Présidentielles algériennes : des contradictions dans les résultats annoncés
L’Autorité nationale indépendante des élections a présenté des chiffres relatifs aux résultats des présidentielles, qui se sont révélés contradictoires, mettant ainsi le régime algérien dans l'embarras. Les candidats aux élections, y compris Abdelmadjid Tebboune, les ont contestés.
Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, a annoncé le dimanche 8 septembre les résultats de l'élection présidentielle, affirmant que le taux de participation avait atteint 48,03% à l’intérieur du pays et 19,57% pour la diaspora algérienne.
Mohamed Charfi a déclaré que le candidat indépendant Abdelmadjid Tebboune avait obtenu 5.329.253 voix, soit le chiffre stalinien de 94,65 %, tandis que le candidat du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), Abdelaali Hassani Chérif, est arrivé en deuxième position avec 178.797 voix, soit 3,17%. Le candidat du parti du Front des forces socialiste (FFS), Youcef Aouchich, a quant à lui obtenu 122.146 voix, soit 2,16%.
Outre le fait que le total des taux obtenus par les trois candidats n'atteint pas 100% qu'on peut expliquer par des votes blancs, le corps électoral compte 24.351.551 inscrits, dont 23.486.061 électeurs à l’intérieur du pays et 865.490 électeurs pour la communauté algérienne à l’étranger, si l'on se fie aux chiffres toujours fournis par l’ANIE.
En se basant sur les résultats du dépouillement, le nombre total de votants au scrutin présidentiel est de 5.630.196, soit un taux de participation de 23,12% du corps électoral. Où sont donc passés les quelque 7 millions d'électeurs nécessaires pour atteindre les 48,03% ? Une question à laquelle même l’ANIE ne semble pas avoir de réponse.
Quelques heures après l'annonce des résultats, les trois candidats, dont l'heureux gagnant à l’élection présidentielle Abdelmajid Tebboune, ont publié un communiqué conjoint, critiquant les chiffres avancés. Ils ont ainsi souligné "une contradiction dans les chiffres de la participation, la confusion dans l’annonce des résultats avec l’absence des données de base, et un dysfonctionnement dans l’annonce du taux pour chaque candidat", dans une tentative de couvrir le scandale des chiffres gonflés du taux de participation des Algériens aux élections.
L'opposant algérien Chawki Ben Zahra a qualifié, dans un post sur X (ex-Twitter), cette situation surréaliste de "farce au sein du régime algérien ! Après le scandale de la falsification et du gonflement du taux de participation, ainsi que la flagrante incohérence des chiffres, Tebboune publie un communiqué avec les autres candidats pour dénoncer les résultats, tentant ainsi de se dédouaner de cette manipulation. Un régime incapable, même lorsqu'il s'agit de truquer un processus électoral, qui s'est avéré être une farce à tous égards, avec une participation de moins de 10% du corps électoral".