Santé : les syndicats en attente de garanties concrètes
Pour apaiser les tensions croissantes dans le secteur de la santé, le nouveau ministre a entamé, le 5 novembre, une série de rencontres avec les syndicats. Bien qu’il ait présenté des garanties concernant la préservation du statut de fonctionnaire du secteur public pour les professionnels de la santé et la centralisation des salaires, certains syndicats maintiennent leurs actions de protestation, visant à faire pression en relation avec d’autres points de revendication encore non satisfaits.
Après la Fédération nationale de la santé relevant de l'UMT et le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP), le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, a rencontré, le dimanche 10 novembre, la Coordination syndicale de la santé qui regroupe l'ODT, la CDT, la FDT, l'UNTM, l'UGTM et le Syndicat indépendant des infirmiers et des techniciens de santé.
Selon nos informations, la réunion a principalement porté sur les dispositions du Projet de loi de finances 2025, dont les amendements seront bientôt discutés au Parlement. Il s'agit plus précisément de la sauvegarde du statut de fonctionnaire du secteur public et l'inscription des salaires des professionnels du secteur dans le Budget général de l'Etat de manière à ce qu'ils soient débloqués par la Trésorerie générale du Royaume (TGR).
"Tout est entre les mains des parlementaires"
Dans un communiqué publié à l'issue de cette rencontre, la coordination des six syndicats du secteur explique qu'à l'issue de cette réunion urgente, "le ministre s'est engagé à préserver la centralisation des postes budgétaires et des salaires, ainsi que le statut de fonctionnaire du secteur public".
"Le ministre a également assuré que toutes les clauses de l'accord signé [le 23 juillet dernier, ndlr] avec le gouvernement seront mises en œuvre rapidement", lit-on sur le document qui ajoute que ce dernier "a passé plusieurs jours à chercher des solutions juridiques pour garantir ses engagements, qui seront exposées et examinées ce mardi 12 novembre à la Chambre des représentants".
Contacté par nos soins, le Dr Mustapha Chennaoui, président du Syndicat national de la santé, affilié à la CDT, nous confie que "le problème est en train d'être résolu. Nous nous sommes mis d'accord ce dimanche avec le ministre de la Santé sur le principe du maintien du statut de fonctionnaire du secteur public et de la centralisation des salaires. À présent, c'est le Parlement qui décidera".
"Ce sont les députés qui vont trancher sur ces deux points à travers des amendements, s'ils sont convaincus de notre cause, et on espère que ce sera le cas". En effet, le dernier délai pour le dépôt des amendements du PLF était fixé pour ce lundi 11 novembre à midi.
"En ce qui concerne l'accord du 23 juillet, nous avons convenu avec l'équipe du ministère de poursuivre les discussions dans les prochains jours", pour la mise en œuvre du reste de ses dispositions.
Le SIMSP maintient ses grèves
Si la coordination des six syndicats précitée temporise en attendant d'observer l'avancement du dossier au niveau du Parlement, le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP), malgré sa rencontre avec le ministre le 5 novembre dernier, a, lui, décidé de tenir une nouvelle grève nationale de 48 heures, les 12 et 13 novembre. Il s'agit de la deuxième depuis la nomination du nouveau ministre.
Dans un communiqué publié également dimanche, le bureau national du syndicat explique que cette grève "a été décidée à la suite d'une réunion d'évaluation de la situation actuelle dans le secteur, marquée par des évolutions inquiétantes". Il estime que "la situation a évolué de manière défavorable depuis l'accord du 23 juillet 2024 entre le gouvernement et la coordination syndicale de santé", que le SIMSP avait refusé de signer. "Les tensions se sont intensifiées, notamment par la persistance des atteintes aux droits des travailleurs de la santé, en particulier des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes".
Contacté par nos soins, son secrétaire général, le Dr Al Mountadar Alaoui, nous a expliqué que "la réunion tenue le 5 novembre dernier avec le nouveau ministre était une rencontre de prise de contact, durant laquelle le syndicat a fait savoir à Amine Tahraoui que les problématiques du secteur sont multiples, outre les dispositions du PLF 2025, que l'on juge controversées. Pour montrer l'urgence, nous avons décrété une nouvelle grève".
"Nous avons également, durant cette rencontre, détaillé notre dossier revendicatif et appelé à reprendre les réunions pour discuter et trouver des solutions aux multiples problématiques du secteur et qui ont principalement trait à la réforme en cours", notamment :

