Production, prix et qualité : le point sur le palmier dattier
Production nationale et par région, prix moyens, programmes d’amélioration... Le point sur le secteur du palmier dattier, qui constitue l’armature de l’écosystème oasien des régions sahariennes et présahariennes.
L’émergence de nouvelles fermes modernes dans différentes régions stimule la production phœnicicole au Maroc, qui s’est améliorée durant la campagne 2023-2024.
Les prix des dattes restent pour leur part relativement stables sur le marché, oscillant entre 15 et 110 DH/kg.
La production améliorée par l’entrée en service de nouvelles fermes modernes
La production de la campagne phœnicicole écoulée "s’élève à 115.000 tonnes, une production qui fait preuve de résilience face à la succession des années de sécheresse que connaît le Royaume, en particulier en zones oasiennes", explique à Médias24 une source de l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), jointe par nos soins.
"Elle a connu une augmentation de 6,5% par rapport à l’année précédente (108.000 tonnes) grâce à l’entrée en production de nouvelles fermes modernes, notamment dans la zone de Meski Boudnib et de l’Oriental."
La production s’est en effet améliorée depuis la mise en place du programme de l’agriculture de l’ANDZOA. En 2008-2009, elle était à peine de 91.000 tonnes.
Cette amélioration est principalement due à la forte mobilisation des différents acteurs en matière d’extension des superficies plantées, d’amélioration de la conduite technique de production et d’organisation des agriculteurs, leur accompagnement et leur formation. Elle reste toutefois en baisse par rapport à la campagne de 2020-2021, où la production s’élevait à 149.000 tonnes.
79% de la production nationale concentrée dans la région de Draâ-Tafilalet
D’après notre source, la répartition régionale de la production de la campagne 2023-2024 se présente comme suit :
- Draa-Tafilalet (principale région phœnicicole) : avec 91.500 tonnes. Elle contribue à hauteur de 79% de la production nationale en dattes ;
- Souss-Massa : 12.500 tonnes (11%) ;
- Oriental : 7.500 tonnes (7%) ;
- Guelmim-Oued Noun : 3.500 tonnes (3%).
La région Drâa-Tafilalet est donc en tête, puisqu’il s’agit de la principale région en termes de production de dattes au Maroc.
"Les palmeraies du Maroc s’étalent sur une superficie de 67.000 ha et un effectif qui avoisine 7,2 millions de pieds avec une richesse considérable en termes de diversité génétique phœnicicole", confirme notre interlocuteur à l’ANDZOA.
"La culture du palmier dattier est répartie principalement sur quatre importantes régions, à savoir celle de l’Oriental, Drâa-Tafilalet, Souss-Massa et Guelmim-Oued Noun."
"Le palmier dattier représente ainsi l’ossature de l’agriculture dans les zones de sa culture, qui est principalement localisée au niveau de la région Drâa-Tafilalet, avec 90% du patrimoine phœnicicole national. Celle-ci est suivie par Souss-Massa (Tata) avec 5% et l’Oriental (Figuig) avec 3% de ce patrimoine. Le reste de cette culture (2%) est localisé dans la région de Guelmim-Oued Noun."
Notons toutefois que le Maroc importe chaque année une grande quantité de dattes, notamment de Tunisie, d’Egypte et d’autres pays du Moyen-Orient, la production nationale n’étant pas suffisante pour satisfaire la demande locale. Pour cette année, l’importation tourne autour de 60 à 70.000 tonnes, soit un total d’environ 180.000 tonnes, en plus de la production nationale, pour alimenter le marché.
Les prix autour de 15 à 110 DH/kg, selon la variété
Toujours selon notre source à l’ANDZOA, "les prix moyens sur le marché oscillent entre 15 DH à 110 DH/kg". Ils diffèrent selon la qualité de la datte, poursuit-elle : "Sur le plan variétal, les oasis marocaines comptent plus de 450 variétés et clones de dattes, constituant ainsi une richesse considérable sur le plan diversité génétique phœnicicole."
"Certaines variétés sont spécifiques à certaines zones de production et sont nationale et internationale", poursuit notre interlocuteur.
Et d’ajouter : "La région de Drâa-Tafilalet est connue par plusieurs variétés, principalement le Mejhoul, Bouffegouss, Jihel, Bouslikhene, Tarzaoua et Bousthami noire, alors que la variété Bouitoub est une spécificité de la zone de Tata, en plus d’autres variétés comme Bousekri, Khalt et Bouffegouss, qui existent également dans la région de Guelmim-Oued Noun."
"La région de l’Oriental, quant à elle, est caractérisée par la prédominance de variétés comme Aziza Bouzid, Assiane, Bouffegouss, Bouffegouss Gharas, Azziza Menzou, Admam et autres."
La qualité s’améliore grâce à la construction de nouvelles unités de valorisation
Toujours selon notre source, "dans le cadre de la stratégie du Plan Maroc Vert, les oasis marocaines ont connu la construction et l’équipement de 62 unités de valorisation (étatiques et privées) avec une capacité de traitement de 41.000 tonnes et une capacité de stockage de 10.600 tonnes".
"Les unités étatiques, qui s’élèvent à plus d’une trentaine, ont été mises à disposition de 25 Groupements d’intérêt économique (GIE) dans le cadre de l’économie solidaire. Ces infrastructures ont permis une amélioration notable de la qualité de la datte marocaine mise sur le marché national et international. Ainsi, pour la campagne 2022-2023, plus de 27.000 tonnes de dattes ont été valorisées au niveau des infrastructures de l’agriculture solidaire, soit 20% de la production nationale."
"Ces 25 GIE regroupent environ 433 coopératives, qui ont agrégé 7.637 agriculteurs dont 1.474 femmes (20%) autour des unités de valorisation solidaires. Cette restructuration a impacté positivement la valorisation des dattes durant la dernière décennie."
La production doublée et les palmeraies restructurées à l’horizon 2030
"Dans la continuité des efforts de l’Etat aux producteurs, la nouvelle stratégie agricole Génération Green a réservé une grande place au développement de la filière phœnicicole", souligne par ailleurs l’ANDZOA. "Un important programme de restauration et de restructuration des palmeraies marocaines est en cours de mise en œuvre. Elle porte notamment sur la plantation de 5 millions de palmiers à l’horizon 2030, dont 3 millions dans les palmeraies traditionnelles et 2 millions seront destinés aux extensions."
"Ce programme ambitionne également de doubler la production nationale de dattes (300.000 tonnes) d’ici 2030 pour assurer la couverture totale et la satisfaction des besoins nationaux en dattes. Ce contrat-programme vise aussi l’amélioration du taux de valorisation des dattes pour atteindre 50% de la production ainsi que la hausse du taux de transformation pour atteindre 10% à l’horizon 2030", conclut notre source.
Rappelons que le Maroc est un important producteur et consommateur de dattes. Le palmier dattier contribue, dans les oasis des régions sahariennes et présahariennes, à la formation des revenus de plus d’un million d’habitants, et participe à hauteur de 40 à 60% à la formation du revenu de l’exploitation phœnicicole.
LIRE AUSSI
Dattes Aziza, Mejhoul, Boufeggous ou Bouskri,... 450 variétés répertoriées, 9 sont labellisées (2/2)