF), offre une analyse approfondie des principaux indicateurs macroéconomiques du Maroc. Au-delà des chiffres, elle met également en lumière les facteurs structurels qui influencent l’évolution de la conjoncture. Détails.
La dernière note de conjoncture publiée par la DEPF propose une analyse des dynamiques récentes de l’économie marocaine, ainsi que de ses perspectives à court et moyen terme.
Voici les principaux points à retenir :
L'économie marocaine a poursuivi sa reprise en 2024, soutenue par une amélioration des indicateurs macroéconomiques, bien que certains déséquilibres persistent. La croissance a été stimulée par la bonne performance des secteurs secondaire et tertiaire, tandis que l’agriculture, bien qu’en progression, reste sous contrainte hydrique.
⇒ Un secteur primaire en amélioration, mais toujours vulnérable
Le secteur agricole bénéficie d’une légère amélioration des ressources en eau. Le taux de remplissage des barrages atteint 28% au 17 janvier 2025, enregistrant une hausse de 5 points sur un an. Cette progression est due aux précipitations survenues à partir de septembre 2024.
Les exportations agricoles et agroalimentaires affichent une croissance de 3,1% à fin novembre 2024, portées par la hausse des exportations des produits de l’agriculture et de la sylviculture (22,6%). La pêche côtière progresse en valeur de 5,7% à fin 2024, bien que son volume affiche une baisse de 1%.
⇒ Un secteur secondaire en plein essor
L’industrie a consolidé son rôle moteur dans l’économie nationale. La valeur ajoutée manufacturière progresse de 4,2% à fin septembre, avec des performances notables dans plusieurs secteurs clés. L’automobile enregistre une croissance de 6,7%, avec 145,9 MMDH d’exportations. L’aéronautique connaît une expansion de 16,9%, tandis que la production de phosphates affiche une forte hausse de 24,5% à fin novembre.
Le secteur du BTP renoue avec la croissance, avec une valeur ajoutée en augmentation de 7,6% au T3 et des ventes de ciment en hausse de 9,4% à fin 2024. L'énergie électrique voit sa production progresser de 2,4%.
⇒ Un secteur tertiaire dynamique, porté par le tourisme et les services
Le secteur tertiaire poursuit sa consolidation, en particulier grâce à la forte reprise du tourisme. Le nombre d’arrivées de touristes atteint 17,4 millions à fin 2024, soit une progression de 20%, générant 104,5 MMDH de recettes voyages. Le transport aérien progresse de 19,7% en nombre de passagers, tandis que le trafic portuaire affiche une augmentation de 15,8%.
Le secteur des télécommunications continue d’être porteur, avec un parc internet de 42,1 millions d'abonnés (6,5 %) et un taux de pénétration de 112,7%.
⇒ Une demande intérieure robuste
La consommation des ménages reste dynamique, soutenue par une inflation en nette décélération, qui s’établit à 0,9% en 2024, contre 6,1% en 2023. Les transferts des Marocains résidant à l'étranger progressent de 2,8%, et le crédit à la consommation affiche une hausse de 1,4%.
L'investissement demeure soutenu avec une hausse des IDE de 30,1%, une augmentation des importations de biens d’équipement de 12,1%, et une progression des dépenses publiques d'investissement de 6%.
⇒ Une balance commerciale sous pression
Les exportations marocaines augmentent de 5,2% à fin novembre, tirées par les secteurs stratégiques, mais les importations croissent plus rapidement (5,7%), creusant le déficit commercial à 275,7 MMDH. Le taux de couverture des importations par les exportations se stabilise à 60%, tandis que les avoirs officiels de réserve couvrent 5 mois et 5 jours d'importations.
⇒ Une amélioration des finances publiques
Le déficit budgétaire poursuit sa tendance baissière, s'établissant à 3,9% du PIB en 2024, contre 4,4% en 2023. Cette réduction est attribuable à une forte progression des recettes ordinaires (15,2% par rapport à 2023), en particulier les recettes fiscales (14,3%). Les dépenses publiques augmentent de 5,7%, mais les charges de compensation diminuent de 15,3%.