img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
AUTOMOBILE

Automobile. Véhicules à énergie nouvelle, un potentiel encore sous-exploité

Le segment des véhicules à énergie nouvelle enregistre une croissance notable, mais il ne représente encore que 0,6% du marché, loin derrière le diesel et l'essence. Entre fiscalité, infrastructures et incitations, les défis liés à son développement restent nombreux, mais pas insurmontables. Le point.

Automobile. Véhicules à énergie nouvelle, un potentiel encore sous-exploité
Par
Le 8 janvier 2025 à 9h49 | Modifié 8 janvier 2025 à 10h04

À l'occasion de la présentation du bilan 2024 du secteur de l'automobile, Adil Bennani, président de l'Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam), a également fait le point sur l'évolution du segment des véhicules à énergie nouvelle.

À peine 0,6% de part de marché

Selon Adil Bennani, le véhicule électrique pur ne capte que 0,6% de part de marché, contre 81% pour le diesel, dont la part est en train de baisser sensiblement au fil des années, et un peu plus de 18% pour l'essence. M. Bennani estime d'ailleurs que cette répartition entre le diesel et l'essence est anormale par rapport à la tendance mondiale.

"L'une des raisons pour laquelle le diesel continue de capter la plus grande part de marché dans le secteur de l'automobile est relative à son prix", explique-t-il. "Le prix de l'essence est plus cher au Maroc que celui du diesel. Cela est dû à un système de taxation mis en place il y a une dizaine d'années et qui n'a plus lieu d'exister".

"Il s'agit d'une taxe intérieure à la consommation (TIC) qui s'élève à 3,3 DH pour l'essence et à 1,5 DH pour le diesel que le gouvernement a mise en place à l'époque pour protéger la Samir et faire en sorte de vendre du diesel".

À présent, ce système n'a plus lieu d'exister. Nous avons, au nom de l'Aivam, demandé à plusieurs reprises au gouvernement de le revoir, sans pour autant impacter les recettes fiscales de l'État, et nous continuons de pousser dans ce sens en espérant obtenir une réponse".

Une croissance conséquente de l'offre

En ce qui concerne le véhicule électrique, il existe trois principales catégories :

Le full hybride qui ne se recharge pas et qui a connu, en 2024, une croissance de 31%, drivée par les marques Toyota, Hyundai et Renault ;

Le plug-in hybride à double motorisation et qui se recharge, qui a connu une croissance de 204% en 2024, dominée par la marque BYD et d'autres marques dites prémium ;

Les véhicules électriques purs où il n'y a pas de moteur thermique. Cette catégorie a connu une croissance de 142%, drivée notamment par les marques Dacia, BYD et Volvo.

La croissance sur l'ensemble de ce marché est donc importante, avec une amélioration de l'offre. "Sur l'électrique pur, nous sommes passés de 13 marques et 27 modèles de voitures à 18 marques actuellement avec plus de 40 modèles. Par ailleurs, pour tout ce qui est autre que le thermique, nous sommes passés à 27 marques, avec environ 113 modèles de véhicules".

Sur l'électrique pur, nous sommes passés de 13 marques et 27 modèles de voitures à 18 marques actuellement avec plus de 40 modèles.

Toutefois, "même s'il y a une prolifération de l'offre à des prix compétitifs, ce segment ne capte que 0,6% de part de marché".

Ce qu'il faut pour développer le secteur

En réponse à une question sur le retard que prend ce segment, M. Bennani a expliqué que "les pouvoirs publics continuent de penser que l'électrique est du ressort des riches et refusent ainsi d'aider cette catégorie, alors que ce n'est plus le cas aujourd'hui. Nous avons des véhicules électriques purs à petit prix, tels que la Citroën AMI et son équivalente chez Opel, aux alentours de 110.000 DH et 160.000 DH, ou encore d'autres modèles à venir, aux alentours de 200.000 DH."

"Donc, en termes d'offre, il y a une possibilité de démocratiser ce segment, mais ce qui pose encore problème, ce sont plutôt les incentives, les infrastructures et les équipements. Est-ce qu'une TVA de 5% sur le véhicule électrique au lieu de 20% fera la différence ? Cela va sûrement créer l'intérêt, mais les ventes ne vont pas exploser avant d'attaquer la problématique de la recharge", ajoute le président de l'Aivam.

"Pour régler cette problématique, nous devons en premier lieu nous attaquer aux primo-accédants. Ces gens ne vivent pas dans des maisons individuelles. Ils vivent dans des immeubles, laissent leurs voitures dans la rue ou dans des parkings de 60 véhicules ou plus. Il faut alors trouver une prise, décider de la partie qui paiera l'électricité… Il y a donc des sujets qui vont se poser au fil de l'évolution du marché, qu'on va devoir régler, et ce n'est pas un problème, dans la mesure où plusieurs pays sont passés par là avant nous".

Les pouvoirs publics continuent de penser que l'électrique est du ressort des riches et refusent ainsi d'aider cette catégorie.

En ce qui concerne les bornes de recharge, "nous parlons à présent de 800 plugs fast charge, avec un minimum de 100 kW, sur trois ans, qui seront principalement installés sur les axes autoroutiers. Cette mesure-là changera en revanche la donne et lèvera un frein".

"On a aussi encore un long chemin à faire au niveau de la psychologie des consommateurs, des équipements et des infrastructures, mais si on règle ces points, on ne parlera plus d'une part de marché de 0,6%, mais plutôt de 6% par exemple, qui aura de l'intérêt pour l'État", a conclu M. Bennani.

"La prime verte pourrait booster le secteur"

Salma Moukbil, directrice générale de Toyota, qui est également membre de l'Aivam, estime pour sa part que la confiance vis-à-vis du véhicule électrique commence à s'installer au niveau d'un marché fortement diésélisé.

"On ne doit pas nier qu'il y a déjà des incentives mis en place par l'État sur la partie des droits de douane et au niveau de la vignette. Ce n'est certes pas grand-chose, mais on remercie l'État d'avoir mis en place ces mesures".

"Pour passer à la deuxième phase et avoir une dynamique plus forte sur le marché de l'électrification, le consommateur qu'on reçoit est demandeur d'une prime verte, puisqu'il contribue à un achat écologique qui coûte plus cher".

"Une taxation plus avantageuse sur la partie de la TVA permettra donc de booster le marché", a-t-elle conclu.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 8 janvier 2025 à 9h49

à lire aussi

الاتحاد الأفريقي: المغرب في موقف قوي مقابل الجزائر
Arabic Content

Article : الاتحاد الأفريقي: المغرب في موقف قوي مقابل الجزائر

على الرغم من أن الجزائر حصلت على نائب رئاسة الاتحاد الأفريقي، إلا أن المغرب هو الذي يستفيد من الوضع، مؤكدًا نفسه كقوة لا يمكن تجاهلها. تحقيق حول تأثير متزايد.

BMCE Research : Dynamique du Marché et Prime de Risque
Quoi de neuf

Article : BMCE Research : Dynamique du Marché et Prime de Risque

BMCE Research redéfinit la prime de risque actions, révélant une baisse significative et un marché en pleine mutation, soutenu par des anticipations optimistes.

Amir Rao : “AWS permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés”
gitex 2025

Article : Amir Rao : “AWS permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés”

Lors du Gitex Africa 2024, l’interview avec Amir Rao, directeur de la gestion des produits Telco chez AWS, dans le M24 Live Studio a mis en lumière les ambitions et les initiatives de l'entreprise en collaboration avec Orange pour déployer des zones AWS WaveLAN au Maroc et au Sénégal. Cette collaboration vise à renforcer l'écosystème technologique africain, à favoriser l'innovation et à répondre aux exigences réglementaires locales.

Union Africaine : Maroc en Position de Force Face à l'Algérie
NATION

Article : Union Africaine : Maroc en Position de Force Face à l'Algérie

Bien que l'Algérie ait sécurisé la vice-présidence de l'UA, c'est le Maroc qui tire son épingle du jeu, s'affirmant comme une puissance incontournable. Enquête sur une influence croissante.

Les horaires de prière à Casablanca pour le vendredi 17 avril 2026
PRIÈRES MAROC

Article : Les horaires de prière à Casablanca pour le vendredi 17 avril 2026

Voici les horaires de prière à Casablanca, la capitale économique du Maroc.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité