Mondial 2030. Les retombées économique estimées à 2,8 Mds € et 335.000 emplois
La période de préparation à la Coupe du monde, qui s’étendra de 2025 à 2030, sera marquée par une accélération des projets d’infrastructures. Cette compression des délais permettra de catalyser les stratégies nationales prioritaires, avec des investissements publics et privés massifs dans les infrastructures sportives, de transport et d’hébergement. Ces investissements, selon Fouzi Lekjaa, auront un impact significatif sur l'économie marocaine. Détails.
En marge des débats sur les finances publiques et la loi de finances 2025, tenus à la CGEM, le mercredi 22 janvier, Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès de la ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget, a présenté les retombées économiques potentielles de la Coupe du monde 2030.
Cet événement constitue, selon lui, une opportunité unique pour dynamiser l’économie marocaine et catalyser les stratégies nationales prioritaires.
Au-delà de ce qui a été dit, voici des constats et des chiffres clés recueillis par Médias24 :
Des investissements rentables à hauteur de 100%
Ces investissements devraient avoir un impact économique considérable grâce à un effet multiplicateur estimé à 2 : autrement dit, pour chaque dirham engagé, deux dirhams seront ajoutés au PIB national. Cet impact transcende les simples coûts d’investissement pour s’étendre à des effets économiques supplémentaires, notamment dans les secteurs de la construction, du commerce et des services.
Un effet multiplicateur conséquent : chaque dirham investi génère environ 2 DH en contribution au PIBDurant la Coupe du monde elle-même, prévue pour juin et juillet 2030, le Maroc accueillera environ 1,2 million de visiteurs internationaux, dont les dépenses globales sont estimées à 2,2 milliards d’euros (22 MMDH). Ces flux financiers, concentrés dans des secteurs tels que l’hôtellerie, la restauration, le transport et les loisirs, auront un effet stimulant immédiat sur l’économie locale.
L’impact global de l’événement sur l’économie nationale est estimé à 2,8 milliards d’euros, soit environ 2,3% du PIB marocain en 2023.
Cet impact se décompose comme suit :
- 60% d’effets directs, liés aux dépenses des touristes et à l’organisation de l’événement ;
- 40% d’effets indirects et induits, générés par l’activité accrue dans les secteurs connexes comme le commerce, le transport et les services.
Des infrastructures catalyseurs d’emplois et de compétitivité
La construction et la rénovation de stades conformes aux normes de la FIFA, accompagnées du développement d’infrastructures annexes comme les terrains d’entraînement, auront un impact direct sur l’industrie manufacturière et les services liés.
Parallèlement, des investissements majeurs dans le transport, notamment les aéroports, les lignes à grande vitesse, les tramways et les autoroutes, renforceront la connectivité entre les villes marocaines. Ces améliorations infrastructurelles, en facilitant les échanges économiques et la mobilité, augmenteront à terme la compétitivité du Maroc en tant que hub régional pour les affaires et le tourisme.
Le secteur du tourisme, qui représente actuellement plus de 7% du PIB marocain, bénéficiera également de ces efforts. La création de 15.000 nouvelles chambres d’hôtel et la rénovation des infrastructures existantes accroîtront les capacités d’accueil du pays. Ces investissements cibleront une croissance soutenue de l’industrie touristique qui deviendra un moteur économique encore plus puissant dans les années à venir.
La Coupe du monde prévoit également des retombées majeures sur le marché de l’emploi. Pendant la période de préparation, environ 335.000 emplois seront créés, dont 225.000 emplois directs dans les secteurs clés liés à l’événement comme le tourisme, les services et la logistique. Par ailleurs, 110.000 emplois indirects et induits seront générés grâce à l’effet d’entraînement sur l’économie.
Une attention particulière sera accordée à l’insertion des jeunes, avec 50.000 emplois réservés aux jeunes de moins de 24 ans, accompagnés de programmes de formation spécialisés pour répondre aux besoins des secteurs clés, comme l’hôtellerie, la construction et la logistique.