img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
DROIT

Biens acquis lors du mariage : un important jugement du tribunal de Sefrou

Après le divorce, un homme peut-il réclamer à son ex-épouse la moitié d'un bien enregistré au nom de cette dernière ? Le tribunal de Sefrou a tranché.

Biens acquis lors du mariage : un important jugement du tribunal de Sefrou
Judge gavel with Justice lawyers, Businesswoman in suit or lawyer working on a documents. Legal law, advice and justice concept.
Par
Le 29 janvier 2025 à 12h17 | Modifié 29 janvier 2025 à 16h26

Un époux qui inscrit un bien immobilier au nom de sa femme peut en revendiquer une quote-part après le divorce, mais doit prouver sa contribution. Le tribunal de Sefrou a rendu un jugement dans ce sens. La décision offre un exemple édifiant sur le régime de la répartition, après la rupture, des biens acquis pendant le mariage.

Le jugement date du 15 janvier. Il fait suite à la demande d’un homme en litige avec son ex-conjointe au sujet d’une villa bâtie dans cette ville du Moyen Atlas. Le bien avait été enregistré au nom de la défenderesse, mais l’intéressé est venu en réclamer la moitié, arguant qu’il avait contribué à son financement et au suivi des travaux.

Complexes, ces questions sont régies par le Code de la famille. Dans son article 49, ce texte pose, comme règle, le principe de séparation du patrimoine des deux époux. Toutefois, ces derniers "peuvent se mettre d'accord sur les conditions de fructification et de répartition des biens qu'ils auront acquis pendant leur mariage. Cet accord fait l'objet d'un document distinct de l'acte de mariage".

Mais, en cas de litige, comment trancher en l’absence d’un accord écrit ? Ici, le juge fait "recours aux règles générales de preuve, tout en prenant en considération le travail de chacun des conjoints, les efforts qu'il a fournis et les charges qu'il a assumées pour fructifier les biens de la famille".

L’affaire en question s’inscrit dans ce deuxième cas de figure. Le tribunal de Sefrou s’est appuyé sur des "preuves" établissant la contribution de l’époux au financement de la villa. D’abord, une attestation de la défenderesse rédigée pendant le mariage, où elle reconnaît la moitié du bien à son ex-mari. Un document qui, selon les juges, "fait loi", même si l’intéressée dit l’avoir signé "sans en avoir consulté le contenu".

D’autres éléments viennent appuyer la requête du demandeur. On cite notamment le témoignage, à la barre, de l’entrepreneur chargé de la construction de la villa. Il y certifie avoir reçu des virements du mari au fur et à mesure des travaux.

Des déclarations réfutées par la défenderesse, qui affirme avoir financé le bien par son "argent personnel tiré d’un héritage et de différents crédits à la consommation". Elle reconnaît à son ex-mari "un effort physique à travers le suivi du chantier", mais aucune contribution pécuniaire.

Que vaut une parole contre une autre ? Le tribunal n’en est pas resté aux dires des protagonistes. Ordonnée durant le procès, une expertise judiciaire a livré des données comptables prouvant "que le prix du terrain ainsi que les dépenses des travaux de construction ont été payés à travers le compte bancaire du mari".

Quant aux frais de notaire, l’expert n’a pas pu établir laquelle des parties a été à l’origine du financement.

Voici pour les faits. Venons-en au droit. "Le fait qu'il n'y ait pas d'accord concernant la gestion des biens acquis pendant le mariage n'empêche pas l'un des époux de prouver les efforts qu'il a fournis ou la charge qu'il a assumée pour le développement des biens familiaux et de réclamer sa part", estime le tribunal, en citant une jurisprudence de la Cour de cassation.

Dans cette affaire, les juges estiment que la contribution du demandeur a été suffisamment probante pour lui accorder la moitié de la propriété dans la villa objet du litige.

LIRE AUSSI

Comprendre les propositions de réforme de la Moudawana : mariage, divorce, polygamie et héritage

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 29 janvier 2025 à 12h17

à lire aussi

الاتحاد الأفريقي: المغرب في موقف قوي مقابل الجزائر
Arabic Content

Article : الاتحاد الأفريقي: المغرب في موقف قوي مقابل الجزائر

على الرغم من أن الجزائر حصلت على نائب رئاسة الاتحاد الأفريقي، إلا أن المغرب هو الذي يستفيد من الوضع، مؤكدًا نفسه كقوة لا يمكن تجاهلها. تحقيق حول تأثير متزايد.

BMCE Research : Dynamique du Marché et Prime de Risque
Quoi de neuf

Article : BMCE Research : Dynamique du Marché et Prime de Risque

BMCE Research redéfinit la prime de risque actions, révélant une baisse significative et un marché en pleine mutation, soutenu par des anticipations optimistes.

Amir Rao : “AWS permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés”
gitex 2025

Article : Amir Rao : “AWS permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés”

Lors du Gitex Africa 2024, l’interview avec Amir Rao, directeur de la gestion des produits Telco chez AWS, dans le M24 Live Studio a mis en lumière les ambitions et les initiatives de l'entreprise en collaboration avec Orange pour déployer des zones AWS WaveLAN au Maroc et au Sénégal. Cette collaboration vise à renforcer l'écosystème technologique africain, à favoriser l'innovation et à répondre aux exigences réglementaires locales.

Union Africaine : Maroc en Position de Force Face à l'Algérie
NATION

Article : Union Africaine : Maroc en Position de Force Face à l'Algérie

Bien que l'Algérie ait sécurisé la vice-présidence de l'UA, c'est le Maroc qui tire son épingle du jeu, s'affirmant comme une puissance incontournable. Enquête sur une influence croissante.

Les horaires de prière à Casablanca pour le mercredi 29 avril 2026
PRIÈRES MAROC

Article : Les horaires de prière à Casablanca pour le mercredi 29 avril 2026

Voici les horaires de prière à Casablanca, la capitale économique du Maroc.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité