Tabagisme et mortalité maternelle : les nouvelles mesures du ministère de la Santé
Le ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tahraoui, a présenté, le lundi 6 janvier à la Chambre des représentants, les avancées et les mesures en cours dans le domaine de la santé publique, mettant en avant les progrès réalisés dans la lutte contre le tabagisme et la réduction de la mortalité maternelle.
En réponse à une question à la Chambre des représentants, le ministre a souligné que le Programme national de lutte contre le tabac a été renforcé, en particulier depuis le lancement du plan national de prévention et de contrôle du cancer 2010-2019. Ce plan place la lutte contre le tabagisme au premier rang des priorités.
Le deuxième plan de prévention et de contrôle du cancer 2020-2029 prévoit quatre mesures pour consolider les acquis, en s'inscrivant dans la stratégie nationale multisectorielle de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles 2019-2029. Cette dernière vise à limiter la consommation de tabac chez les personnes de plus de 15 ans à environ 20% d'ici 2029.
La stratégie repose sur la sensibilisation aux dangers du tabac à travers des campagnes de communication, des séminaires et des sessions de travail sur les méthodes de sevrage. Chaque année, la journée mondiale sans tabac est célébrée afin de rappeler les conséquences néfastes du tabagisme.
Selon les données du ministère, le tabagisme est responsable de 8% des décès au Maroc, de 75% des décès par cancer des poumons et de 10% des décès liés aux maladies respiratoires. En 2019, le tabac a causé 74.000 cas de maladies cardiovasculaires et 4.227 nouveaux cas de cancer du poumon, avec 12.800 décès prématurés. Le coût économique annuel du tabac dépasse les cinq milliards de dirhams, soit 8,5% des dépenses médicales totales et 0,45% du PIB.
Le ministre a rappelé que l'OMS classe le tabagisme parmi les principales causes évitables de mortalité, contribuant à près de 8 millions de décès annuels dans le monde.
Baisse de 70% du taux de mortalité maternelle
En parallèle, Amine Tahraoui a annoncé une baisse significative de la mortalité maternelle, qui a chuté de 70% au cours des deux dernières décennies. Ce taux est passé de 244 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2000 à 72 décès en 2020. Cette amélioration est attribuée aux efforts d'encadrement médical, notamment en gynécologie-obstétrique.
Le ministère continue de renforcer ces acquis en ouvrant des postes pour former des médecins spécialistes à travers des concours de résidanat organisés chaque année. Des spécialités vitales sont également introduites dans les hôpitaux publics afin de garantir la continuité des soins et d'assurer des services de qualité, a ajouté le ministre de la Santé.