Mairie de Rabat : la majorité soudée derrière la nouvelle présidente, l’opposition dans l’attentisme
Trois mois après le changement à la tête de la mairie de Rabat, la majorité et l’opposition s'accordent à dire que le calme est revenu. Si le conseiller RNI Driss Razi loue le travail de Fatiha El Moudni, l’élu FGD Omar Hayani tempère l’optimisme ambiant. Il questionne le fait que la nouvelle maire n’a toujours pas abrogé les dispositions liberticides imposées par sa prédécesseure.
Sollicités par Médias24, un conseiller de la majorité et son collègue issu de l’opposition s’accordent à reconnaître que l’ambiance de travail a totalement changé depuis la démission de la présidente Asmaa Rhlalou.
Tous les projets suspendus en raison du blocus orchestré par les élus ont pu être débloqués après l’élection de Fatiha El Moudni, nous confirme le conseiller RNI, Driss Razi, pour qui le travail a repris et avance bien, "après la parenthèse Rhlalou".
"Avec le soutien du wali, la nouvelle présidente a pris plusieurs décisions pour relancer de nombreux projets qui permettront de développer les services offerts aux habitants de la capitale", a déclaré Driss Razi en ajoutant que l’agenda de travail de Fatiha El Moudni était surchargé.
Et de souligner que la présidente a visité récemment le parc automobile de la commune, la fourrière ainsi que plusieurs marchés communaux dont la rénovation avait été suspendue.
Soutenue par sa majorité et par le wali, la maire a également lancé de nouveaux chantiers pour améliorer la mobilité et les espaces verts dans plusieurs quartiers comme celui de l’Océan.
Driss Razi nous indique que Fatiha El Moudni a organisé ce mercredi 5 juin une réunion avec les présidents de groupes et de communes pour préparer la 2e session extraordinaire de son conseil communal, qui aura lieu le 27 juin prochain.
La 1re session de son mandat s’était tenue en mai dernier dans le calme, en présence de tous les élus (majorité et opposition), rappelle Razi.
"L’opposition espère que Fatiha El Moudni respectera ses engagement "
Tout en confirmant que les débats ont été plus apaisés lors de la première réunion du conseil communal, après le départ de Rhlalou, le conseiller d’opposition Omar El Hayani s’étonne que le changement de statut imposé par la précédente présidente, qui était pourtant inscrit à l’ordre du jour, n’ait toujours pas été abrogé.
"Pour une raison obscure, la décision d'abroger les modifications liberticides du règlement intérieur, imposées par la précédente maire, qui avait été jugée illégale par une décision du tribunal administratif a été reportée", dénonce l’élu FGD.
Il laisse entendre que l’interdiction de filmer les débats pendant le conseil et le plafonnement du nombre de questions écrites posées par l’opposition en session plénière sont en théorie toujours possibles, malgré l’engagement de Fatiha El Moudni à y mettre un terme.
Et de conclure que la présidente a expliqué le report par le fait qu’elle attendait la notification du jugement du tribunal pour rétablir le statut original, alors que le code des communes l’autorisait à abroger le changement unilatéral effectué par la démissionnaire.