Gazoduc Nigeria-Maroc : “Les deux premiers tronçons seront opérationnels dès 2029” (A. Benkhadra)
En marge de la 13e édition de "The Atlantic Dialogues", la directrice générale de l'ONHYM a fourni des détails à Médias24 sur l’état d’avancement du projet de gazoduc Nigeria-Maroc. Optimiste quant à la durée des travaux, Amina Benkhadra estime que la circulation gazière démarrera en 2029 dans deux tronçons sur trois. Il ne restera plus qu’à les connecter au troisième, entre 2035 et 2040, pour assurer la continuité du trajet.
Après avoir qualifié, lors de son intervention à la 13e édition de "The Atlantic Dialogues", le gazoduc Nigeria-Maroc-Europe de "projet éminemment stratégique de l'Initiative Atlantique", la directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) est revenue sur les prochaines étapes avant que ce projet, qui permettra de désenclaver l’approvisionnement gazier du continent africain et de fournir les marchés européens, ne devienne une réalité.
"Un projet majeur qui s’inscrit dans la politique d’intégration africaine du Maroc"
"Depuis le début du règne de Sa Majesté le Roi, la politique de coopération avec l'Afrique a été un axe majeur du Maroc, avec une politique Sud-Sud orientée vers la coopération régionale grâce à la mise en place d’un certain nombre de projets dans des secteurs comme la banque, l'assurance, l'industrie les télécommunications…", résume Amina Benkhadra. La directrice générale de l’ONHYM précise que cette dynamique couronnée par l’Initiative Atlantique, qui propose d’offrir aux pays enclavés l’exploitation de la façade atlantique du Maroc pour développer leurs échanges commerciaux, va permettre d’intégrer 27 pays qui sont engagés dans cette vision extrêmement ambitieuse et stratégique du développement.
En parallèle à toutes ces actions de partenariat économique qui ont fait du Maroc le deuxième investisseur du continent, contribuant ainsi à la croissance dans de nombreux pays africains, notre interlocutrice estime que l’initiative royale de lancer un projet de gazoduc entre le Nigeria et le Maroc, qui concerne 13 pays sur la côte et trois autres enclavés, aura une ampleur encore plus stratégique.
Le gazoduc s’inscrit dans la dynamique de développement continental initiée par le Maroc depuis 25 ans
Et d’ajouter que le futur gazoduc est un projet majeur de la dynamique marocaine de promotion du développement, qui s’inscrit dans la continuité de sa politique de contribution à long terme à la croissance économique de l’Afrique, depuis le début du règne du Roi Mohammed VI en 1999.
À la question de savoir si cette connexion gazière permettra à de nombreux pays africains d’assurer leur consommation énergétique avant 2040, la directrice générale de l'ONHYM espère que le gazoduc deviendra une réalité bien plus tôt, avec le démarrage du dispatching régional du gaz à la veille du coup d’envoi du Mondial 2030.
"First gaz à partir de 2029"
Rappelant que cet ambitieux projet de 25 milliards de dollars sera déployé sur 6.500 kilomètres, découpés en trois tronçons dont deux avanceront en parallèle, Amina Benkhadra se veut prudente en affirmant que l’échéance finale n’est pas encore déterminée.
"Cela dit, le début de la circulation gazière (first gaz) dans les deux premiers tronçons devrait avoir lieu d’ici 2029”, révèle notre interlocutrice , en insistant sur le fait que ces deux chantiers, à savoir celui du Sud (Nigeria-Ghana-Côte d’Ivoire) et celui du Nord (Sénégal-Mauritanie-Maroc, qui sera ensuite connecté à l’Europe), devraient démarrer en même temps.
Optimiste sur une accélération du projet, Amina Benkhadra conclut son propos en déclarant qu’il ne restera plus qu’à connecter le troisième tronçon entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal pour assurer la continuité du trajet du gazoduc qui ira du Nigeria à l’Europe.