Guelmim-Oued Noun. Mbarka Bouaida revient sur les réalisations et présente les orientations du conseil de la région
La région Guelmim-Oued Noun a organisé, ce lundi 22 juillet, une conférence de presse dans la ville de Guelmim pour couvrir certaines réalisations accomplies et présenter les orientations de la région.
Porte d'entrée du Sahara marocain, Guelmim-Oued Noun marque la fin de la chaîne de l'Atlas. Elle fait le lien entre la région Sous-Massa, récemment définie comme le nouveau centre du Royaume, et les autres provinces du Sud, caractérisées par leur positionnement de traits d'union entre le Maroc et ses voisins africains.
Se déployant sur une superficie de 46.000 kilomètres carrés, elle comprend quatre provinces : Sidi Ifni, Guelmim, Assa Zag et Tan-Tan.
S'exprimant lors d’une conférence de presse, Mbarka Bouaida, présidente du conseil de la région Guelmim-Oued Noun, a souligné les transformations importantes que connaît le Maroc et la nécessité que chaque région suive le même rythme de développement. "Nous constatons qu'il y a une transformation au niveau national, notamment par le début du chantier de l'instauration de l'État social conduit par le gouvernement".
La responsable a également mis en lumière les nouvelles compétences des régions marocaines. "Les 12 régions ont elles aussi aujourd'hui de nouvelles compétences. Nous avons travaillé pour mettre en place une nouvelle vision stratégique pour la région Guelmim-Oued Noun, en adoptant le Schéma régional d'aménagement territorial (SRAT) ainsi que le Plan de développement régional de cinq ans".
Mbarka Bouaida a rappelé que le SRAT est un document de référence pour plus de vingt-cinq ans, offrant les grandes orientations de chaque région. "Avec plus de 440.000 habitants et 70.000 km², la région connaît aujourd'hui un vrai changement, dont le point de transformation a eu lieu en février 2016, à travers la signature du programme de développement intégré, dont le budget était de 77 MMDH pour les trois régions les plus défavorisées dont la nôtre".
Depuis lors, plusieurs grands projets ont été initiés, bien que leurs effets ne soient pas encore pleinement ressentis. "Les grands projets ont commencé, dont on ne sent pas actuellement l'effet, à leur tête l'infrastructure autoroutière dont les travaux ont atteint un niveau d'achèvement de 95%. Le dernier en date est l'autoroute de Guelmim-Tan Tan, qui fut inaugurée à l'occasion de Aïd al-Adha", a-t-elle précisé.
L'objectif de ces projets est double : "Non seulement le désenclavement de certaines populations, mais aussi l'accélération du développement économique, et rapprocher le nord du sud du Royaume".
Après, sont venus d'autres grands projets sur lesquels travaille le conseil, à leur tête le programme de contractualisation entre l'État et la région d'un montant de plus de 5 MMDH, en plus du SRAT d'un budget de plus de 11,6 MMDH. Notons également qu'entre 2017 et 2023, 40% du budget de la région était alloué au désenclavement à travers le programme de réduction des disparités sociales.
"Dans l'ensemble, nous parlons de plus de 130 projets à moyen et long terme, dont les objectifs sont le rattrapage des retards critiques de la région, le renforcement des infrastructures et des atouts non seulement logistiques, mais aussi culturels et économiques. Nous nous sommes concentrés sur le secteur des équipements, un taux d'électrification qui dépasse 93%, un réseau routier important sur lequel le conseil de la région travaille à achever, avec une convention très ambitieuse qui dépasse les 2 MMDH, dont 58% sont couverts par la région. Cette convention nous permettra de rattraper plus de treize ans de retard".
Mbarka Bouaida n'a pas manqué de mentionner la problématique de l'eau, élément fondamental de leur stratégie. "Nous participons aussi à mettre en place la feuille de route au niveau national, avec un budget de 1 MMDH, qui inclut la construction de barrages tels que celui de Fask qui protègera Guelmim des inondations et ouvrira des possibilités d'irrigation de 1.000 ha, et le projet de station de dessalement de Chbika sous la houlette de l'Agence régionale de l'exécution des projets".
Les énergies renouvelables : l'un des principaux atouts de la région
Mbarka Bouaida s'est montrée optimiste quant à l'avenir de la région. "Selon nous, l'avenir est très prometteur pour la région car ses atouts vont améliorer son attractivité. Nous voyons des projets prometteurs dans le cadre des énergies renouvelables, notamment dans la production de l'hydrogène vert. La région va réellement en bénéficier, non seulement dans le renforcement des infrastructures, mais également dans la création d'emplois pour la population. Nous prévoyons dans ce sens le lancement des travaux de réalisation de l'Institut régional de l'énergie et des mines à Assa Zag".
Face à la problématique de la durée nécessaire à la mise en places des infrastructures des énergies renouvelables, Mbarka Bouaida a souligné la nécessité de l'innovation dans ce domaine. "Aujourd'hui, la difficulté avec les énergies renouvelables est d'aller vers des projets très court-termistes. On doit être plus innovants et aller vers les meilleures solutions".
Mbarka Bouaida explique la fulgurante hausse du coût de certains projets
Interrogée sur les hausses "anormales" des coûts de certains projets, Mbarka Bouaida a précisé que la majorité absolue du conseil a voté pour l'adoption d'un avenant qui prévoit de doubler le budget des barrages.
"La première convention qui concerne les barrages contenait seulement une estimation de 438 MDH pour la construction de 10 barrages, mais suite aux études chapeautées par l'Agence du bassin hydraulique et le ministère du Transport et de l'équipement, les coûts ont été revus à la hausse, atteignant 800 MDH. Deux barrages de la région ont pris la part du lion à cause de la difficulté technique de leur construction. Il s'agit des barrages Bounjim et Tarourast".
La santé dans la région en question
"Le domaine de la santé ne fait pas partie des compétences du conseil de la région, sauf que les carences observées ont obligé le conseil à prendre des mesures pour développer ce secteur social, notamment à travers la signature de conventions de contractualisation et de conventions pour augmenter le nombre de caravanes médicales", a-t-elle expliqué.
Mbarka Bouaida a également cité les efforts supplémentaires entrepris pour améliorer les infrastructures de santé. "Nous avons signé un contrat cadre de 443 MDH pour la construction d'un hôpital provincial à Lakhssas, et une convention pour remédier aux carences dans d'autres hôpitaux, comme celui de Mirleft et El Ouatia".
Protection des oasis : les initiatives de la région Guelmim-Oued Noun
Cette initiative vise à préserver les écosystèmes fragiles des oasis et à soutenir les communautés locales qui en dépendent. Mbarka Bouaida a souligné l'importance de ces efforts pour la durabilité environnementale et le développement économique de la région. "La protection des oasis est essentielle pour maintenir l'équilibre écologique et soutenir les moyens de subsistance des habitants".
La convention signée prévoit des mesures spécifiques pour la gestion de l'eau, la lutte contre la désertification et la promotion de pratiques agricoles durables. En investissant dans la protection des oasis, la région espère renforcer la résilience des communautés locales face aux défis climatiques et environnementaux.
Mbarka Bouaida a réitéré l'engagement du conseil de la région à continuer de travailler en étroite collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux pour assurer la réussite de ces initiatives. "Nous sommes déterminés à protéger notre patrimoine naturel et à promouvoir un développement durable pour le bien-être de tous les habitants de la région".
Autre objectif, améliorer l'éducation dans la région
Mbarka Bouaida a souligné une initiative majeure visant à renforcer le secteur éducatif dans la région. "Nous avons signé une convention avec le ministère de l'Éducation nationale qui dépasse 600 MDH, dont le but est de remédier aux manques de personnel du corps enseignant et d'améliorer la qualité de l'éducation dispensée dans la région".
La responsable a souligné l'importance de cette convention pour combler les lacunes actuelles en matière de personnel éducatif et améliorer les conditions d'apprentissage pour les élèves. "Cette initiative est essentielle pour assurer un enseignement de qualité et offrir de meilleures opportunités aux jeunes de notre région".
La convention prévoit également des investissements dans la formation des enseignants, l'amélioration des infrastructures scolaires et l'acquisition de matériel pédagogique moderne. Ces mesures visent à créer un environnement d'apprentissage plus propice et à garantir que tous les élèves de la région aient accès à une éducation de qualité.
Selon Mbarka Bouaida, cette initiative représente un pas significatif vers la réduction des disparités éducatives et le renforcement du système éducatif régional. "Nous sommes déterminés à travailler en partenariat avec le ministère de l'Éducation nationale pour assurer la réussite de ce projet ambitieux et offrir un avenir meilleur à nos enfants".
Les initiatives sociales et économiques de la région Guelmim-Oued Noun
Urbanisée à 65%, la population de la région fait la synthèse entre les cultures arabe, hassanie et amazighe pour constituer une mixité culturelle unique au Maroc, incarnée notamment dans un format d'entrepreneuriat fortement enraciné dans le commerce et particulièrement enclin aux formes coopératives et solidaires.
"Concernant le secteur social, nous avons subventionné les maisons d'étudiants et aidé les TPE à travers l'Association Guelmim-Oued Noun Moubadara, qui a accordé plus de 80 prêts d'honneur aux jeunes de la région", a déclaré Mbarka Bouaida
Pour renforcer le tissu économique local, Mbarka Bouaida a annoncé la signature d'une convention avec le ministre de l'Industrie, d'un montant de 300 MDH. "Cette convention prévoit la mise en place d'une zone d'activités économiques à Guelmim, Assa et Sidi Ifni. Pour attirer les investisseurs, nous devons fournir le foncier, la main-d'œuvre et les compétences", a-t-elle expliqué.
La région sollicite l'aide du ministère de l'Enseignement supérieur dans la réalisation de ces objectifs. "À côté de la Cité des métiers et des compétences qui est en cours de réalisation, nous devons établir une Faculté de sciences économiques dans la région, une École supérieure de commerce et de gestion (ENCG), une École nationale des sciences appliquées (ENSA)", a précisé Mbarka Bouaida.
Revenant sur la justice territoriale, elle a insisté sur l'importance de permettre à toutes les provinces de progresser à un rythme uniforme. "La justice territoriale ne se limite pas seulement à fournir le même budget à chaque ville de la région, mais à permettre à toutes les provinces d'avancer au même rythme sur la voie du développement".
Une nouvelle société de développement pour dynamiser le tourisme dans la région
La beauté des sites naturels de la région répond aux nouvelles attentes de l'écotourisme. Ainsi, la région entend privilégier un tourisme responsable, respectueux de la nature et de la culture locale. Plusieurs univers présentent de fortes potentialités, avec notamment la Plage blanche, l'embouchure de l'oued Derâa, la station thermale d'Abaynou, et un large territoire composé d'oasis et de dunes de sable.
Mbarka Bouaida a mis en avant les efforts entrepris pour valoriser le secteur touristique de la région. "Concernant le tourisme, la région a des atouts très importants qu'on doit mettre en valeur, c'est pourquoi nous avons dernièrement créé la Société de développement régional (SDR) du tourisme pour stimuler ce secteur".
Mbarka Bouaida a souligné l'importance de cette initiative pour exploiter pleinement le potentiel touristique de la région. La création de la SDR du tourisme vise à promouvoir les richesses naturelles, culturelles et historiques de Guelmim-Oued Noun, tout en attirant davantage de visiteurs et d'investissements dans ce secteur clé.
Cette nouvelle entité travaillera à la mise en œuvre de stratégies de développement touristique, à la création d'infrastructures adéquates et à l'organisation d'événements destinés à attirer les touristes. En renforçant la visibilité de la région et en améliorant l'accueil des visiteurs, le conseil espère dynamiser l'économie locale et créer de nouvelles opportunités pour les habitants.
"Les budgets des régions doivent augmenter"
Mbarka Bouaida a plaidé pour une augmentation des budgets alloués aux régions afin de mieux soutenir leurs projets de développement. "Nous souhaitons aujourd'hui une augmentation des budgets des régions, car elles sont beaucoup plus impliquées dans les projets de développement des régions".
La responsable a souligné les progrès réalisés dans le cadre du programme de réduction des disparités sociales, affirmant qu’"environ 97% du programme a été réalisé dans la région". Elle a ajouté que ces efforts deviendront plus tangibles avec l'augmentation de l'attractivité économique de la région et la création d'emplois.
"Je crois que, malgré les difficultés et parfois un sentiment d'injustice des populations de la région, la voie est aujourd'hui claire", a-t-elle affirmé, mettant en avant les efforts considérables fournis par le conseil, notamment en garantissant les financements et en responsabilisant toutes les parties prenantes.