Égalité des genres. Ce qu'en pensent les Marocains selon une étude du HCP
Chaque année, le 10 octobre, le Maroc célèbre la Journée nationale de la femme. À cette occasion, le haut-commissariat au Plan (HCP) a publié une note sur les perceptions des Marocains concernant l’égalité des genres.
La note du HCP, fondée sur l'Enquête nationale sur la perception par les ménages de certains aspects des Objectifs de développement durable (2016), concerne différents aspects de la parité, notamment dans les domaines de l'éducation, de l'emploi, des responsabilités sociales et politiques, ainsi que des tâches domestiques.
Elle révèle que la perception de l'égalité hommes-femmes est largement influencée par des facteurs culturels et sociaux. Les Marocains estiment que les traditions héritées jouent un rôle clé dans la perpétuation des inégalités.
Toutefois, ils reconnaissent aussi que l'éducation est un levier fondamental pour réduire ces disparités, notamment dans les domaines du travail et de l'accès aux responsabilités. Quant à la question de l'héritage, elle demeure un sujet très controversé, avec une forte opposition à l'idée de parité.
Voici les chiffres clés de l'étude.
Domaines de l’inégalité
Selon cette étude, 58,4% des Marocains pensent qu’il n’existe pas d’égalité entre les hommes et les femmes dans le pays. La perception de cette inégalité est plus élevée dans les zones rurales, où 65,8% des personnes interrogées affirment l'absence d'égalité, contre 52,4% dans les zones urbaines.
Par genre, 63,3% des femmes estiment qu'il n'y a pas d'égalité entre les sexes au Maroc. En comparaison, 54,8% des hommes partagent cette opinion.
Les Marocains perçoivent l'inégalité hommes-femmes différemment selon les domaines de la vie sociale, économique et domestique :
- 16,5% des Marocains estiment qu’il n'existe pas d’égalité entre hommes et femmes en matière d’accès à l’éducation, tandis que ce chiffre atteint 20,4% pour l'accès aux soins de santé.
- 87,6% des répondants considèrent qu'il n'y a pas d'égalité dans le partage des tâches domestiques. C'est le domaine où l'inégalité est la plus visible selon eux.
- 31,5% pensent qu’il n’y a pas d’égalité en matière d’accès au marché du travail, avec 25,9% pour l’accès à l'emploi public et 34,3% pour l’accès à l'emploi privé.
- Les inégalités dans l'accès à l'emploi sont particulièrement perçues par 38,6% des femmes contre 25,5% des hommes.
Causes des inégalités
Les inégalités perçues sont principalement attribuées à des facteurs culturels et traditionnels :
- 58,7% des Marocains affirment que ces inégalités proviennent des traditions héritées. Ce chiffre atteint 61% en milieu urbain et 54,7% en milieu rural.
- 22,5% des répondants estiment que ces inégalités sont dues au manque d'accès à l'éducation pour les femmes.
Forte opposition à la parité dans l’héritage
Le sujet de la parité dans l'héritage est particulièrement sensible au Maroc. Une large majorité des Marocains interrogés s’opposent à la réforme visant à établir une égalité dans l'héritage entre hommes et femmes :
- 86,8% des Marocains se disent contre la parité dans l’héritage, avec une opposition plus marquée chez les hommes (92,3%) que chez les femmes (81,4%).
Égalité dans l'accès aux postes de responsabilité
Interrogés sur l’égalité dans les domaines administratifs, une majorité de Marocains s'est déclarée en faveur de la parité hommes-femmes dans divers secteurs. Parmi ceux-ci figurent l’accès aux responsabilités administratives(73,5%), la représentation parlementaire (71,1%), les fonctions électives territoriales (70,5%), la participation au gouvernement (68,7%), l’accès à la magistrature (67,3%), ainsi que la direction des partis politiques et syndicats (65,4%).
Priorités pour promouvoir l'égalité
L'enquête a également interrogé les Marocains sur les priorités pour améliorer l'égalité hommes-femmes :
- 65,3% des personnes interrogées estiment que l'éducation est la clé pour parvenir à une véritable égalité.
- 20,3% considèrent que l'accès à l'emploi est la priorité.
- Seulement 6,8% des répondants jugent que l'amélioration de l'égalité passe par l'accès aux postes de responsabilité.