Fermetures en série d'entreprises textiles au Portugal : une opportunité pour le Maroc?
Plusieurs entreprises textiles ont fermé leurs portes au Portugal. Ces fermetures détournent des régions espagnoles comme la Galicie vers d'autres fournisseurs à l'instar du Maroc qui pourra augmenter davantage sa part dans les commandes de sous-traitance. Néanmoins, il s'agit d'un avantage à court terme. Le Maroc est ainsi appelé à prioriser le long terme, en misant sur le développement de la partie aval où il est moins fort.
La délocalisation d'industries à faible valeur ajoutée et à forte intensité de main-d'œuvre, un phénomène qui affectait déjà le Portugal, a durement frappé le secteur textile de ce pays et contraint à la fermeture plusieurs entreprises textiles.
Récemment, à Lousada, trois usines de confection ont baissé le rideau, rapporte la presse locale. La conseillère Maria do Céu Rocha a admis que le secteur de l'habillement, prédominant dans cette municipalité portugaise, connaît des difficultés depuis l'année dernière, indiquant qu'elle connaît d'autres entreprises qui se trouvent dans une situation difficile.
Face à ce constat, des entreprises espagnoles, notamment celles installées en Galicie, se détournent aujourd'hui vers de nouveaux fournisseurs dont le Maroc, positionné comme une option attractive.
Des transfuges prospectent déjà le Maroc
"Des industriels confirment ces fermetures au Portugal. Elles concernent principalement les petites entreprises liées à certains systèmes de production qui connaissent une évolution", nous confirme l'ex-président régional de l’AMITH pour Casablanca, Abderrahmane Atfi.
Une opportunité intéressante pour le Maroc puisque l'écosystème lié à Inditex implique à la fois des fournisseurs portugais et des fournisseurs marocains, explique-t-il. "Les capacités sont là. Il y a déjà eu quelques transfuges qui sont venus au Maroc. Il y a eu également la signature de quelques contrats et accords de coopération et de collaboration dans ce contexte".
Cette opportunité bénéficiera surtout aux sous-traitants marocains, estime un acteur important du secteur.
"Il est important d'identifier le maillon concerné par les fermetures. Il existe deux maillons textiles au Portugal. D'abord, les grandes plateformes d'aval fournisseuses directes d'Inditex. Spécialisés dans le design, le marketing et la mise au point technique, ces gros agrégateurs d'aval vendent le produit fini à Inditex. Mais ce ne sont pas ces opérateurs qui sont en difficulté", explique-t-il à Médias24.
"C'est plutôt le deuxième maillon, celui des sous-traitants, qui court le risque de se trouver en situation difficile. Cela étant, la fermeture d'entreprises portugaises sous-traitantes peut être une opportunité pour le Maroc qui est également, en majorité, sous-traitant d'Inditex".
Un avantage à court terme...
Néanmoins, il ne s'agit là que d'une opportunité à court terme, nuance notre interlocuteur.
"Certes, ce contexte doit pousser les sous-traitants marocains à se positionner davantage et à améliorer leur productivité. Mais il faut penser sur le long terme. Le Maroc doit prioriser le long termisme qui ne peut se faire sans le développement de grandes plateformes d'aval. Des savoir-faire et des compétences qui sont assez rares dans les usines marocaines".
"Or, le Maroc ne dispose quasiment pas de fournisseurs directs d'Inditex. Nous manquons de ce type de plateformes tout simplement en l'absence de centres techniques d'excellence pour accompagner un ensemble de compétences, notamment des designers et des marketeurs de très haut niveau ainsi que des profils technico-créatifs", conclut-il.