Tanger : Colloque sur les débuts de l'humanité au Maroc
Le colloque "Le Maroc... Terre de Prémices", organisé samedi au Centre culturel Ahmed Boukmakh à Tanger, a mis en lumière la transformation récente du Maroc en un centre de recherche archéologique de renommée mondiale et une fenêtre sur l'histoire des civilisations humaines anciennes.
Les participants au colloque, qui s'inscrit dans le cadre de la 18ème édition du Festival "Twiza" qui se tient du 25 au 28 juillet sous le thème "Les Nations prévalent tant quelles préservent leurs morales", ont présenté les diverses découvertes archéologiques successives dans plusieurs régions du Maroc, qualifiées d'exceptionnelles par les spécialistes et bouleversant des croyances et postulats bien établis dans les milieux scientifiques.
Lors des travaux du colloque, les intervenants ont unanimement reconnu que ces découvertes ont conduit à repenser l'écriture de l'histoire humaine, soulignant que l'archéologie, en tant que science qui étudie les vestiges des anciennes civilisations humaines, notamment les artefacts, l'architecture, les œuvres d'art, les ossements et autres, peut élargir le champ des connaissances dans ce domaine, les mettant à la disposition de la communauté scientifique et de l'humanité en général.
A cet égard, le chercheur en culture amazighe, Ahmed Assid, a relevé que l'approche adoptée pour étudier ces récentes découvertes archéologiques au Maroc est une approche identitaire qui pose la question de la possibilité de progresser sans partir de soi-même.
Dans son intervention, il a relevé que ces découvertes archéologiques ont un lien profond avec la conscience nationale d'appartenance, notant que les études archéologiques "nous ont fait passer d'un système culturel basé sur le document littéraire et les récits à un autre fondé sur le document historique".
"Ces recherches ont fait du Maroc une destination mondiale pour les données archéologiques concernant de nombreux aspects tels que l'agriculture et les vêtements, qui sont les plus anciens au monde", a-t-il poursuivi, appelant à l'intégration de ces données dans les programmes scolaires pour que les jeunes générations soient mieux informées sur le pays, renforçant ainsi le sentiment d'appartenance nationale.
De son côté, le directeur de l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine (INSAP), Abdeljalil Bouzouggar, a indiqué que les découvertes archéologiques au Maroc "n'ont pas seulement eu un grand impact sur l'histoire du Maroc, mais aussi sur une partie importante de l'histoire de l'humanité, notamment concernant le plus ancien Homo sapiens et les premières traces de sédentarisation, un élément crucial qui a conduit à l'émergence de la civilisation".
Dans une déclaration à la MAP, M. Bouzouggar a ajouté, que "la recherche des origines est importante, et elle signifie que nous connaissons et comprenons notre identité sous tous ses aspects, nous permettant de posséder notre patrimoine, de comprendre ce que nous ont laissé nos ancêtres, et comment nous devons le préserver et l'intégrer dans la dynamique économique".
Il a, par ailleurs, mis en avant "les efforts considérables du ministère de la jeunesse, de la culture et de la communication pour renforcer le rôle de l'INSAP en fournissant des ressources humaines, financières et logistiques, ce qui portera ses fruits à long terme, ainsi que pour le travail à la promotion des sites historiques du Royaume et leur diffusion auprès du grand public".
Pour sa part, le penseur et historien irakien, Khazaal El Majidi, a focalisé son intervention sur les débuts de l'humanité préhistorique et non seulement sur les périodes historiques, explorant ce qui a été réalisé en termes de fouilles concernant cette époque, notamment les différentes phases de l'Age de pierre.
"Ces périodes sont très importantes bien qu'elles ne constituent pas une civilisation, qui a commencé avec l'apparition de l'Homo sapiens au Maroc, dont les manifestations incluent de nombreux objets de parure sophistiqués", a-t-il fait savoir, notant que "ces découvertes confirment l'importance du Maroc comme berceau de la civilisation humaine et du développement à l'époque préhistorique, bien que le Maroc n'ait pas été un point focal des fouilles archéologiques auparavant, ce qui est rendu aujourd'hui possible grâce aux experts marocains".
Il est à noter que cette édition du festival "Twiza" comprend une série de colloques intellectuels, de rencontres culturelles, d'expositions de livres, d'art plastique et de produits artisanaux marocains traditionnels et du terroir, ainsi que des soirées musicales variées.
Le festival célèbre également la culture du dialogue, de l'ouverture et de la tolérance à travers des conférences, des expositions et des concerts avec la participation de créateurs, penseurs et artistes venus du Maroc et de l'étranger.