“Journée du Rif”, l'affaire Boualem Sansal : Alger touche le fond, mais creuse encore
Nouvel acte d'hostilité de la part d'un régime de plus en plus isolé et en pleine déperdition. Alger a été le sinistre théâtre, le samedi 23 novembre 2024, de "la Journée du Rif", avec la participation d'individus appelant à "l'indépendance de la République du Rif".
Face à l'érosion effrénée du soutien international au polisario, notamment la suspension de la reconnaissance de l'entité fantôme de la part de l'Equateur et du Panama et le soutien français au plan d'autonomie marocain, l'Algérie a choisi d'intensifier ses provocations, dans une tentative de maintenir la tension à un niveau élevé.
Elle a cette fois apporté son soutien à une frange marginale de séparatistes du Rif, en organisant un rassemblement pour le prétendu 'Parti national rifain', avec des représentants de l'Afrique du Sud, du Mozambique et de la 'rasd'. L'agence de presse algérienne (APS) a, dans un communiqué, annoncé que la capitale algérienne a accueilli, le samedi 23 novembre, "la première session de la Journée du Rif organisée sur le thème 'La République du Rif et le droit de recouvrer l'indépendance'".
Devenu aujourd'hui sinistrement célèbre pour son style cru et inquisitoire, indigne d'une agence de presse, l'APS a rapporté les propos de Yuba El Ghaddioui (Jabir de son vrai prénom, originaire de la province de Nador et résidant à Dusseldorf en Allemagne), meneur autoproclamé du 'Parti national rifain'. Celui-ci a appelé à "adopter une position considérant la 'rasd' et la 'République du Rif' comme étant les dernières colonies en Afrique". Ce même individu avait annoncé, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux en mars dernier, l'ouverture de ce qu'il a appelé "un bureau de représentation du Rif" à Alger. Une "représentation" financée et prise en charge (locaux compris) par le régime militaire du pays voisin.
La vérité qui crève aujourd'hui les yeux est que les échecs et les revers dans le dossier du Sahara ont poussé le régime algérien à tenter de créer un nouveau foyer de tension dans une tentative désespérée.
De surcroît, Alger a requis la présence de partis politiques algériens et de parlementaires afin de remplir la salle lors de cette "Journée du Rif", forçant aussi les télévisions algériennes à couvrir cet événement absurde en direct. Les médias écrits et électroniques à la solde du régime ont également été mis à contribution.
Cette action provocatrice a suscité de vives réactions de colère et de condamnation. À la suite de cette énième mascarade, certains sont même allés jusqu'à qualifier le régime algérien de "cancer de l'Afrique du Nord". Une appellation qui ne semble pas incongrue en voyant comment les généraux gaspillent des milliards de dollars d'argent public pour tenter de nuire au Maroc, un pays qui ne cesse de leur tendre la main pour tourner cette page sombre des relations bilatérales entre voisins, dont les peuples ont tout à gagner d'une nouvelle vision fondée sur la coopération et le respect mutuel.
Dans un autre coup de sang plus tôt ce mois-ci, l'Algérie a arrêté le 16 novembre l'écrivain et romancier Boualem Sansal, 75 ans, pour "l'ensemble de son œuvre", suscitant une vague de réactions en France en raison des accusations portées à son encontre. L'auteur, connu pour ses prises de position courageuses, fait face à des charges graves de "trahison" et d'"atteinte à la sécurité nationale".
Boualem Sansal critiquait vivement, dans ses déclarations, le soutien onéreux et tout aussi dangereux apporté par le gouvernement algérien au polisario, qualifié de "création algérienne pour déstabiliser le Maroc", allant même jusqu'à dire "qu'une partie du territoire algérien dans le Sahara était historiquement marocaine".
Dix jours après son arrestation, Boualam Sansal risque aujourd'hui la réclusion à perpétuité. Son état de santé inquiète aussi sa famille, car les autorités algériennes sont accusées de la part d'acteurs de la société civile de pratiquer la torture derrière les barreaux.