Flexibilité du régime de change : “Une étape intermédiaire est à l'étude ” (Jouahri)
Le sujet de la flexibilité du régime de change est régulièrement abordé lors des points de presse de Abdellatif Jouarhi. Le gouverneur de la Banque centrale explique que les prérequis nécessaires sont là et que le travail se poursuit. Une phase intermédiaire, située entre la première et la deuxième étape, est actuellement à l’étude.
"Il y aura vraisemblablement un passage, non pas un saut- entre la première et 2è étape, une étape qui peut être une étape intermédiaire. Nous sommes encore en train de réfléchir à tout cela avec l'assistance du Fond monétaire et avec l'assistance aussi de benchmarks de banques étrangères", annonce le gouverneur de Bank Al-Maghrib lors du point de presse du mardi 17 décembre 2024.
"C'est une réforme essentielle, nous irons lentement, mais sûrement, en nous assurant que tous les prérequis et les données dont nous avons besoin sont disponibles, fiables, et sur lesquels nous pouvons baser nos décisions", ajoute-t-il en rappelant les prérequis.
"Je vous ai déjà parlé des prérequis et des éléments complémentaires nécessaires pour passer à la deuxième étape. Les prérequis, pour le moment, semblent là", avance-t-il
Et d'ajouter, " l'essentiel c'est que nous avons un engagement des finances publiques, notamment de la part du gouvernement, à maintenir les équilibres macroéconomiques. À ce titre, nous disposons désormais d’une programmation triennale budgétaire et prochainement d’une nouvelle loi organique des Finances, qui devra clarifier davantage les règles, notamment en matière de soutenabilité budgétaire".
Deuxième impératif, selon Jouahri, "il faut maintenir un niveau adéquat des réserves de change". "Comme je l’ai déjà mentionné, nous sommes satisfaits lorsque ces réserves couvrent environ cinq à six mois d’importations."
Par ailleurs, "nous poursuivons l’approfondissement et le développement du marché interbancaire des changes", explique-t-il en rappelant "la finalisation en cours du marché à terme interbancaire". Ce dernier doit être prêt pour le premier trimestre 2025.
"Nous avons également presque terminé la tournée des salles de marché au niveau régional, ainsi que les rencontres avec les PME et l’Office des changes", poursuit Jouahri.
"Nous avons demandé à l’Office des changes de tenir compte des retours des salles de marché concernant cette réglementation dans le cadre de sa circulaire générale".
Par ailleurs, "le tissu économique devra faire l’objet d’un accompagnement, notamment les TPME, si nous devons aller à la deuxième étape", rappelle le gouverneur.
Un autre problème majeur réside dans la qualité et la fiabilité des données, ajoute la même source.
"Nous avons sollicité plusieurs administrations et ministères (Agriculture, Commerce et Industrie, Finances, Office des changes) en demandant une liste de ce qui nous paraît être comme donnée complémentaire, plus granulaire, plus fiable et plus périodique en ce qui concerne le passage à cette seconde étape. Nous allons attendre les réponses, tenir les réunions", confie-t-il.
"Nous avons également signalé au Fonds Monétaire International (FMI) que ces réformes doivent être réalisées à moyen et long termes. Lors de nos analyses comparatives, nous avons constaté que d’autres pays, même confrontés à des situations plus difficiles, ont mis au minimum neuf ans pour accomplir des réformes similaires", explique le gouverneur.