Aliments composés : forte concentration des acteurs et un potentiel inexploité (Conseil de la concurrence)
Dépendance à l'étranger pour l'approvisionnement de céréales et de tourteaux, dominance de certains acteurs, sous-utilisation des capacités de production, captivité de la clientèle et pouvoir de négociation asymétrique... Le point sur les nombreuses entraves à la concurrence relevées sur le marché des aliments composés au Maroc.
Le Conseil de la concurrence a ouvert une enquête concernant le fonctionnement concurrentiel du marché des aliments composés destinés au secteur avicole, et d'autres marchés connexes.
Il en ressort que le marché de la fabrication est dominé à hauteur de 73% par 8 opérateurs, et que celui de l'approvisionnement en tourteaux est dominé à hauteur de 90% par quatre autres opérateurs.
Outre les comportements tarifaires de certains opérateurs du marché de la provende locale, le présent avis souligne que de nombreuses entraves à la concurrence peuvent être relevées sur le marché des aliments composés au Maroc.
Focus sur les secteurs de la volaille et des ruminants
Ces premières conclusions émanent de l'avis sur l’état de la concurrence sur le marché des aliments composés au Maroc, qui a été publié récemment. Le Conseil de la concurrence s'est penché sur le sujet à la suite d'une demande d’avis introduite par une correspondance signée par le président de la Chambre des représentants en date du 2 janvier 2023. Elle porte sur le respect des règles de la concurrence par les opérateurs sur les marchés de la production et de la commercialisation des aliments composés pour animaux.
Consulté par nos soins, l'avis explique que le marché des aliments composés pour animaux au Maroc connaît une croissance soutenue depuis plusieurs années. Les éleveurs de bétail sont de plus en plus conscients de l’importance de la nutrition animale pour la massification et l’amélioration de leur production. Selon les données de l’Office nationale de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), la production d’aliments composés pour animaux au Maroc a progressé de près de 56% entre 2015 et 2023, passant de 2,5 millions de tonnes à 3,9 millions de tonnes.
Les prix ont également explosé depuis le Covid-19, impactant le prix final des viandes rouges et blanches et, par ricochet, le consommateur dont le pouvoir d'achat est en baisse en raison de l'inflation notamment.
Si les aliments composés sont utilisés dans plusieurs secteurs, cet avis se focalise principalement sur ceux de la volaille et des ruminants. Les aliments composés pour animaux les plus demandés au Maroc étant ceux destinés aux volailles (poulets de chair, poules pondeuses et dindes essentiellement), qui représentent plus de 76% de la production totale d’aliments composés pour animaux, suivis des aliments composés pour bovins. Ils représentent également la plus grande part de marché de provende au Maroc. De plus, l'impact de ces deux secteurs sur les consommateurs est direct ; la viande de volaille, les œufs, le lait et la viande bovine et ovine étant des éléments essentiels de l’alimentation quotidienne.
Plus en détail, si les ruminants alternent entre composants alimentaires, pâturage et ensilage en termes d'alimentation, la volaille, elle, dépend exclusivement de l'aliment composé. La consommation annuelle d'aliments dans ce secteur s'élève à 3 millions de tonnes. Dans l’élevage des ruminants, la filière laitière constitue la principale source de consommation d'aliments composés.
Céréales et tourteaux d'oléagineux, principaux marchés d'aliments composés
Pour mieux cerner la problématique soulevée par cet avis, il faut au préalable définir les aliments composés pour animaux, leur composition, déterminer les matières produites au Maroc et celles importées des pays étrangers.
Egalement appelés provendes, ces aliments sont des mélanges spécialement formulés pour répondre aux besoins nutritionnels spécifiques des animaux d’élevage. Leur composition varie en fonction des besoins spécifiques des animaux.
Toutefois, les principales composantes se présentent comme suit :
- les céréales à hauteur de 50% en moyenne (maïs, orge, sorgho) ;
- les tourteaux d'oléagineux à hauteur de 25% en moyenne (de soja ou de tournesol) ;
- la farine de poisson (pour sa haute teneur en protéines) ;
- les minéraux et pré-mélanges à hauteur de 3,5% en moyenne (calcium, phosphore, vitamines A, D, E, zinc et sélénium) ;
- des additifs, qui peuvent inclure des enzymes, des probiotiques, et des antioxydants...
Les céréales et les tourteaux d'oléagineux représentent donc les deux principaux marchés en amont du marché de la fabrication des aliments composés pour animaux.
La production de tourteaux au Maroc est étroitement liée à l’évolution de la filière oléagineuse du pays. Cette dernière a connu un essor significatif dans les années 1990. Cependant, à partir de 1996, elle a subi un déclin marqué, qui s’explique en grande partie par la libéralisation du secteur, qui a mis fin à certaines protections et garanties offertes aux producteurs locaux. À titre indicatif, la production locale est passée de 164,8 milliers de tonnes en 1990 à 15,5 milliers de tonnes en 2020.
La surface cultivée en oléagineux, et plus spécifiquement en tournesol, varie également considérablement d’une année à l’autre. Cette variabilité est en grande partie due au fait que le tournesol est souvent perçu par les agriculteurs comme une culture de rattrapage.
Lorsque la production céréalière (particulièrement des cultures comme le blé ou l’orge) est compromise par des conditions climatiques extrêmes, telles que des excès de pluie ou des périodes de grande sécheresse, les agriculteurs se tournent vers le tournesol pour compenser les pertes. Le tournesol, plus résilient face à ces conditions, est alors utilisé comme une solution de substitution, permettant aux agriculteurs de limiter leurs pertes financières et d’optimiser l’utilisation de leurs terres.
Approvisionnement en tourteaux au Maroc : 90% du volume total du marché capté par quatre entreprises
Le marché des tourteaux au Maroc représente un volume annuel d’environ 1 million de tonnes, un chiffre significatif qui témoigne de l’importance de cet intrant dans l’alimentation animale. Cependant, ce marché est largement tributaire des importations, à hauteur de 98%, ce qui souligne la forte dépendance du Maroc vis-à-vis de l’extérieur pour satisfaire sa demande interne.
Les importations ont d'ailleurs été multipliées par dix en l’espace de vingt ans, atteignant presque 1 million de tonnes en 2023.
Les graines de soja dominent largement l’approvisionnement en tourteaux oléagineux, représentant 59,1% de la consommation totale, en raison de leur faible teneur en huile et de leur forte teneur en protéines. Les tourteaux de tournesol et de colza représentent les 40,9% restants de la consommation nationale de tourteaux.
En 2020, les principaux fournisseurs de tourteaux du Maroc étaient les États-Unis (417.000 tonnes), suivis de l’Ukraine (285.000 tonnes) et de l’Argentine (181.000 tonnes). Plus spécifiquement, s’agissant des tourteaux de soja, les importations proviennent essentiellement des USA, du Brésil et de l’Argentine.
Parallèlement, la consommation de tourteaux d’oléagineux au Maroc a connu une forte croissance, augmentant de 40% au cours des dix dernières années.
Mais en dépit du nombre important d’opérateurs sur ce marché, il demeure fortement concentré, avec quatre entreprises qui captent à elles seules plus de 90% du volume total du marché.
Céréales : le Maroc fortement dépendant des importations, particulièrement pour le maïs
Concernant le marché des céréales, le Maroc est fortement dépendant des importations, en raison des sécheresses récurrentes qui affectent gravement la production agricole locale.
Le maïs et l’orge, essentiels pour l’alimentation du bétail, sont les deux principales céréales importées pour satisfaire les besoins nationaux, tant pour l’élevage que pour l’alimentation humaine. Cette dépendance expose le pays à la volatilité des prix internationaux et à une pression supplémentaire sur la balance commerciale.
En matière d’alimentation animale, les importations en maïs, au titre de la campagne agricole 2022-2023, ont enregistré 21,2 millions de quintaux (Mq), contre 18,6 Mq en 2021-2022.
L'avis souligne que le Maroc est même devenu un importateur net de maïs. Les importations de maïs argentin et brésilien représentent 90% des achats de maïs du Maroc. La volaille et l’élevage laitier sont les principaux consommateurs de cette céréale, dont la production nationale a baissé de 4,1% en 2022 par rapport à 2021.
Pour leur part, les importations en orge ont atteint, durant la campagne 2022-2023, 3,2 Mq contre 9,4 Mq au titre de la campagne précédente.
La fabrication de l'aliment composé dominée par 8 opérateurs, dont deux totalisent près de la moitié du marché
Le traitement des données recueillies dans le cadre de la présente instruction par le Conseil de la concurrence a par ailleurs permis d’observer une nette concentration des fabricants d’aliments composés, avec des parts de marché élevées pour certains acteurs.
En effet, malgré le nombre élevé d’opérateurs, les 8 premiers opérateurs concentrent 73% des parts de marché, comme le montre l'infographie ci-dessous.
L’examen des liens capitalistiques entre certains acteurs montre même que deux opérateurs totalisent environ la moitié des parts de marché du secteur.
Il est ainsi possible d’avancer que les premiers opérateurs sur une base consolidée sont deux groupes verticalement intégrés, qui cumulent conjointement près de 50% des parts de marché. Cette concentration revêt également un caractère géographique, dans la mesure où la moitié des unités de fabrication d’aliments composés sont situées dans l’axe Casablanca-Kénitra.
Ce positionnement s'explique par la proximité avec les centres d’élevage et les infrastructures portuaires de débarquement et de stockage des matières premières servant dans la fabrication des aliments composés.
Ledit avis note toutefois que malgré l'augmentation de la production d'aliments composés, certains opérateurs ont disparu ces dernières années, laissant ainsi relativement figé le marché de la fabrication des aliments composés.
En effet, la production d’aliments composés a fortement progressé au Maroc, avec une évolution de près de 300% entre 2000 et 2023, mais accompagnée de quelques perturbations enregistrées depuis la crise du Covid en 2020.
Le segment de la volaille est le plus important avec 76% de la production. Ce segment a connu une progression de 145%. Quant à l’aliment destiné aux ruminants (ovins, bovins et caprins), il a connu une hausse de 718%, mais demeure bien en deçà de l’aliment pour volaille et de son potentiel.
Le Maroc exposé aux fluctuations des prix des matières premières à l’international
Pour analyser le fonctionnement concurrentiel du marché des aliments composés, le rapport a d'abord épluché les comportements d'un échantillon d'opérateurs du marché de la provende locale, en tenant compte des influences des marchés internationaux et des fluctuations des cotations mondiales.
L’analyse se base sur des données recueillies auprès de quatre fabricants d’aliments composés au Maroc, qui représentent 53% des parts de marché, sur une période allant de janvier 2018 à juillet 2024.
Il souligne ainsi que l’industrie des aliments composés au Maroc est fortement exposée aux fluctuations des prix des matières premières sur le marché international, dans la mesure où près de 90% des intrants nécessaires à la fabrication de ces aliments sont importés. Cette situation rend le secteur particulièrement vulnérable aux variations des prix mondiaux.
Les changements des prix des matières premières telles que le maïs et les tourteaux de soja, qui sont des composants essentiels dans les formulations d’aliments pour animaux, peuvent entraîner des impacts significatifs sur les coûts de production. Par exemple, une hausse soudaine des prix du maïs sur le marché mondial se traduit directement par une augmentation des coûts pour les fabricants marocains, ce qui peut également affecter le prix final des produits pour les éleveurs.
Cette dépendance aux importations expose également le secteur à d’autres risques, tels que les fluctuations des taux de change, les perturbations logistiques et les politiques commerciales internationales. Par conséquent, les variations imprévisibles des prix peuvent provoquer des incertitudes et des difficultés de planification pour les entreprises marocaines d’alimentation animale.
Plus en détail, au cours de la période analysée, l’évolution des cours des matières premières céréalières et oléagineuses intégrées dans la composition des aliments composés pour animaux a connu des phases distinctes, qu’il est possible de décrire comme suit :
- 2017-2019 : Ces années ont été marquées par des prix relativement stables, malgré des variations saisonnières habituelles.
- 2020 : L’année a été perturbée par la pandémie de Covid-19, qui a eu des effets mixtes sur les marchés des matières première.
- 2021 : Les prix des céréales et oléagineux ont connu une augmentation significative. Les conditions climatiques extrêmes, y compris une sécheresse sévère en Amérique du Nord et des inondations en Europe, ont gravement affecté les rendements. En outre, la demande persistante de la Chine pour le soja et le maïs, combinée à des problèmes logistiques mondiaux, a contribué à la hausse des prix.
- À partir de 2022 : Ces années continuent d'enregistrer des fluctuations importantes. Les effets persistants du changement climatique, le conflit en Ukraine, qui est un important exportateur de céréales, et les défis logistiques mondiaux ont maintenu les prix à des niveaux élevés. Par ailleurs, l’incertitude économique mondiale continue à occasionner une volatilité, malgré une relative détente des prix observée à partir de 2023.
Sous-utilisation des capacités de production : moins de 60% des capacités installées sont exploitées
Par ailleurs, le Conseil de la concurrence relève aussi une sous-utilisation des capacités de production. Actuellement, le marché fonctionne bien en deçà de son potentiel, exploitant moins de 60% de ses capacités installées. Cela se manifeste par le fait que :
- Certaines entreprises disposent de capacités de production excédant la demande réelle du marché, ce qui entraîne une sous-utilisation des équipements et des ressources disponibles.
- L'absence d'investissements dans le renforcement des capacités, ce qui peut démontrer que les capacités existantes sont déjà suffisantes, voire excédentaires par rapport à la demande du marché.
- L'amélioration de la productivité sans augmentation des capacités.
Cette situation a un impact direct sur les prix de vente des produits, car les coûts fixes, liés à l’amortissement des installations et des équipements, doivent être répartis sur une production réduite, ce qui augmente les coûts unitaires.
Plusieurs facteurs contribuent à cette situation. Tout d’abord, la demande fluctuante pour les aliments composés, influencée par des variables économiques et climatiques, limite la capacité des fabricants à opérer à plein régime. Les variations saisonnières dans les besoins des éleveurs, en raison des cycles de reproduction et des conditions météorologiques, ajoutent une couche supplémentaire de complexité. Pendant certaines périodes de l’année, la demande peut chuter de manière significative, laissant les capacités de production largement sous-exploitées.
Captivité de la clientèle et pouvoir de négociation asymétrique
Les données recueillies par le Conseil de la concurrence ont également englobé le profilage des principaux clients des entreprises de l’échantillon au cours des cinq dernières années. L’analyse de la captivité de la clientèle des fabricants d’aliments composés au Maroc révèle une forte relation entre les clients et leurs fournisseurs, notamment en raison des dynamiques inter-groupes.
En effet, les accouveurs appartenant à une même holding préfèrent s’approvisionner auprès des fabricants d’aliments composés du même groupe. Cela crée une situation de clientèle captive à l’intérieur de certains réseaux intégrés. Sur le plan du profilage de la clientèle, la majorité sont des éleveurs plutôt que des revendeurs.
Le secteur est par ailleurs caractérisé par une faible structuration, avec une domination des personnes physiques en tant que clients, ce qui reflète l’état général de l’élevage au Maroc, marqué par une organisation limitée et un grand nombre d’acteurs individuels.
Ces éleveurs, exerçant dans la plupart des cas en tant qu’agriculteurs "traditionnels", se trouvent privés d’accès aux canaux de financement conventionnels. De plus, selon certains éleveurs auditionnés, les banques se montrent réticentes à financer leur activité, jugée particulièrement sujette à de multiples risques (climatiques, épidémiologiques, d’incendie, etc.). Et globalement, selon des sources du secteur bancaire, la filière avicole, principale cliente des fabricants d’aliments composés, ressort majoritairement comme étant sous-capitalisée, dotée d’un matériel vétuste altérant ses performances, manquant de garanties et présentant des problèmes de relève, d’où un risque important d’arrêt d’activité.
Par ailleurs, bien que le marché de la fabrication et de la vente d’aliments composés semble être ouvert à la concurrence, au vu du nombre d’acteurs existants, l’instruction a montré une forte intégration chez les provendiers présents sur les différents maillons de la chaîne (importateur de matières premières, fabricants, distributeurs et même accouveurs et éleveurs). Ces fournisseurs sont également concentrés géographiquement, puisqu’ils sont implantés majoritairement sur l’axe Casablanca-Kénitra.
Il a également été constaté qu’une majorité d’éleveurs se trouvent liés inévitablement aux mêmes fournisseurs, car agissant en position de créanciers détenteurs de garanties, en l’occurrence des chèques, qu’ils peuvent exécuter à tout moment. Les éleveurs se trouvent ainsi dépourvus d’un véritable pouvoir de négociation sur le prix et obligés de s’approvisionner en aliments composés qui pourraient ne pas correspondre à la qualité demandée.
Le secteur avicole doit être restructuré
Pour résumer, certes, le secteur de l’élevage avicole au Maroc joue un rôle important dans l’économie agricole du pays, mais il demeure peu structuré, avec un accès limité aux financements conventionnels et particulièrement fragile en raison de plusieurs facteurs.
Plusieurs problématiques majeures subsistent, essentiellement au niveau de l’aval de la filière, avec le marché du vif qui constitue un obstacle à l’intégration des différents maillons de la chaîne de valeur. Parallèlement, la filière pâtit de la présence d’intermédiaires et de l’exercice de l’activité avicole par des unités informelles non autorisées.
Au regard de cette situation, les conditions commerciales imposées par les fabricants d’aliments composés semblent exacerber les vulnérabilités existantes. Les délais de paiement octroyés par les fabricants d’aliments composés aux éleveurs avicoles sont souvent longs, ce qui place ces derniers dans une situation financière précaire. Les éleveurs se retrouvent fréquemment contraints d’accepter des conditions de crédit peu avantageuses pour pouvoir maintenir leur production. Cette dépendance aux crédits fournisseurs limite leur capacité à gérer efficacement leur trésorerie et à investir dans des améliorations nécessaires pour la compétitivité et la productivité de leurs élevages.
Il y a également lieu de noter que les défis auxquels sont confrontés les éleveurs ne se limitent pas à la production, mais incluent également la commercialisation de leurs produits. Les fluctuations des prix, souvent influencées par les variations saisonnières et les événements économiques ou climatiques, créent une instabilité qui complique la planification et la gestion financière des exploitations.
En outre, le marché informel, caractérisé par des transactions sans réglementation ni contrôle, perturbe les prix et compromet la concurrence loyale, exacerbant la précarité des éleveurs.
Parallèlement, le marché des aliments composés est dominé par quelques grands opérateurs intégrés verticalement, qui contrôlent à la fois l’importation des matières premières et la distribution des produits finis. Cette intégration verticale permet à ces entreprises de maîtriser toute la chaîne de production, de l’approvisionnement en céréales jusqu’à l’abattage industriel. Si cette structure peut offrir des avantages en termes d’efficacité et de coût, elle peut aussi renforcer les déséquilibres de pouvoir au détriment des éleveurs, qui se retrouvent avec peu de marge de manœuvre pour négocier des conditions plus favorables.
Les recommandations du Conseil de la concurrence
Pour pallier cette situation, le Conseil de la concurrence recommande ce qui suit :
- améliorer l’approvisionnement en tourteaux d’oléagineux et en céréales ;
- renforcer les contrôles de l’ONSSA et encourager l’autocontrôle ;
- diversifier la production d’aliments composés vers de nouveaux segments, pour un meilleur usage des capacités de production ;
- renforcer l’usage des aliments composés pour ruminants ;
- favoriser l’exportation des aliments composés et structurer le secteur avicole pour promouvoir l’exportation des viandes de volaille et produits transformés ;
- encourager les acteurs à mettre en place des mécanismes de couverture des risques ;
- encourager la recherche et développement afin d’autonomiser l’approvisionnement en matières premières.