Emploi : le gouvernement promet une nouvelle stratégie pour début 2025, les NEET et les ruraux comme priorité
Face à la montée du chômage et à la crise de l’emploi, le gouvernement dévoile une stratégie inédite. En plaçant les jeunes NEET et les populations rurales au cœur de ses priorités, cette nouvelle initiative entend briser les barrières structurelles et bureaucratiques pour une intégration inclusive. Avec un budget de 14 milliards de dirhams, les autorités s'engagent à donner un nouveau souffle au marché de l'emploi dès 2025. Détails.
Ces dernières années, la principale préoccupation du gouvernement peut se résumer en un mot : l’emploi. Cette problématique majeure demeure un défi complexe à relever. Malgré le lancement de plusieurs programmes ambitieux en faveur de la promotion de l’emploi, les résultats obtenus sont encore loin des attentes, tandis que le chômage poursuit sa progression, atteignant des taux sans précédent.
Si des avancées notables ont été réalisées en milieu urbain, la situation reste perfectible et exige un effort soutenu. En revanche, en milieu rural, la situation est bien plus critique. Depuis 2016, le monde rural subit une érosion constante des effectifs d’emploi, un phénomène exacerbé par des sécheresses récurrentes qui, au cours des huit dernières années, ont accentué le déclin de manière alarmante.
Toutefois, la situation n’est pas irrémédiable, en particulier lorsqu’il s’agit de personnes au chômage disposant d’une certaine qualification ou d’un savoir-faire. Ces individus, bien qu’éloignés du marché du travail, peuvent retrouver leur place avec des initiatives bien ciblées. Le véritable défi réside cependant dans la prise en charge des jeunes NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation).
Selon le Conseil économique, social et environnemental (CESE), cette catégorie de population représente un véritable casse-tête pour les décideurs publics. Parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, on dénombre plus de 1,5 million de NEET. Lorsqu’on élargit cette tranche d’âge pour inclure les jeunes jusqu’à 35 ans, ce chiffre atteint plus de 4 millions de personnes. Un constat alarmant.
Une nouvelle approche pour l'emploi
C’est dans ce sens que s’inscrit la nouvelle stratégie pour l’emploi, qui, selon le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, représente une nouvelle approche pour traiter la problématique du chômage.
"Aujourd’hui, le gouvernement passe à la vitesse maximale sur le dossier de l’emploi. Les priorités, vous les connaissez déjà : elles ont été votées dans le cadre du projet de loi de finances, avec un budget conséquent. Concrètement, le gouvernement change son approche dans ce domaine", indique Younes Sekkouri.
Cette stratégie devrait se concentrer principalement sur les personnes sans diplômes (NEET), afin de faciliter leur intégration dans le marché de l’emploi. "Premièrement, nous mettrons un accent particulier sur les personnes sans diplômes, celles qui, aujourd’hui, n’ont aucun espoir d’insertion. Elles représentent environ un million parmi les chômeurs recensés. Cela passera par des programmes ciblés, notamment un programme d’apprentissage professionnel, un dispositif spécifique élaboré en collaboration avec l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) pour accompagner ces individus, ainsi que des initiatives de formation adaptées. Ces programmes couvriront également le milieu rural et soutiendront les petites et moyennes entreprises (PME)", explique-t-il.
Selon le ministre, il s'agit d'une initiative inédite tant dans sa conception que dans sa portée, bien que plusieurs politiques actives du marché du travail (PAMT) aient déjà été mises en œuvre, comme les programmes Idmaj, Tahfiz et Taehil. "Cette initiative constitue un tournant majeur, car elle redéfinit entièrement les paramètres d’intervention. Une telle démarche, dans sa globalité et son ambition, n’a jamais été réalisée auparavant. Les budgets alloués à ces initiatives sont d’une ampleur significative, témoignant de l’engagement du gouvernement à relever le défi de l’emploi", a-t-il précisé.
Une simplification des procédures et une approche territoriale et sociale inclusive
L’un des principaux obstacles à une mise en œuvre efficace et transparente des politiques d’emploi réside dans la complexité des procédures bureaucratiques. À ce sujet, Younes Sekkouri souligne que cette initiative sera marquée par une simplification des démarches, tant pour les demandeurs d’emploi que pour les TPME. "Il est impératif que toutes les procédures d’accès aux avantages, qu’il s’agisse des personnes à la recherche d’un emploi ou des entreprises, en particulier les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), soient simplifiées".
Selon le ministre, l’initiative ambitionne de couvrir l’ensemble du territoire marocain, sans générer d’inégalités. Les femmes, les jeunes, ainsi que les populations rurales seront au cœur de cette démarche inclusive. "Cette initiative doit s’étendre à l’ensemble du territoire national. La responsabilité du gouvernement s’étend à toutes les régions, celles qui bénéficient d’investissements comme celles qui en manquent. Par conséquent, le travail réalisé aujourd’hui et les directives du chef du gouvernement visent à ce que ces programmes profitent à tous les citoyens et citoyennes, qu’ils soient en milieu rural ou urbain, incluant les femmes et les jeunes".
Il est à noter que le lancement de cette initiative est imminent et, d’après les déclarations de Younes Sekkouri, prévu pour le début de l’année 2025. À cet effet, un budget conséquent a été alloué, s’élevant à 14 milliards de dirhams, comme indiqué dans le projet de loi de finances 2025. "Ces questions ont été examinées en détail aujourd’hui, car nous approchons de la fin de l’année et il est impératif que ces mesures soient concrétisées dès le début de l’année prochaine".