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Environnement

Canicule en novembre : les hotspots climatiques de la capitale économique

HEATMAP. Alors que l'hiver approche, le thermomètre s'affole dans plusieurs villes marocaines, enregistrant des températures bien au-dessus de la normale. Casablanca, par exemple, a connu à plusieurs reprises des épisodes de chaleur extrême où les températures dépassent les 33 degrés. Par données satellitaires, voici comment a évolué cette vague de chaleur à Casablanca, en prenant l'exemple du 23 novembre 2024 à 11 h (GMT+1).

Canicule en novembre : les hotspots climatiques de la capitale économique
La ville de Casablanca.
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Le 29 novembre 2024 à 16h00 | Modifié 30 novembre 2024 à 11h00

Au Maroc, le réchauffement climatique est une réalité qui prend de l'ampleur et qui se manifeste notamment par une augmentation incompréhensible des températures, la rareté des précipitations, la diminution des ressources en eau de surface et un impact direct sur l’activité agricole.

Alors que nous sommes en plein automne, une nouvelle vague de chaleur sévit sur l'ensemble de la plaine atlantique, avec des maximales de 33 degrés enregistrées à Casablanca, El Jadida et Agadir, et ce, à quelques semaines de l'arrivée de l'hiver.

Les températures hivernales au Maroc, habituellement inférieures à 20°C, ont été bouleversées en 2024 par des épisodes successifs de chaleur.

Casablanca, tout comme d'autres villes du pays, a connu des températures dépassant à plusieurs reprises le seuil des 30 degrés, un phénomène climatique tout à fait anormal en cette saison.

Canicule en novembre : les hotspots climatiques de la capitale économique
Les moyennes de températures mensuelles par rapport à la moyenne entre les années 1991 et 2020 (source: infoclimat).

 

Les hotspots climatiques de la capitale économique

En milieu urbain, la hausse des températures est plus fortement ressentie dans certaines zones que d'autres. Ce phénomène physique, caractérisé par la formation d'un dôme thermique, entraîne une augmentation locale de la température (une augmentation de plus de 6 degrés par rapport aux zones normales).

Plusieurs facteurs contribuent à l'intensification de ces îlots de chaleur, notamment la concentration de bâtiments, la pollution, le déficit de la végétation, l'absence de ventilation aérienne, et la dominance de surfaces imperméables comme l'asphalte ou le béton. Couplé à l'effet de l'humidité, le phénomène des îlots de chaleur urbains rend les épisodes caniculaires particulièrement difficiles à vivre pour les Casablancais.

En revanche, les îlots de fraîcheur (une diminution jusqu'à 6 degrés par rapport aux zones normales), caractérisés par une végétation abondante, une bonne circulation de l'air, une faible densité urbaine et une moindre circulation de véhicules, peuvent atténuer les effets du réchauffement climatique en milieu urbain. Ces espaces, en créant de l'ombre, en rafraîchissant l'air par évapotranspiration et en absorbant le CO2, constituent de véritables boucliers contre le réchauffement climatique, dont la fréquence et l'intensité devraient augmenter dans les prochaines années.

Les îlots de chaleur urbains représentent un risque de santé publique de premier ordre, car en plus de causer des maladies courantes liées à la chaleur (déshydratation, fièvre, problèmes respiratoires...), ils peuvent amplifier le risque de maladies chroniques comme les maladies rénales, le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Ci-dessous, une carte montrant la répartition des températures au sol, ainsi que la localisation des îlots de chaleur et de fraîcheur dans la ville de Casablanca, reconstituée par Médias24 à partir des données satellitaires prises le 23 novembre 2024 à 11 h (GMT+1) [carte interactive].

L'analyse de la Heatmap du 23 novembre 2024, journée où Casablanca a atteint 30°C, révèle la présence de plusieurs îlots de chaleur, avec des températures culminant à 38°C, principalement concentrés dans le nord de la ville, au niveau des zones industrielles, des quartiers denses et des terrains nus.

À l'inverse, les îlots de fraîcheur sont localisés dans le quartier d'Anfa, caractérisé par une végétation abondante, un trafic réduit et une densité bâtie moins élevée.

2024, une année qui défie toutes les statistiques

Durant cette année exceptionnelle, le Maroc a connu un record de vagues de chaleur, faisant de ce phénomène la norme.

Le 5 avril, Casablanca, habituellement rafraîchie par les alizés, a enregistré un record historique de chaleur de 37°C, soit une température bien supérieure aux moyennes saisonnières, et plus proche des températures estivales typiques des régions intérieures et désertiques.

Trois principales vagues de chaleur, les 6-7, 23-24 et 27-28 novembre, viennent s'ajouter à la série d'épisodes chauds que nous avons connus cette année.

Avec 33,3°C le 24 novembre, Casablanca a approché le record de 34,7°C enregistré il y a quarante ans, en 1984.

Comme Casablanca, d'autres villes côtières de l'Atlantique ont battu leurs propres records de température en novembre, notamment Agadir (37,4°C), Rabat (34°C), Mohammédia (33,4°C), Essaouira (31,3°C) et Kénitra (32,5°C).

Canicule en novembre : les hotspots climatiques de la capitale économique
Normes journalières (1991-2020) et extrêmes (1980-2024) avec, en vert, les records d'extrêmes enregistrés entre 2021 et 2024 (source : Infoclimat).

Selon la Direction générale de la météorologie nationale (DGM), les régions de la plaine atlantique, telles que Casablanca, Rabat et Mohammédia, ont connu des écarts notables allant de +8 à +10 degrés, par rapport aux moyennes décennales. Bien que ces augmentations de température puissent survenir à cette période de l'année, l'ampleur et la récurrence de cette hausse sont assez inhabituelles, comme ce fut le cas le 16 novembre 2009 où une température de 31,3°C avait été enregistrée.

La DGM explique que cette vague de chaleur exceptionnelle est due à un anticyclone sur le nord de l'Afrique qui a poussé des masses d'air chaud vers le Maroc. Elle s'inscrit dans un contexte plus large de dérèglements climatiques mondiaux, qui multiplient les événements météorologiques extrêmes tels que des vagues de chaleur inhabituelles, même pendant les périodes où les températures sont normalement plus basses.

Une interprétation antérieure de Climameter, un observatoire spécialisé dans l'analyse des événements climatiques extrêmes, à la suite de la vague de chaleur de février 2024, rejoint les conclusions de la DGM concernant les causes de la récurrence de ces vagues de chaleur.

Selon ces scientifiques, le changement climatique d'origine anthropique est un facteur déterminant. Ils soulignent également que les modifications des systèmes de pression atmosphérique, avec une baisse sur le sud de l'Espagne et du Portugal et une hausse sur l'Atlantique, ont favorisé cet événement. Par ailleurs, ils constatent que des épisodes similaires ont tendance à se produire de février à mars.

Canicule en novembre : les hotspots climatiques de la capitale économique
Les changements climatiques détectés dans les milieux urbains (source : Climameter).

D'après les évaluations de ces scientifiques, les températures sur une grande partie du Maroc ont connu une hausse de 1°C à 2°C par rapport aux moyennes saisonnières. Cette tendance est particulièrement marquée dans les grandes zones urbaines comme Agadir, Casablanca et Rabat, où les températures ont augmenté d'environ 1,5°C.

Les villes marocaines devraient connaître une augmentation du nombre de jours avec des températures maximales supérieures à 35°C, atteignant potentiellement 50 à 100 jours d'ici 2050 d’après les dernières modélisations du GIEC.

Des territoires résilients face au changement climatique

Pour faire face aux défis du réchauffement climatique, il est indispensable de repenser nos villes. En passant d'une logique d'actions isolées à une approche systémique, nous pouvons générer des îlots de fraîcheur qui permettront d'atténuer les effets du réchauffement climatique. En premier, la végétalisation urbaine, à travers la plantation d'arbres, les toitures végétalisées et la création d'espaces verts, est une solution clé pour rafraîchir les environnements tout en améliorant la qualité de l'air.

Parallèlement, la construction de bâtiments écoénergétiques, l'encouragement des transports durables et l'adoption de solutions énergétiques renouvelables permettent de réduire significativement la consommation énergétique, les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique et sonore, améliorant ainsi la qualité de vie des habitants.

En agissant sur ces différents leviers, il est possible de créer des villes plus résilientes face au changement climatique et de favoriser un développement urbain durable, tel que visé par le Nouveau Modèle de développement (Axe stratégique 4 : des territoires résilients, lieux d’ancrage du développement).

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Le 29 novembre 2024 à 16h00

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